logo strasbourg
                        Accès au site




      Sculptures votives gallo-romaines
      du musée archéologique de Strasbourg




Divinités de tradition gauloise



Epona
Epona est la plus connue des divinités de tradition gauloise et son culte est largement répandu en Gaule et dans les Germanies. Protectrice des chevaux et des voyageurs, elle est généralement représentée assise en amazone sur une jument. Son culte était probablement très présent parmi les membres de la cavalerie légionnaire stationnée dans le camp de Strasbourg-Argentorate et sur le proche limes. Sur un relief retrouvé sous la cathédrale de Strasbourg, elle est doublement associée à Mercure, rappel des fonctions complémentaires de ces deux divinités dans la protection des voyageurs. Il en est de même à Koenigshoffen, sur un autel votif qui lui est dédié et dont les faces latérales portent la représentation d'un bouc et d'un sanglier.


Déesses-mères
Matrabus , Deabus Sanctis , Quadrubis ... : les dédicaces et reliefs sculptés dédiés aux déesses-mères, aux déesses saintes et aux déesses des carrefours sont nombreux en Alsace. Elles ne sont pas adorées isolément, mais avec les autres divinités du panthéon dans les grands sanctuaires régionaux. La personnalité des Matres gallo-romaines est complexe : elles sont à la fois dispensatrices de richesse et de fécondité, maîtresses de la fortune, de la santé, de l'amour, parfois même des eaux. Divinités de la fécondité, elles ont pour attribut la corbeille de fruits, la pomme, la corne d'abondance, la bourse. Elles peuvent être assises, accompagnées de deux enfants ou être représentées en train d'allaiter. Sur les reliefs de Rhénanie, elles sont souvent groupées par trois, trônant dans une niche.


Mars Mider
Les surnoms locaux donnés au dieu Mars (Lenus, Loucetios, Intarabus) confère un statut particulier aux nombreux Mars indigènes présents en Germanie. Ils entrent dans le panthéon des dieux de la cité en une multitude de combinaisons et d'associations, les grands dieux locaux étant relativement bien admis par les nouveaux maîtres du pays si les formes romaines sont respectées.
Un torse en calcaire, sculpté en ronde-bosse et daté du début du Ier siècle après J.-C., a été attribué à une représentation locale de Mars. Mis au jour en 1913 à Brumath. Il semble moulé dans une cuirasse, une large ceinture décorée d'une frise de cabochons circulaires oculés inscrits dans des métopes carrées enserrant la taille. La courroie d'un baudrier barre le torse, passe sur l'épaule gauche puis recoupe la ceinture à l'arrière (). Mars Mider est connu aussi par une inscription retrouvée dans la proche forêt de Marienthal.


Rhenus Pater
La divinisation des fleuves est courante dans la mythologie gréco-romaine. Le Rhin n'a pas échappé à ce processus. Le nom de Pater Rhenus lui est donné sur un autel votif retrouvé à Strasbourg, près du port fluvial sur l'Ill. La dédicace est l'œuvre du légat de la VIIIe légion Auguste, Oppius Severus, ce qui conforte l'importance stratégique, mais aussi économique, du fleuve qui relie Strasbourg à la capitale de la province Mayence-Mogontiacum. Ce monument constitue, par ailleurs, le seul témoignage épigraphique d'un culte rendu au fleuve Rhin. C'est aussi l'un des plus anciens pour une figure emblématique de la mythologie germanique, le Vater Rhein, symbole de toute une région dont la richesse est intimement liée à la vie du fleuve.


Divinités forestières
Le grand sanctuaire du Donon, à la jonction des territoires des Médiomatriques, des Leuques et des Triboques, a livré plusieurs représentations originales qui n'ont pas d'équivalent dans la région. Le site se localise dans la haute-vallée de la Bruche à 1009 m d'altitude. Son plateau sommital, facilement défendable, est pourvu de sources abondantes et il constitue tout à la fois un excellent poste d'observation et un lieu de refuge qui domine le plateau lorrain à l'ouest, les Vosges moyennes et la plaine du Rhin à l'est. Parmi elles, le "dieu au cerf", une sorte d'Hercule à caractère forestier accompagné d'un cerf et une divinité guerrière porteuse d'une épée ; leur interprétation est complexe et renvoie probablement à des épisodes de la mythologie celtique qui forme le substrat religieux de la région.

Une divinité énigmatique
Seul un moulage ancien conserve encore la mémoire d'une curieuse sculpture dont l'original, trouvé dans les fondations d'une maison de Brumath, a disparu dans les flammes lors du siège de Strasbourg en 1870. Cette divinité masculine barbue est représentée debout, de face, entièrement nue et placée sous une arcature encadrée par deux colonnettes à chapiteaux corinthiens stylisés, soutenant sans doute un fronton triangulaire. Les bras sont brisés au niveau des coudes et la jambe droite de la divinité manque également. à la base, dans un cartouche rectangulaire à queues d'aronde, est gravée l'inscription Erumo.