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Les Cent jours





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Dès son accession au pouvoir, Napoléon Ier utilise les artistes pour glorifier le régime ; l’Empereur, comme inspiré par le souffle divin, apporte les lumières de la civilisation aux peuples opprimés. Au fil des ans, cette propagande ne parvient plus à dissimuler la réalité d’un régime autocratique, parvenu à ses limites : en dépit de quelques victoires, les campagnes d’Espagne (1808-1813), de Russie (1812) et d’Allemagne (1813) s’avèrent désastreuses. Goya, comme Tolstoï, dénonceront l’horreur de ces guerres.
La campagne de France (1814) se solde par l’occupation de Paris. Napoléon est contraint à l’abdication. Sur le chemin de l’exil, il est menacé par une population française exaspérée par la misère. Louis XVIII monte sur le trône. S’il octroie une Charte constitutionnelle à la France, il s’avère incapable d’améliorer la situation d’un pays exsangue.

Napoléon s’enfuit de l’Ile d’Elbe et débarque à Golfe-Juan le 1er mars 1815. Ainsi débutent les Cent jours. La période est trop brève pour que les artistes l’aient illustrée, sinon sous forme d'oeuvres à caractère dynastique, ou de manière rétrospective quand grandira la légende napoléonienne.
Napoléon rallie des partisans. Louis XVIII quitte Paris, tout comme les principaux intellectuels opposés à l’Empire : Châteaubriand, La Fayette, Mesdames Récamier ou de Staël. La duchesse d’Angoulême tente de soulever la région des Bordeaux, mais cette tentative de résistance sera écrasée. Fidèle à ses habitudes, Napoléon réarme la France. Le 18 juin 1815 a lieu la défaite de Waterloo. Dans « la Chartreuse de Parme », Stendhal, qui avait suivi les armées napoléoniennes, montrera l’aspect incohérent, pour le simple combattant, d’une telle bataille.

La France de nouveau occupée, Napoléon est transféré sur l’Ile de Sainte-Hélène. Il laisse derrière lui des millions de morts, un pays ruiné, divisé, que la Terreur blanche plonge un peu plus dans le désarroi.
Le romantisme, qui a le culte des grandes figures bafouées, participe au développement du mythe napoléonien. La création du musée d’histoire de France, le retour des cendres, l’érection de la colonne Vendôme, voulus par Louis-Philippe, contribuent à magnifier l’épopée napoléonienne. Tout comme une production à destination populaire, largement diffusée. Napoléon III ne pourra qu’encourager cette historiographie. La Troisième république, amputée d’une partie de son territoire et colonialiste, continuera d’encenser, directement ou indirectement, celui qui, prétendant être l’héritier de la Révolution, avait brièvement donné à la France l’apparente grandeur d’un empire.

par Laurent Manœuvre - mars 2015


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