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      Sculptures votives gallo-romaines
      du musée archéologique de Strasbourg




Dieux du panthéon romain classique





Jupiter
Divinité cosmique par excellence, Jupiter est le maître des dieux et règne sur le ciel et les astres.
Dans l'Est de la France et en Germanie, il apparaît le plus souvent sous la forme d'un cavalier terrassant un monstre anguipède. Ce monument se dresse au carrefour des routes, dans les villes comme dans les campagnes. Plusieurs interprétations en ont été données : illustration de la lutte duale entre les forces du Bien écrasant celles du Mal ou encore symbole cosmique, Jupiter lançant la foudre pour fertiliser le sol en terrassant le monstre anguipède, issu du monde des eaux souterraines. L'origine de ce type iconographique est probablement à chercher dans le thème de l'empereur victorieux, foulant aux pieds les Barbares vaincus. La multiplication des groupes et colonnes de Jupiter cavalier à l'anguipède peut ainsi être considérée comme une des expressions privilégiées du loyalisme envers Rome dans les provinces de Germanie aux IIe et IIIe siècles après J.-C.

Les stèles à quatre dieux, piliers monolithes en grès soigneusement sculptés, qui sont étroitement liées à cette représentation, apparaissent vers le milieu du Ier siècle après J.-C. et connaissent une large diffusion dans le nord-est de la Gaule. Chaque face porte la représentation d'une divinité : Mercure et Hercule, associés à Junon et Minerve, constituent le schéma le plus courant, largement majoritaire en Germanie supérieure et en Gaule Belgique. Ces stèles servent de base à des colonnes à décor d'écailles et chapiteau corinthien, qui à leur tour supportent le groupe du dieu cavalier terrassant le monstre à queue de serpent.
Jupiter est parfois présent aussi en association avec Junon : le couple divin est généralement assis sur un trône, côte à côte en une position hiératique. Plusieurs autels mentionnent aussi le nom du dieu sous l'invocation classique de I(ovi) O(ptimo) M(aximo), parfois en association avec Junon Regina.



Mercure
Outre son rôle dans le domaine du commerce, des techniques et des métiers, Mercure présente, en Gaule, une certaine polyvalence et absorbe des fonctions - telles la guerre ou la prophétie - dévolues à diverses divinités antérieures à la conquête romaine.

En Alsace, Mercure apparaît sous divers aspects :

  • sous l'image romaine classique, nu, la chlamyde jetée sur l'épaule, coiffé du pétase ailé et tenant une bourse bien remplie et un caducée ; à ces attributs classiques, se rajoutent coq, bélier ou tortue, ainsi qu'un maillet.
  • sous sa forme hellénisée (issue du modèle grec de l'Hermès dionysophore de Praxitèle), portant Bacchus enfant sur son bras. Cette figuration est bien représentée dans le nord-est de la Gaule où elle a été mis en parallèle avec un mythe gaulois où Teutatès veille sur le jeune dieu Esus, représenté sous la forme d'un marcassin ;
  • sous de nombreuses formes locales, où Mercure prend les attributs et le surnom de multiples divinités régionales. Il est largement représenté dans les divers sanctuaires identifiés dans le nord de la région et semble être aussi un dieu des sommets qui remplacerait une ancienne divinité topique Vosegus. Sa présence est également bien marquée dans le grand sanctuaire de hauteur du Donon, situé à la jonction des territoires des Médiomatriques, des Leuques et des Triboques.

  • Une divinité féminine lui est parfois associée, en la personne de Maia, déesse romaine de la force végétative, ou de Rosmerta, la généreuse dispensatrice des biens terrestres. Des autels lui ont été également dédiés en ex voto dans divers sanctuaires à Strasbourg et dans le nord de l'Alsace .


    Mars
    Dieu de la guerre dans la mythologie gréco-romaine, il apparaît en Alsace à la fois sous son apparence classique de divinité guerrière, armée, casquée et cuirassée, mais aussi sous une forme indigène, associé à un taureau. Malgré l'affirmation de César qui en fait une divinité exclusivement guerrière, il serait lié aussi en Gaule et en Germanie à la protection individuelle et collective et présente, sous des vocables divers, une certaine polyvalence de fonctions. Un autel est dédié à Mars Loucetios par un cavalier auxiliaire d'origine trévire au début du 1er siècle après J.-C. dans le camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate.


    Apollon
    Maître des prophéties, il est aussi dieu des sources et de la médecine. Il est peu représenté en Germanie et ses fonctions y sont plus proches de celles d'Esculape que du dieu solaire Phobus. En tant qu'inventeur des arts, il est associé en Alsace à Minerve et à Mercure, en une triade qui semble être l'apanage du panthéon triboque. Il est également présent, de façon plus exceptionnelle, sur une stèle à quatre dieux à Butzel.


    Bacchus
    Les découvertes archéologiques, nombreuses dans les régions du Rhin supérieur, attestent d'un large renouveau de la viticulture au cours des IIIe et IVe siècles après J.-C. après la suppression de l'édit de Domitien, en particulier sur les rives de la Moselle, dont le poète Ausone s'est fait le chantre. Bacchus, fils de Jupiter et de la nymphe Sémélé, y est donc présent surtout comme le dieu de la vigne et du vin, avec pour attribut une grappe de raisin, une couronne de pampres de vigne ou une coupe à boire. A Strasbourg, il est associé également à une panthère . Bacchus est présent aussi dans les milieux militaires ? ainsi dans le camp légionnaire d'Argentorate ? comme le dieu qui a conquis l'Orient et voyagé jusqu'aux Indes avec son cortège de bacchantes, de ménades et de satyres. Dans le monde rhénan, sous la forme d'un jeune enfant, Bacchus est associé à Mercure sous la protection duquel il a été placé par Jupiter pour échapper à la colère de Junon.


    Vulcain
    Maître du feu, Vulcain règne sur le monde souterrain et est le protecteur attitré des forgerons. Il apparaît fréquemment en Gaule sous la forme de Sucellus, le dieu au maillet, ouvrant dans sa forge. Il est présent également à Niedermodern sur un bloc cubique à faces sculptées, où il forge les foudres de Jupiter.



    Hercule
    Hercule fait l'objet d'une vénération particulière dans le monde rhénan et dans les camps militaires, en tant que personnification de la force et du courage. L'épisode du serpent qu'il étouffe de ses seules mains, alors qu'il n'est encore qu'un enfant, en porte témoignage. A Strasbourg, il semble avoir fait partie des dieux protecteurs de la cité. Ses attributs traditionnels sont la massue et la peau du lion de Némée. Il est fréquemment représenté, en association avec Mercure, sur les stèles à quatre dieux.



    Génie
    Tout comme chaque individu possède son génie personnel, chaque lieu, mais aussi chaque corps d'armée a son génie protecteur, symbole de sa force vitale. Il est généralement représenté sous la forme d'un personnage coiffé de murailles ou d'un boisseau symbolisant la prospérité et la fécondité.