Nous savons que les Egyptiens vénéraient le chat sous les traits de la déesse
Bastet et qu'ils les
momifiaient. Mais ce sont les Romains, amateurs de félins (excepté César), qui le répandent en Europe. En Asie, le chat porte chance et il est respecté chez les Musulmans.
Hélas, pour avoir été adoré par des "païens", l'église chrétienne décide très t&ocurci;t que le chat relève de Satan ou de la sorcellerie, et pendant la plus grande partie du Moyen-Age, le chat sera éliminé (le noir tout spécialement), souvent brûlé vif. Il se pourrait d'ailleurs que la grande peste noire du 14e siècle, soit en partie liée à ce massacre (les rats pouvant proliférer). De ce fait, on trouve très peu de représentations du chat pendant toute cette période.
Même si Ronsard lui crie sa haine, on note un retour en grâce du chat, dans l'étonnant portrait de
Charles IX enfant (1553), et tout au long du
16e siècle.
Cette évolution perdure au 17e siècle, et l'on voit fleurir les
scènes de genre ou religieuses, ainsi que les
natures mortes, où le chat est présent.
Le siècle des Lumières dédiabolise enfin le chat, et le premier ouvrage de référence sur cet animal, écrit par F. de Moncrif,
est publié en 1727. Sous Louis XV, le chat est même... "à la mode" et l'aristocratie ne manque pas de se faire représenter en
sa compagnie. Il devient
"modèle" à part entière et son image abonde
partout, jusqu'à être associée au
libertinage.
Mais c'est surtout au 19e siècle, que le chat retrouve son aura. Il inspire nombre d'artistes (
Manet,
Moreau,
Steinlen...), ou écrivains, comme Baudelaire, P. Loti ou E. Poe (dont Colin illustre
Le Chat Noir). Il servira même d'emblème au célèbre cabaret "Le Chat Noir".
L'invention de la chromolithographie accélère la diffusion d'une image apaisante, parfois dr&ocurci;le ou mystérieuse du chat (
cartes réclame,
affiches publicitaires,
illustrations du Chat Botté), tout comme le fait la
photographie. Au 20e siècle, le chat fait désormais
"partie de la famille" et
Félix le Chat, créé en 1919 au cinéma, fera les délices de générations d'amateurs de dessins animés...
par Mathilde Huet - août 2009