Extraits du site : http://perso.club-internet.fr/delpiano/ONPA_Litterature_Carnaval.htm#artisans
La première trace du Carnaval dans les archives
Les premières traces du Carnaval de Nice datent de 1294, lorsque Charles II d'Anjou, comte de Provence, vint à passer à Nice "les jours joyeux de Carnaval"
Il faut dire que chaque année, quand le carnaval apparaissait on s'amusait follement. Libations, beuveries, bagarres, gaillardises, paillardises, jeux et ébats licencieux. Le masque, régnait sur l'espace éphémère du défoulement des humbles singeant et raillant les puissants. L'excès était permis et même encouragé par les seigneurs qui pour ces jours l'exception faisaient distribuer de la farine. Ripailles pour oublier les famines et les impôts accablants, jeux grivois et ébats amoureux pour oublier la lèpre, la peste et le choléra. Dès que le Carnaval serait parti en flamme, tout rentrerait mieux que jamais dans la dureté de l'ordre.
Les débuts de Nice : ville de saison
Au XVIIIe siècle les Anglais découvrirent la douceur de l'hiver niçois, et lancèrent la mode de Nice comme station d'hiver dans la haute société européenne. Et l'on vit passer tous ces aristocrates et ces têtes couronnées courant les bals somptueux donnés dans les salons.
A la restauration sarde décidée par le traité de Vienne les notables niçois, soucieux de manifester leur attachement à la monarchie sarde, organisèrent de splendides fête et bals masqués au palais ducal. Et on créa en leur honneur, sur le cours Saleya, avec une trentaine de voitures, le premier corso de Carnaval. Tel fut le commencement des Corsi actuels.
A cette époque, les pêcheurs niçois participèrent au Carnaval en faisant sauter sur un drap une grosse poupée en étoffe bourrée de son et de paille, c'était "Lou Paillassou".
Le rattachement du comté de Nice à la France en 1860 ne ralentit ni les festivité ni l'ardeur des combattants. Par contre la chute de l'Empire de 1870 puis les événements révolutionnaires de la Commune de Paris et son échec sanglant effrayèrent les riches hivernants qui délaissèrent la Côte d'Azur au profit de la Riviera italienne.
Andriot Saëtone, chef du bureau de bienfaisance à la préfecture et niçois mondain, prit alors l'initiative de créer en 1873 un comité du carnaval, futur comité des fêtes, composé de ces riches hivernant que l'on voulait voir revenir et de notables niçois.
Ce comité limita les zones permises pour les batailles de plâtre et interdit les autres projectiles, fit installer des illuminations sur le parcours, ordonnança le corso, institua des prix pour récompenser les chars, les mascarades, les cavalcades.
La tentative réussit remarquablement : les hivernants fortunés revinrent, et la saison d'hiver niçoise fut sauvée.
Gustave Adolf Mossa
L'histoire du carnaval de Nice doit énormément aux multiples talents d'Alexis Mossa et de son fils Gustave-Adolf. Les Mossaz, devenus Mossa, étaient d'origine savoyarde. La famille vint s'établir à Nice vers 1730. Le plus grand imagier du Carnaval, fut sans doute Gustave-Adolphe, qui enfanta durant plus de soixante années (1902-1971) le personnage de S.M. Carnaval, crée par son père en 1882 : le héros gargantuesque devint sous ses pinceaux lumineux, le conquérant d'un univers merveilleux placé sous le signe du soleil et de l'azur.
La première bataille de fleurs
L'année 1875 est restée légendaire dans les annales du Carnaval niçois. Elle fut en effet marquée par un incident singulier qu'on a plaisamment qualifié d'affaire Dreyfus carnavalesque, provoquée par un jugement malencontreux du Comité. Le char à qui fut décerné le premier prix était d'inspiration académique : c'était une construction monumentale élevée à la gloire de l'héroïne niçoise "Catherine Ségurane". Au contraire, le char des " Ratapignata " (c'est à dire des chauve-souris en niçois) construit par Jean Cuggia avait plu au public par son caractère fantaisiste. La controverse fut telle que le comité démissionna. Andriot Saëtone qui conserva son poste de secrétaire général dans le nouveau comité, Alphonse Karr et le comte de Cessole décidèrent de scinder la fête en deux parties :
- les défilés carnavalesques, dans le style grotesque et populaire avec batailles de
confetti, sur le cours Saleya et la rue St François de Paule.
- les défilés de voitures fleuries, sur la Promenade des Anglais.
Ils créèrent ainsi en 1876 la première bataille de fleurs et les corsi proches de ce que nous connaissons aujourd'hui.
En 1892 apparurent les confettis en papier. Cette délicatesse donna sans doute à Alexis Mossa l'idée que le Carnaval pouvait maintenant être accompagné d'une reine. Ainsi en 1893, il créa Madame Carnaval.
En 1955 les batailles de plâtre furent totalement et définitivement interdites.
Le Carnaval ne s'interrompit que pendant les deux guerres mondiales, et il a encore lieu chaque année en février !
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