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      Sculptures votives gallo-romaines
      du musée archéologique de Strasbourg




Divinités orientales






Mithra
Né en Perse, le culte du dieu solaire Mithra se répand dans le monde oriental avant de gagner progressivement toutes les régions de l'empire romain. Il ne s'agit pas d'une religion de masse, mais d'une pratique religieuse reposant sur de petites sociétés secrètes réservées aux hommes et d'un phénomène urbain qui ne se répandra jamais vraiment dans les campagnes. L'armée, les fonctionnaires impériaux, les marchands et les esclaves orientaux en sont les principaux vecteurs de diffusion. Le culte et le banquet cérémoniel se déroulent dans un sanctuaire souterrain où le relief mithriaque – dont le schéma iconographique est semblable dans tout le monde romain - occupe le fond du temple. Il illustre, autour de la scène centrale du sacrifice du taureau, les épisodes de la vie du dieu, depuis sa naissance d'un rocher jusqu'à son apothéose dans l'assemblée des dieux.
Lors de la construction de l'église Saint-Paul en 1911, un mithraeum a été mis au jour à Koenigshoffen, vicus gallo-romain situé aux abords du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate. Malgré des conditions de fouille difficiles, Robert Forrer a pu distinguer plusieurs états successifs de ce sanctuaire et saisir la disposition intérieure des éléments du culte : reliefs votifs, groupes de lions flanquant l'autel principal, podia où prennent place les fidèles. D'une hauteur totale de 4 m, le relief de Koenigshoffen est l'un des plus grands connus dans le monde romain. En raison de sa très belle qualité, il a été attribué à une équipe de sculpteurs venus d'Italie et ayant œuvré à Strasbourg au milieu du IIe siècle après J.-C. Ce relief était à l'origine rehaussé de couleurs, comme l'atteste la dédicace faite par le soldat C. Celsinius Matutinus, qui l'a fait repeindre à ses frais au temps de l'empereur Alexandre Sévère. Le sanctuaire est abandonné vers le milieu du IIIe siècle après J.-C., après une destruction brutale et systématique du grand relief et des objets votifs, mise au compte des premières communautés chrétiennes de Strasbourg.
Un second mithraeum a été mis au jour dans le nord de l'Alsace, à Mackwiller, par le professeur Jean-Jacques Hatt dans les années 1950. Les vestiges d'un second relief très mutilé ont été identifiés sur le site, permettant sa reconstitution partielle malgré des éléments très fragmentaires.



Aeon
Ce dieu mithriaque, à gueule de lion et pourvu de deux paires d'ailes, est accompagné d'un lion et muni de son attribut : des clefs. Il serait à l'origine une sorte de dieu des Enfers, d'origine perse, connu sous le nom d'Ahriman, dieu du feu et du ciel, maître des planètes, du zodiaque et des saisons. Il a aussi été mis parfois en relation avec Chronos et le Temps qui dévore les humains.



Luna
Luna est la personnification de la lune divinisée. Elle est présente au fronton d'un édicule retrouvé dans le sanctuaire mithriaque de Koenigshoffen.



Jupiter Dolichenus
Son culte est très répandu dans les milieux militaires aux IIe et IIIe siècle après J.-C. avant de connaître une fin brutale au milieu du IIIe siècle. A l'origine, ce dieu représenté debout sur le dos d'un taureau et brandissant foudre et hache bipenne n'est qu'un simple dieu local, vénéré dans le sud de la Turquie actuelle, dans son sanctuaire de Doliche. Antique dieu de l'orage en Syrie et en Mésopotamie, il est rapidement assimilé à Jupiter par les Romains. Une tête sculptée en grès gris coiffée d'un bonnet conique où l'on distingue une queue de atteste de la présence de cette divinité au sein du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate.



Attis et Cybèle
Une stèle avec représentation d'un tronc de pin (ou de laurier ?) aux branches duquel sont suspendues deux longues bandelettes entourant chacune une syrinx enrubannée, a été mise en relation avec le culte d'Attis. Elle rappelle le mythe de la résurrection du dieu phrygien Attis, dieu de la végétation aimé de Cybèle, dont le pin est l'arbre emblématique, décoré et porté en procession à chaque équinoxe de printemps. Cybèle peut-être évoquée quant à elle par un buste de galle, un servant de la déesse.