De nos jours, le baiser (acte qui consiste à toucher une personne, un animal ou un objet avec les lèvres) est devenu tellement banal, qu'on oublie qu'il fut, du moins dans nos cultures, et selon sa nature, absent, autorisé ou bien interdit. Force est de constater que, globalement, les baisers ne sont pas très fréquents sur nos cimaises.
Si les baisers "chrétiens" sont bien là :
Baiser de Paix,
Baiser de Judas,
Baiser mystique, baiser entre
le Christ et saint Jean-Baptiste enfants, baisemain lors de la
Déploration ou
baise-pieds d'hommage, il n'en va pas toujours de même pour d'autres formes de baisers.
Ainsi, les baisers "affectueux" entre parents et enfants sont quasiment inexistants jusqu'à la Révolution. Les baisers de la Vierge (pourtant symbole d'amour maternel) à son Enfant sont
rarissimes, et il faut attendre le 19e siècle pour voir de vrais baisers de
mère, ou de
père ou
entre enfants.
Les baisers "amoureux" (surtout de bouche à bouche), considérés comme péché grave par l'Eglise, seront longtemps réprimés. N'oublions pas la peur panique qu'ont longtemps provoquée la salive et le souffle, après les grandes pestes qui déferlèrent sur l'Europe pendant plusieurs siècles... De fait, les artistes se serviront de la figure innocente
des anges ou des putti ainsi que des
scènes mythologiques pour déjouer la censure. On peut d'ailleurs s'étonner que l'érotisme de
Léda et le Cygne n'ait pas été plus condamné.
Le 18e siècle autorisera des
baisers plus charnels et libertins. Et même si le début du 19e siècle voit l'arrivée du baiser d'amour dit "romantique" (tel celui de
Paolo et Francesca ou celui de
Roméo et Juliette) le baiser amoureux
ne se cachera bientôt plus.
Au 20e siècle, il sera
bien présent, certains artistes allant jusqu'à montrer le
"french kiss".
N'oublions pas, non plus, les "baisers donnés à des objets" (
épée,
sol,
mur ou
objets du culte - dont certains appelés
baisers de paix).
Et ceux, enfin, envoyés
de la main ou ceux "plus virtuels", qu'on adresse désormais par
courrier interposé.
par Mathilde Huet - Novembre 2012