musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg




Sculptures médiévales de la cathédrale de Strasbourg




Façade occidentale

Les portails
Commencés en 1277, les portails de la façade occidentale de la cathédrale sont achevés en 1298. La statuaire de ces trois portails propose un vaste programme d'enseignement théologique, dont l'iconographie est d'une richesse et d'une cohérence rarement égalées.

Les sources possibles de ce programme, qui s'articule autour du Salut de l'âme, ont souvent été attribuées au grand théologien Albert le Grand qui aurait séjourné à Strasbourg vers 1260.

Chacun des trois portails abrite une série de sculptures monumentales dans ses ébrasements. Ces ensembles sont répartis par la plupart des spécialistes en deux groupes stylistiques : l'atelier des vierges et l'atelier des prophètes. Ils synthétisent des modèles divers provenant de grands chantiers parisiens et champenois, mais expriment aussi des tendances propres au chantier strasbourgeois. On a parfois souligné leur "caractère bourgeois" par opposition au style aristocratique de la statuaire du portail Sud et en particulier de l'Eglise et de la Synagogue.


Le portail central
Les deux Prophètes présentés au musée font partie d'un groupe de dix statues placées dans les ébrasements et à l'extérieur du portail central. Tous deux étaient placés sur le mur extérieur de l'ébrasement droit. Ces témoins annonciateurs du Christ entouraient une figure de la Vierge (moderne). Leur expression outrée et leur allure efflanquée les rattachent à une veine expressionniste qui les éloigne du groupe des Vierges du portail latéral sud.

Le tympan du portail central décrit, en quatre registres superposés, les scènes de la Passion (certaines des scènes sont modernes). Dans les voussures de l'archivolte, les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament ont été remplacées dans la première moitié du 19e siècle par les sculpteurs Etienne Malade et Jean Vallastre.

Les éléments authentiques du grand gâble surmontant le portail central de la façade occidentale ont été déposés au musée au début du 20e siècle.
Il s'agit d'une sorte de transcription du texte biblique décrivant le trône de Salomon dans le premier Livre des Rois. Placé au centre, ce trône a subi les destructions révolutionnaires et seule subsiste la tête du roi Salomon, qui préfigure ici le Christ.
Plus haut un autre trône accueillait la statue de la Vierge à l'Enfant. Le long des rampants prennent place des musiciens. Deux lions s'appuient au marchepied du trône et douze lionceaux symbolisant les tribus d'IsraŽl s'ébattent sur les gradins, décorés de bas-reliefs représentant des animaux fantastiques. Des démons et autres êtres hybrides ornent les écoinçons surmontant les arcatures qui soutiennent le second gâble.


Ebrasements et voussures

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Grand gâble


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Le portail Sud
Le portail de droite, dont sept sculptures des piédroits sont exposées au musée, illustre la parabole des Vierges Sages accueillies par le divin Epoux, et des Vierges Folles séduites par le Tentateur. Ce récit précède celui du Jugement Dernier dans l'Evangile selon saint Matthieu.
Les Vierges sages, jeunes filles souriantes et familières, tiennent leur lampe à huile droite, alors que les Vierges folles la renversent symboliquement. Le Tentateur, élégant jeune homme habillé à la mode du temps, présente la pomme avec assurance, mais masque mal son dos envahi de crapauds, lézards et serpents.
Ce thème, connu depuis le 12e siècle, n'avait auparavant fait l'objet que de figurations dans la miniature ou la sculpture de petite dimension. Très en faveur dans l'Empire Germanique, il se retrouve également à la même époque dans les cathédrales de Magdebourg, puis de Fribourg en Brisgau et de Bâle.



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Le portail Nord
Les deux Vertus issues du portail gauche qui en compte huit autres terrassent de leur lance les Vices qu'elles foulent aux pieds.
Toutes deux proviennent des murs extérieurs des ébrasements. Leurs visages à l'expression presque asiatique et aux très hautes arcades sourcilières, d'un type assez répandu en cette extrême fin du 13e siècle, affichent un demi sourire un peu inquiétant.
La figuration des Vertus et des Vices, développée au 4e siècle dans la Psychomachie du poète latin Prudence, n'est pas un thème rare depuis l'époque romane. Mais son traitement sous une forme monumentale est par contre exceptionnel.


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Les parties hautes de la façade occidentale
En 1365, la cathédrale était pratiquement terminée avec une façade principale très décorée. Le musée conserve un ensemble de sculptures et d'éléments d'architecture provenant des parties hautes de la façade occidentale et en particulier de l'étage octogonal de la tour, édifié au début du 15e siècle avec la flèche.
Massif occidental


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Galerie des Apôtres


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Beffroi


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Tour Nord


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L'octogone
Huit statuettes accroupies, regardant vers le ciel, flanquaient l'octogone de la tour de la cathédrale. Quatre sont actuellement présentées au musée dans la salle de la Loge, et une conservée en réserve. Elles étaient placées à l'origine sur la balustrade de la première galerie à laquelle elles ont donné le nom de "Galerie des spectateurs". L'une d'entre elles, portant l'écu d'Ulrich von Ensingen sculpté en bas-relief sur le fragment de la balustrade, a été longtemps considérée comme une figuration de cet architecte (inv. MOND 143). Deux des autres sculptures représenteraient des prophètes et la troisième sainte Barbe.
Créées vers 1419 par l'atelier du maître d'œuvre Ulrich von Ensingen, ces sculptures sont liées au "style adouci" des années 1400 par la souplesse de leurs amples draperies. Mais le soin apporté au travail des visages, érodés aujourd'hui, et la puissance expressive des personnages manifestent déjà une notable évolution.
Quelques éléments d'architecture de la même période provenant de l'octogone sont aussi conservés au musée, ainsi que d'autres sculptures de la fin du 15e siècle.
Galerie des spectateurs
  

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Autres statues


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Eléments d'architecture


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