musée des beaux-arts de Bordeaux




Goûts et saveurs baroques




Biographies des peintres français


Michel Bouillon
(Ere, ? - Tournai, après 1670)

On possède peu de renseignements sur la vie du peintre Michel Bouillon. Né à Ere près de Tournai, il fut reçu franc-maître à la guilde de Saint Luc de cette ville en 1638. On connaît mal les liens de parenté qu'il pouvait avoir avec Jean Bouillon, maître de Philippe de Champaigne. Il semble avoir passé la plus grande partie de sa vie à Tournai où il participa, en 1670, aux décorations de l'Entrée solennelle de Louis XIV. Néanmoins, sa carrière reste floue, seule une partie de son œuvre est connue : Vase de fleurs (1650), Fruits (Musée d'Arras, 1653), Vase de fleurs et papillons (Bruxelles, Coll. part., 1654), Fleurs et fruits contre une architecture (Paris, Coll. Doucet), ... Peintre d'intérieurs, de natures mortes, de fleurs et de fruits, sa manière de traiter ces sujets est très influencée par celle des peintres hollandais du dix-septième siècle.







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Jean Siméon Chardin
(Paris, 1699 - Paris, 1779)

Fils et frère de menuisiers-ébénistes parisiens, Jean Siméon Chardin ne quitta jamais, semble-t-il, sa ville natale. Sa formation demeure mystérieuse, il est quasiment le seul artiste de sa génération à ne pas avoir suivi l'enseignement de l'Académie. En 1728, il est reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture comme " peintre dans le talent des animaux et des fruits ". Au début de sa carrière, il peint des natures mortes, dont La Raie (1726 ?, Paris, Musée du Louvre), qui se rattachent à la tradition flamande des trophées de chasse. Autour des années 1730, l'artiste reçoit ses premières commandes de dessus-de-portes à sujets musicaux, et en même temps il ajoute à son répertoire un nouveau thème de natures mortes, les " ustensiles et objets de ménage ". Quelques années plus tard, vers 1733-1740, Chardin réalise un ensemble de scènes de genre. Ce sont des tableaux de petit format avec un nombre restreint de figures, où l'artiste évoque volontiers l'univers féminin de la maison et des enfants, la vie quotidienne et paisible de la bourgeoisie. Après 1748, il revient à la nature morte et à des thèmes comme le gibier mort, quelques fruits ou objets disposés sur une table. Dans les toutes dernières années de sa vie, vers 1771, il réalise une série de portraits et d'autoportraits au pastel, genre et technique nouveaux pour lui. A sa mort, en 1779, sa manière et ses thèmes sont dépassés car le Néoclassicisme triomphe à cette époque. Peut-être cela explique-t-il que, célèbre de son vivant, Chardin fut oublié très rapidement après son décès. Il ne sera redécouvert par le critique d'art et écrivain français Jules Husson, dit Champfleury, qu'au milieu du dix-neuvième siècle.







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Alexandre François Desportes
(Champigneulles, 1661 - Paris, 1743)

On raconte que c'est dans sa jeunesse, lors d'une maladie survenue peu après son arrivée à Paris chez son oncle qu'Alexandre François Desportes manifesta un talent précoce pour le dessin. Il fut alors placé chez le peintre flamand Nicasius Bernaerts (1620-1678), élève de Frans Snyders (1579-1657). Par son maître, Desportes se rattache ainsi à la tradition des peintres flamands comme Frans Snyders et Paul de Vos. Pour subvenir à ses besoins, l'artiste dut faire toutes sortes d'ouvrages pour des entrepreneurs, des décorations de plafonds ou de théâtres, et des ornements divers ; il travailla ainsi au château d'Anet, une des résidences de Louis XIV, et à Versailles. Il partit pour la Pologne vers 1695 et devint peintre de la cour du roi Jean Sobieski. A la mort de ce dernier, en 1696, il rentra en France et se consacra dès lors à peu près exclusivement à la reproduction des scènes de chasse. Louis XIV le nomma peintre de sa vénerie. Il fut reçu à l'Académie en 1699 et en fut nommé conseiller en 1704. Il décora un grand nombre de résidences royales et princières, notamment les châteaux d'Anet, de Chantilly, de la Muette, et l'hôtel de Bouillon. Il travailla également au château de Compiègne. En 1712, il partit en Angleterre où son succès fut des plus vifs. Revenu en France, il fut chargé d'exécuter pour les Gobelins huit grandes compositions de sujets de chasse. On sait que pour réaliser ses tableaux, le peintre suivait avec attention toutes les chasses. Il se rendait ensuite au chenil pour y dessiner les plus beaux chiens, avant de montrer son travail au roi. L'artiste, qui jouissait d'une grande réputation, décéda à l'âge de 82 ans sans avoir arrêté de peindre. Il eut un fils, Claude François (1695-1774), également peintre d'animaux et de natures mortes.







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Pierre Dupuis
(Montfort l'Amaury 1610 - Paris, 1682)

Fils d'un marchand, Pierre Dupuis est né le 3 mars 1610. Il a dû faire le voyage en Italie, probablement entre 1630 et 1640, et y rencontrer vers 1637 Pierre Mignard (1612-1695) avec lequel il se lia d'amitié. Avant d'entrer à l'Académie, en 1663, la réputation de l'artiste était déjà fort bien établie non seulement en France mais aussi à l'étranger (l'archiduc Léopold-Guillaume possédait trois toiles décoratives). Il travailla à Paris entre 1650 et 1676, dans la tradition archaïsante des peintres flamands de natures mortes, affectionnant, comme Jacques Linard et Louise Moillon, la peinture de bouquet de fleurs. Un sens décoratif rappelant le style de l'école de Le Brun, le rattache toutefois à son époque. La découverte de plusieurs de ses œuvres a permis de connaître le rôle capital de Pierre Dupuis dans l'évolution de la nature morte française. Certaines de ses œuvres sont signées en toutes lettres, les autres portent un monogramme P.D. (qui pourrait être aussi celui de Denis Parmentier (1612-1672), peintre français de fleurs et de fruits). Son œuvre marque la transition entre le style encore archaïque des maîtres artisans de la Réalité et celui plus libre des maîtres décorateurs de la seconde moitié du dix-septième siècle. A la fin de sa carrière, paralysé et âgé, il ne devait guère bouger de sa maison. En proie à des diificultés materielles il fut secouru par l'Académie qui lui alloua quatre francs toutes les semaines à prendre sur le fond des amendes. Le peintre mourut le 18 février 1682 et fut inhumé au cimetière des Innocents. Il dut bénéficier en son temps d'une grande renommée ; André Félibien, historiographe, architecte et théoricien français, le cite en 1679 avec les Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus anciens et modernes. Son fils François, graveur, a joui d'une certaine réputation.







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Jacques Gamelin
(Carcassonne, 1732 - Carcassonne, 1803)

Issu d'une famille de drapiers installée à Carcassonne, Jacques Gamelin fut protégé très tôt par Nicolas Joseph Marcassus, baron de Puymaurin, un des principaux amateurs d'art du Sud-Ouest, qui comptait parmi les fondateurs de l'Académie de Toulouse puis de la Société des Beaux-Arts de Montpellier. C'est grâce à lui qu'il fut placé à Toulouse sous la direction de Jean-Pierre Rivalz (1718-1785), puis envoyé à Paris pour y travailler chez Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville (1729-1765), élève et gendre de Boucher. Bien que n'ayant pas obtenu le Grand Prix de l'Académie auquel il se présenta deux fois, il se rendit à Rome, grâce à son protecteur et y vécut dix ans. Peintre du pape Clément XIV, il fut reçu à l'Académie de Saint Luc en 1771. A la mort de son père, qui lui laissa une certaine somme d'argent, il rentra en France et s'installa à Toulouse. Il fit paraître en 1779, sans succès, un recueil d'Ostéologie et de Myologie destiné aux artistes et aux scientifiques. Il accepta ensuite la direction des écoles de la Société des Beaux-Arts de Montpellier (1780-1783). Puis, il s'installa à Narbonne où il joua un certain rôle pendant la Révolution parmi les " sans-culottes ". Il fut également peintre de l'armée durant les campagnes du Roussillon en 1793. Il effectua notamment des relevés topographiques et assista aux batailles de Peyretortes, du Boulou, à la prise d'Elne, de Port-Vendres et de Collioure. En 1796, il s'installa à Carcassonne comme professeur de dessin à l'Ecole Centrale de l'Aude et organisateur du musée. Jacques Gamelin est considéré comme l'un des meilleurs artistes du Midi. Sa production fut abondante et variée : tableaux de genre, souvent sur bois et de petites tailles dans le goût flamand, mais peints d'une manière nouvelle, portraits, scènes mythologiques, scènes de bataille (La bataille des roches rouges, 1782 ; Le départ d'Abradate pour le combat, 1793, Bordeaux, Musée des Beaux-Arts ; Episode de l'armée des Pyrénées - bataille du Boulou, Béziers, Musée des Beaux-Arts). Il dessina aussi des scènes de combats, souvent sur papier bleu ainsi que des compositions religieuses pour des églises. De ses élèves, seul François Xavier Fabre (1766-1837) atteindra la notoriété. Jacques Gamelin mourut à Carcassonne à l'âge de 61 ans.







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Paul Liégeois
(Peintre français actif au milieu du 17e siècle)

Nous avons peu de renseignements sur la vie de Paul Liégeois, et très rares sont les documents qui nous informent à son sujet. Nous savons que Philippe de Champaigne l'appréciait et qu'il semblait lié avec Jacques Bailly, lui-même peintre de natures mortes. De plus, il a dû séjourner dans la région de Besançon et de Dijon car on trouve aujourd'hui plusieurs de ses œuvres dans les collections privées et les musées de ces villes. Quelques tableaux signés, dont l'un est daté de 1666, ont permis de regrouper autour de cet artiste un certain nombre de natures mortes de fruits comprenant la plupart du temps des raisins. Toutes ne semblent pas présenter le même niveau de qualité, et ses meilleures productions sont souvent caractérisées par une palette aux couleurs froides dominées par des bleus acides et une composition élaborée qui rappelle celle de certains artistes néerlandais tel Willem Claesz Heda (1594-1680). On peut voir quelques-unes de ses œuvres dans les musées de Rouen, Besançon, Dijon, Grenoble, aux Arts décoratifs de Paris, aux Offices de Florence et à Pasadena, d'autres œuvres appartiennent à des collections particulières. Aujourd'hui encore dans la pénombre, Paul Liégeois, contemporain de Lubin Baugin, de Jacques Linard et de Louise Moillon, était très certainement un artiste célèbre en son temps, son nom revenant souvent dans les collections anciennes des dix-septième et dix-huitième siècles. Ses peintures sont d'une réelle importance pour l'histoire de la nature morte car elles marquent une transition essentielle entre le style d'un François Garnier ou d'une Louise Moillon, avec laquelle le peintre présente beaucoup d'affinités, et de la manière plus décorative de plusieurs de leurs contemporains, tel Pierre Dupuis, qui ne cessa de s'affirmer dans la seconde moitié du dix-septième siècle.







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Jacques Linard
(Paris (?), vers 1600 ; Paris, 1645 )

La connaissance de Jacques Linard est encore récente. Une vingtaine de natures mortes de ce peintre français du dix-septième siècle sont actuellement répertoriées. Celles-ci sont signées et datées de 1627 à 1644 ; mais sa signature donne lieu à des conjonctures car soit le nom de l'artiste est écrit en italique, soit en capitales romaines ; quant au prénom soit il est indiqué par un J, soit par un Is (pour Iacques). On a retrouvé sa trace à partir de 1627, travaillant d'abord dans l'Ile de la Cité, puis dans le quartier de Saint-Nicolas-des-Champs. Le peintre se mêla de bonne heure à tous les artistes d'origine flamande de la corporation de Saint-Germain-des-Près. De même, Il fut en relation avec les peintres de son temps, tel Claude Vignon. Il se maria avec une certaine Marguerite Trehoire (Trehoyre, Trehoir ou Trinard) et fut titulaire du titre de peintre et valet de chambre du Roi. Ses natures mortes représentent le plus souvent des plats parés de fruits et des corbeilles ornées de fleurs comme la Corbeille de fleurs conservée au Musée du Louvre. De tous les peintres de la Réalité, Linard paraît le plus ancien à avoir traité les thèmes des cinq sens et des quatre éléments. Enfin, il exécuta également des compositions plus élaborées dans l'esprit de ce que l'on nommait des " Vanités ". Il eut trois fils, Jean-Baptiste, Georges et François, morts en bas âge et une fille posthume, Marguerite.







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Louise Moillon
(Paris, 1610 - Paris,1696 )

Louise Moillon est issue d'une famille protestante habitant Paris. Son père, Nicolas Moillon, ainsi que son frère, Isaac Moillon, exercèrent le métier de peintre. La vie de l'artiste est encore assez mal connue. On sait néanmoins qu'elle se maria avec Etienne Girardot de Chancourt, bourgeois de Paris, au mois de novembre 1640. Bien avant cela, on suppose qu'elle fut l'élève de son beau-père, François Garnier. Les natures mortes que Louise Moillon réalisa sont le plus souvent signées et datées de 1629 à 1682 ; au cours de cette période, " sa manière ne changea pratiquement pas , et ceci en dépit de la considérable évolution de l'écriture picturale qui s'exerça sur la peinture française au cours du siècle. En effet, elle continue à peindre les mêmes arrangements de fruits, pêches, raisins, etc., selon la formule établie, n'y adjoignant que rarement des personnages, en sorte que ses dernières œuvres, telles les deux natures mortes de Toulouse, paraissent archaïques dans le contexte de l'époque où elles furent peintes " (Bénézit, p.705). L'artiste se préoccupait peu d'une ordonnance diversifiée ; en effet, une table de bois ou une margelle de pierre lui suffisaient autant que la pénombre de l'arrière plan. Elle peignait des fruits (pêches, prunes, raisins, abricots...) qu'elle aimait présenter dans des coupes de Delft, dans des corbeilles d'osier ou dans des plats d'étain. Louise Moillon resta fidèle aux principes des maîtres de la Réalité, elle se refusa aux effets décoratifs. Lorsqu'elle voulut quelque peu animer ses compositions à l'aide de personnages ce ne fut pas sans une certaine " gaucherie " qu'elle les réalisa. Vers la fin de sa vie, Louise Moillon aura à souffrir de la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685. Elle décéda en 1696 à l'âge de 86 ans.







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René Nourrisson
(Peintre français actif au 17e siècle)

On connaît peu de chose sur la vie de René Nourrisson, peintre français de la première moitié du dix-septième siècle. Contemporain de Jacques Linard, l'artiste présente avec ce dernier de nombreuses affinités : même milieu et mêmes pratiques, charges et relations identiques. Il fut " Peintre ordinaire du Roy " dans les états de la Maison du Roi, pour les années 1644-1645 et aparaît dans un état des officiers de la Maison du Roi, pour l'année 1650. Il semble que le peintre soit mentionné sans interruption de 1644 à 1652 pour la somme de trente livres (en même temps que Jean-Baptiste Blanchard et François Garnier). Le 6 août 1646, il épousa Anne Duchastel, fille du peintre Nicolas Duchastel, avec laquelle il eut deux fils. L'artiste se trouvait, par les relations mêmes de son beau-père, en rapport avec les familles de Vouet, de Le Sueur, de Sarrazin. Il est probable que René Nourrisson ait fait partie de ces décorateurs peintres d'ornements, genre où s'illustra brillamment son beau-frère Claude Huilliot (vers 1632-1702), également Peintre du roi. Ce fut sûrement un artiste d'une certaine importance puisqu'à l'inventaire de Catherine Coutard, épouse de Charles Eleonor Aubry, conseiller du Roi, en son domicile furent inscrits le 22 décembre 1728 : " Deux tableaux sur toile représentant des fleurs, original de Nourrisson, bordure de bois doré, 250 livres ". Le peintre fut certainement un parent posthume du sculpteur originaire de Paris Eustache Nourrisson (vers 1654-1706), élève de François Girardon, qui fut agréé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture le 30 juillet 1700.


 

Dominique Pergault
(Vacqueville, 1729 - Lunéville, 1808)

On possède peu de renseignements sur la vie et l'œuvre de Dominique Pergault qui naquit le 21 juillet 1729 à Vacqueville, dans la Meurthe, de parents pauvres. On sait qu'il fut l'élève de Girardet. Dès l'âge de dix-huit ans il partit travailler à Rome. Revenu en Lorraine, il fut nommé peintre paysagiste de la maison du duc Stanislas. Il se maria à Lunéville le 8 février 1752 avec Marie Drand, et eut un fils, Pierre. On connaît encore peu d'œuvres de cet artiste français du dix-huitième siècle très habile dans le genre du trompe-l'œil et peintre de paysages, de natures mortes et d'histoire. Le Musée des Beaux-Arts de Nancy possède de l'artiste deux tableaux représentant des oisillons morts suspendus contre une planche et l'église paroissiale de Lunéville, deux sujets religieux ; d'autres œuvres se trouvent dans des collections particulières (Gâteau, raisins et pommes et son pendant Pains, pommes, poire et noix, signés et datés 1786, Paris, Coll. part. ; Groseilles à maquereaux et son pendant Pommes et raisins, signés, Paris, Collection J. R. ; Fruits et coquillage et son pendant Soleils et fruits, Paris, Coll. Cailleux ; ...).

 

Henri Horace Roland de La Porte
(Paris, 1724 - Paris, 1793)

Les renseignements biographiques concernant Henri Horace Roland de La Porte sont encore peu nombreux. Né en 1724 ou en 1725 à Paris, il fut l'élève d'Oudry et travailla pour le Marquis de Beringhen, premier écuyer de Louis XV, qui fut le protecteur et l'un des plus importants clients de Jean-Baptiste Oudry. Nombre de " devants-de-feu " que M. de Beringhen commanda à ce dernier pour son château d'Ivry ont inspiré le jeune Roland de La Porte qui s'illustra plus tard dans le genre du trompe-l'œil. Ce peintre de sujets allégoriques, animaux, natures mortes et fleurs fut agréé à l'Académie le 30 mai 1761 à l'âge de trente-sept ans, et reçu académicien en temps que peintre d'animaux le 26 novembre 1763. L'artiste exposa très fréquemment à l'Académie à partir de 1761 et jusqu'en 1789. Durant la période 1771-1786, une brusque obscurité entoure la carrière du peintre qui cessa de participer aux Salons, peut-être a-t-il quitté Paris pour la province (il séjourna en Normandie en 1778) ou l'étranger. Il meurt le 23 avril 1793 en pleine Révolution à Paris. Longtemps décrié par Diderot qui avait pris le parti de sous-estimer l'artiste pour mieux vanter un autre contemporain et ami, Jean Siméon Chardin (1699-1779), Henri Horace Roland de La Porte est sans conteste un des meilleurs peintres français du 18e siècle.






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Santerre Jean-Baptiste
(Magny-en-Vexin, 1651 - Paris, 1717)

Jean-Baptiste Santerre perdit très jeune son père et sa mère. Ses autres parents, incertains de la profession dans laquelle ils engageraient l'enfant, se déterminèrent pour le penchant de celui-ci et l'envoyèrent en formation chez le portraitiste François Lemaire (1620-1688). Le peintre entra ensuite en apprentissage chez Bon Boulogne (1649-1717). L'artiste fut agréé à l'Académie le 28 juin 1698 comme peintre de portraits, il se vit confier comme sujet de morceau de réception le portrait de Noël Coypel qui ne fut, semble-t-il, jamais réalisé. Portraitiste à ses débuts, Santerre se consacra ensuite aux figures de fantaisie qui firent son succès. Il semble que l'artiste portait un certain intérêt à l'anatomie et se rendait à de nombreuses dissections. Avec sa réception par l'Académie comme peintre d'Histoire le 18 octobre 1704, sur présentation de l'œuvre Suzanne et les vieillards (aujourd'hui au Musée du Louvre), le peintre aborde la part officielle de sa carrière qui culmine les toutes dernières années. Logé au Louvre à partir de 1708, il bénéficia de protections officielles. Peu marqué sous Louis XIV, le soutien fut plus affirmé sous le Régent que le peintre représenta à plusieurs reprises. Parmi les portraits qu'il réalisa, citons : ceux de Boileau et de Racine vers 1699 ainsi que celui de la fille du prince de Condé vers 1712. La production dessinée de l'artiste (pierre noire et craie blanche sur papier bleu) nous est pratiquement inconnue. Le peintre aurait lui-même détruit ses dessins d'études de nus. Surnommé le " Corrège français " en raison sans doute du charme de ses personnages et du traitement sensuel des corps et des carnations, Santerre n'offre pourtant aucun lien réel avec l'artiste de Parme. C'est plutôt avec les Ecoles du Nord que l'art de l'artiste offre le plus d'affinités. Il fonda à Versailles une académie pour les femmes et décéda d'une maladie le 21 novembre 1717 à l'âge de 66 ans. Il semble n'avoir eu qu'une seule élève, Marguerite Blanchot, instituée légataire universelle après son décès. Après avoir connu un réel succès de son vivant et joui d'une vaste notoriété pendant le dix-huitième siècle, Jean-Baptiste Santerre sombra peu à peu dans l'oubli.






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François Xavier Vispré
(Besançon, vers 1730 - Londres, 1790)

François-Xavier Vispré, fut peintre de fruits et de natures mortes ainsi que graveur à l'eau forte et à la manière noire. Il se fixa en 1750 à Paris où il exerça le métier de graveur (estampes en manière, puis il retourna dans sa ville natale en 1755. L'artiste faisait annoncer ses tableaux par voix d'affiche : " Vispré de Besançon, peint d'après nature sur des miroirs de toilette et sur d'autres faces des fleurs, des fruits et des oiseaux ". L'année suivante, en 1756, il se fit connaître ainsi : " Vispré, de Besançon, peint à l'huile avec un goût singulier et d'après nature sur des glaces de toilette et d'autres en ivoire des fleurs, des fruits, des oiseaux et toutes sortes d'ornements chinois ". Ses œuvres étaient recherchées : dans l'inventaire des biens de la marquise de Pompadour en 1764, on retrouva un de ses tableaux " des pêches dans une jatte, un verre de vin et un biscuit sur la table, sous verre et bordure, prisé vingt livres ", ainsi que dans le catalogue de vente des objets composant le cabinet du marquis de Marigny en 1782 " un tableau peint sur verre, représentant une jatte de porcelaine remplie de pêches, un verre de vin et un biscuit ". De même, Blondel de Gagny possédait dans ses collections, vendues en 1776, deux tableaux de fruits peints à l'huile sur verre. Aux alentours de 1760, François-Xavier Vispré partit pour Londres où il exposa à Spring Gardens des natures mortes, des tableaux sur verre ainsi que des miniatures à la Society of Artists, dont il fut certainement membre, et à la Royal Academy. Il dût mourir en cette ville en 1790, ou peut-être, selon d'autres sources, vers la fin du 18e siècle à Dublin.






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