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Intérieur d'église





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La peinture d'intérieurs d'églises apparut en Flandres vers 1570 avec Hendrick van Steenwick le Vieux. Ce genre nouveau prend ses racines dans les réalisations des perspectives imaginaires de Hans Vredeman de Vries (1527-1606) et se développa tout au long du 17e siècle. De nombreux peintres flamands puis hollandais, se spécialisèrent dans ce genre, dont la vogue se répandit en Europe, notamment en France.
Le tableau Intérieur d'église de Hans Jurriaensz Van Baden (1604-1663), élève de Dirck van Delen, est un exemple représentatif de cette pratique. La composition, inspirée d'une estampe de Vredeman de Vries s'attache à un rendu minutieux du décor sculpté. Des détails sont ajoutés comme la chaire et les pierres tombales, une foule vivante de personnages, ainsi qu'un chien. Dans un souci de monumentalisation, Van Baden augmente la hauteur par rapport à la largeur, en étirant la longueur des colonnes et des arches. Il dispose les lignes du carrelage de manière longitudinale, pour accroître le sentiment d'une distance infinie et minimise la taille des figures pour donner encore plus d'ampleur à l'édifice.
Dans ce tableau, Van Baden opère une synthèse entre l'art de Steenwyck le Jeune, qui utilise l'effet de la voûte, et l'art des Pieter Neefs père et fils, qui montrent la vue en plan du sol. Le contraste entre les ombres profondes du premier plan et les parties claires des lointains conduit l'oeil du spectateur vers un espace symbolique baignant dans une lumière presque surnaturelle.
Cette église imaginaire, qui emprunte quelques éléments à l'architecture gothique de la cathédrale d'Anvers, a perdu ici son caractère de lieu de recueillement et de silence et semble faire partie intégrante de la vie quotidienne des paroissiens de toutes les couches de la société. Mais l'ajout de la tombe ouverte, avec un crâne déposé sur le rebord, motif qui se retrouve chez Emanuel de Witte, introduit une note sombre et grave, rappelant à chacun la présence inéluctable de la mort.
Ce tableau est proche de celui conservé au musée du Louvre et peut être daté entre 1635 et 1645.
(A partir de la thèse de Fran├žoise Liey-Pernon Langlois : Roanne-Musée Déchelette - Catalogue des tableaux des écoles du Nord XVIIe et XVIIIe siècles)

par Jeannette Ivain - Janvier 2013


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