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Les quatre saisons d'Arcimboldo





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Si la tradition des têtes composées remonte à l’Antiquité, c’est le nom de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) qui vient immédiatement à l’esprit, dès qu'il s'agit de personnages, en buste, entièrement composés de fleurs, de fruits ou de légumes…
Né à Milan Arcimboldo débute à 22 ans comme dessinateur de cartons de tapisseries pour le Dôme de la cathédrale. L’artiste est invité en 1562, à la cour de Ferdinand Ier de Habsbourg (1503-1564), empereur de l’empire romain germanique. L'année suivante, il réalise une série de portraits allégoriques, liés aux saisons et tous phytomorphes, qui suscitent un engouement considérable à la cour…
Après le décès de Ferdinand Ier en 1564, son fils Maximilien II de Habsbourg (1527-1576) lui succède. Inquiet de l’avancée des Turcs, il tient à maintenir la paix chrétienne au sein de l’empire et commande à Arcimboldo, en 1573, une seconde série de saisons, pour les offrir, en cadeau d'alliance, à l'électeur luthérien Auguste de Saxe.
Ces quatre tableaux, conservés au Louvre, sont conçus pour être vus en “duos” face à face.

- L'Hiver, sous les traits d'un homme âgé, symbolise le début de l’année (caput anni). Tout comme l’empereur est le chef sur la terre (caput mundi). Sa chevelure est faite de lierre, végétal toujours vert et symbole d’éternité. Et les citrons et oranges prouvent qu'il "fructifie" encore...
- Le Printemps, figure adolescente, a une chevelure orné e d'un lys, allusion à la prétention des Habsbourg de descendre d'Hercule. L'iris du corsage est un hommage à Iris, qui annonçait toujours des bonnes nouvelles.
- L'Eté, homme jeune et souriant, a une oreille faite d'un épi de maïs, céréale récemment rapportée d'Amérique. L'artichaut, originaire du bassin méditerranéen, vient d'arriver en Europe. Tout pointe sur la richesse et l'immensité des territoires des Habsbourg.
- L'Automne est un homme mûr. Sa chevelure est faite de grappes de raisins, de feuilles de vigne et d'une citrouille d’où émergent deux olives. Le vêtement est constitué d'une barrique disjointe tenue par un lien, tout comme Maximilien II maintient la paix entre ses sujets.
Il convient, dès lors, de voir dans ces tableaux une glorification de la lignée des Habsbourg, immuable comme les saisons...

par Mathilde Huet - juillet 2011


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