En lien avec la
semaine mondiale de l'allaitement maternel, du 12 au 18 octobre 2009, penchons-nous sur l'iconographie de cet acte nourricier.
La mythologie gréco-romaine met en scène des allaitements exceptionnels, exaltant, même au stade de nourrisson, le caractère héroïque de personnages tels que
Jupiter nourri par la chèvre Amalthée ou
Rémus et Romulus buvant le lait de la louve, qui deviendra l'emblème de la cité de Rome. La déesse de la Terre,
Cérès, nourrissant Triptolème, est un symbole de vie et de fécondité.
Les statuettes de la déesse égyptienne
Isis allaitant Horus sont produites en masse dès le premier millénaire avant Jésus-Christ. Image hiératique d'une maternité royale, Isis sauva son fils d'une morsure de serpent grâce à son lait.
La figure de la
Vierge allaitant, répandue à partir du 12e siècle en Occident, reprend cette composition frontale. Cette scène évolue vite vers la
tendresse et l'
intimité familiale. Elle affirme la théologie de l'incarnation : Dieu est vraiment fait homme, nourri par sa mère. Le miracle de la
Lactation de saint Bernard, devant qui la Vierge apparut et fit jaillir son lait, s'inscrit aussi dans cette mouvance.
La Contre-Réforme refusant les images de nudité religieuse, la
Vierge allaitant est moins représentée, au profit d'autres thèmes comme l'allégorie de la vertu théologale de la
Charité. Le thème de la
Charité romaine, illustrant la piété filiale de Pera nourrissant son père emprisonné, est lui aussi très répandu à partir du 17e siècle.
Le 18e siècle, dans la lignée de Rousseau, place la représentation de l'allaitement dans le
cadre quotidien et familial. Le lien maternel est encouragé, notamment pour lutter contre la pratique courante de la
mise en nourrice.
Les artistes du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle se focalisent encore davantage sur l'illustration du
duo mère-enfant dans le cadre de
l'intimité domestique ou en
plein air.
Le progrès moderne offre également aux mères les
accessoires permettant d'accompagner l'allaitement ou, si nécessaire, de
s'y substituer.
par Carine Prunet - octobre 2009