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collection Maurice Denis
du musée Rolin à Autun





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Maurice Denis (1870-1943) fait ses études à l'académie Julian, où il rencontre Ranson, Bonnard et Sérusier avec lesquels il fonde, en 1888, le groupe des Nabis (en hébreu : les prophètes). A vingt ans, Maurice Denis devient le théoricien du mouvement avec la publication d'un manifeste dans lequel il énonce la formule : "se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées".
Maurice Denis fut rapidement reconnu et apprécié. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées, en particulier au musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye, au musée d'Orsay, aux musées des beaux-arts de Brest et de Lyon, au musée départemental de l'Oise à Beauvais, et au musée Rolin à Autun.
Ce dernier conserve une collection de 66 œuvres du peintre, grâce au don de Mr Eugène Chevalier, ami de l'artiste. Amateur de petits cadres, ce collectionneur se rendait fréquemment dans la maison du peintre à Saint-Germain-en-Laye, afin de dénicher un petit tableau pour ces cadres. Cependant, Eugène Chevalier eut l'œil et le bon goût d'acquérir une importante collection homogène et représentative de la carrière artistique de Maurice Denis.
Ces cadres ne rivalisent pas avec les œuvres mais soulignent la proximité, la sincérité et la tendresse d'un portrait (Portrait de Pauline) ; accentuent les rapports spirituels des peintures comme la Piéta ou encore cernent comme un écrin des œuvres miniatures devenues bijoux (Orante fleurie).
On distingue dans ces œuvres diverses influences comme celles de Renoir ou de Cézanne, que Denis rencontre en 1906. De ces impressionnistes, il retient la spontanéité du bonheur vécu, l'instant précis qui marque à jamais l'homme d'abord, puis l'artiste, comme les premiers pas de son fils (Premiers pas, Domi). Dans les Bateaux à Grandville, la touche en pointillé rappelle celle de Seurat notamment. Denis ne fut pas insensible à la palette de Gauguin (reprise par Sérusier et les Nabis) parvenant à une synthèse des contrastes, des jeux d'ombre et lumière qu'il met en exergue dans ses esquisses de sous-bois : Vue de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye et Etude pour la forêt aux jacinthes.
Dans les peintures de Maurice Denis, le religieux et le profane ne font qu'un, l'artiste passe de l'un à l'autre avec aisance ; chose qu'il rend en mettant en scène sa famille ou ses amis dans des scènes religieuses ou mythologiques. Un thème récurrent fut celui de la maternité qu'il sacralise dans la Petite madone. La vie familiale et quotidienne devenant ainsi un paradis mytifié.

par Claudine Massard (musée Rolin), Jeannette Ivain - juin 2014


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