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Une redécouverte au
musée de La Roche-sur-Yon






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Légué au musée de La Roche-sur-Yon en 1973, le tableau Les Poissonniers est alors inventorié comme une Scène paysanne d'un anonyme flamand du 17e siècle. Son état de conservation assez médiocre l'a longtemps condamné à rester dans l'ombre, sans être étudié ni présenté au public. Redécouvert grâce au récolement en 2015, et sublimé par la restauration, il est devenu une des pièces majeures du musée. En effet, le nettoyage de la toile a permis de révéler une œuvre de grande qualité et de découvrir une signature et une date : Vincenzo Campi, 1579. L'imagerie scientifique réalisée a permis de confirmer l'authenticité de la toile et des inscriptions.
Le sujet de ce tableau, une scène de genre agrémentée de victuailles, est un emprunt aux peintres flamands, et principalement à Joachim Beuckelaer (1530-1574) que Vincenzo Campi (1536-1591) a pu découvrir dans la collection Farnèse. Inaugurant ce genre inédit en Italie avec d'autres artistes, Campi rencontre très vite un large succès, qu'il alimente par une production en série réalisée à partir de cartons d'atelier.
Les œuvres de Campi sont ambivalentes, et l'abondance de détails et de significations rend leur interprétation extrêmement complexe, avec peut-être une dimension allégorique. On retrouve dans Les Poissonniers, ce foisonnement d'idées pour exprimer d'une manière distrayante et joyeuse le thème de la nourriture et des métiers s'y rapportant. A gauche, un couple de poissonniers et son enfant, assis ensemble, mangeant à côté d'un étal de poissons. Les deux-tiers de la toile sont occupés par une nature morte naturaliste de poissons et de crustacés identifiables, présentés dans des récipients ou directement sur la table. Enfin, en arrière-plan, dans un paysage imaginaire, des pêcheurs s'affairent dans une rivière. Le caractère burlesque des personnages grandeur nature, évoque la commedia dell'arte. Campi réalise une véritable bouffonnerie, déclinant différentes expressions excessives : l'homme riant à gorge déployée, la femme qui sourit et l'enfant qui pleure, pincé par une écrevisse. Ses tableaux incitent au rire, aux plaisirs de la table et mènent, selon les interprétations, aux plaisirs de la chair tout en les dénonçant par le biais de la satire.
Cette œuvre, restée trop longtemps méconnue, participe à l'exposition La grande bouffe. Peintures comiques dans l'Italie de la Renaissance au musée municipal de Soissons (jusqu'au 11 mars 2018) où sa présence se justifie pleinement.

musée de La Roche-sur-Yon
et Jeannette Ivain - décembre 2017

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