musée des beaux-arts de Bordeaux




Goûts et saveurs baroques




Biographies des peintres flamands


Pieter Van Boucle
(Anvers, vers 1600 - Paris, 1673)

Pieter Van Bœckel, ou Van Boucle si on prononce son nom à la française, fut l'élève de Frans Snyders. L'artiste se spécialisa dans la peinture de natures mortes et d'animaux. Comme beaucoup de flamands, dont Nicasius Bernaerts, issu de l'atelier de Snyders, il vint travailler à Paris, où la colonie flamande de Saint-Germain-des-Près était très active ; sa présence est attestée au moins dès 1623. Lié avec Lubin Baugin, il pourrait même avoir collaboré à ses tableaux en peignant par exemple des chats ou des poissons dans les natures mortes de cet artiste. Jean Michel Picart, Louise Moillon, Jacques Linard, Willem Kalf, Jacques Fouquières, Nicasius Bernaerts, Jean Baptiste de Champaigne ont également compté parmi ses relations. Ses œuvres, souvent signé P.V.B., ont été de ce fait généralement attribuées à d'autres artistes tels que Pieter Van den Bos. D'un réalisme à la fois raffiné et solide, Pieter Van Boucle apparaît comme l'un des plus actifs représentants de la nature morte flamande dans la peinture parisienne du dix-septième siècle, et témoigne de l'accueil favorable que revevaient alors à Paris toutes les suggestions nordiques. Le catalogue de son œuvre, établi par Jacques Foucart, comporte trente-neuf tableaux dont une douzaine sont signés du monogramme P.V.B. et datés de 1649 à 1665. Bien que très apprécié de son temps, il mourut misérable, à l'Hôtel-Dieu de Paris, en raison, dit-on, de ses débauches. Son importance reste aujourd'hui encore relativement méconnue.







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Alexander Coosemans
(Montfort l'Amaury 1610 - Paris, 1682)

Alexander (ou Alart) Coosemans commença son apprentissage chez Jan Davidsz de Heem vers 1641 et devint maître en 1645. On ignore tout de la suite de sa vie, sinon qu'il mourut dans sa ville natale le 28 octobre 1689. Son activité ne semble pas avoir été considérable. Plusieurs tableaux pourvus de sa signature nous sont parvenus. Leurs thèmes sont divers : guirlandes et festons de fruits, repas frugal sur l'angle d'une table (Huîtres et fruits, Solingen, Galerie Müllenmeister, 1980 ; Homard et corbeille de fruits avec une cruche et un verre, Bruxelles, Galerie Robert Finck), fruits et instruments de musique groupés au sol (Fleurs, fruits et instruments de musique, Schleissheim, Bayerische Staatsgemäldesammlungen) ; un seul représente du gibier ; un autre relève du genre de la Vanité (Vanitas, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts). Il semble que Alexander Coosemans ait été moins tributaire de son maître Jan Davidsz de Heem que des artistes comme Georg van Son (1623-1667) ou Jan Pauwel Gillemans l'Ancien (1618-1675), qui pourtant ne furent pas ses disciples ; ses guirlandes de fruits et ses groupements d'objets sur une table sont d'un agencement plus touffu et plus dense.







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Jan Pauwel Gillemans Père
(Anvers, 1618 - Anvers, 1675)

Jan Pauwel Gillemans était le fils d'un orfèvre et commença par apprendre ce métier. Il exerça longtemps cette activité et fut maître à Anvers en 1647. Il se maria dans cette ville l'année suivante et eut quatre fils et quatre filles. Peintre de portraits, de natures mortes, de fleurs et de fruits, on connaît une trentaine de natures mortes pourvues de sa signature, peintes probablement entre 1652 et 1665, dont on retrouve les thèmes habituels de Jan Davidsz de Heem (Homard, huîtres et fruits avec un verre, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts), cependant à l'inverse de celui-ci, les couleurs qu'emploie Gillemans sont assez fades. C'est un peintre secondaire dont le déclin du style est sensible.






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Jacob Van Hulsdonck
(Anvers, 1582 - Anvers, 1647)

On possède relativement peu de données sur l'existence Jacob Van Hulsdonck, peintre flamand de natures mortes, de fleurs et de fruits. Il semble que l'artiste travailla d'abord à Middelburg, cependant les registres de la Corporation de Saint-Luc de cette cité n'en apportent pas la preuve. Mais Jacob Van Hulsdonck fut certainement en contact avec Ambrosius Bosschaert l'Aîné (1573-1621), peintre flamand de natures mortes et de fleurs qui, à cette même époque, résidait dans cette ville. Notre artiste présente en effet de fortes affinités de style avec ce dernier. En 1608 ou 1609, il entra dans la guilde à Anvers. De 1613 à 1623, le peintre enseigna à quatre apprentis qui demeurèrent sans notoriété : Jacob le Moort, Hans van Pelt, Thomas Vermeulen et Gilliam van Schoodt. L'artiste avait un répertoire très restreint ; ses thèmes consistaient généralement en des agencements de fruits, présentés tantôt dans une corbeille ajourée, tantôt dans un plat ou une coupe de porcelaine chinoise. Son choix se portait surtout vers les formes souples et les couleurs séduisantes qu'offraient les fruits à noyaux et les fleurs. Afin de rendre ses assemblages de fruits, il distribuait de menues formes de part et d'autre de la masse centrale et il s'efforçait d'alléger la corbeille ou la coupe en y incorporant des feuillages qui se projetaient en tout sens dans l'espace. Il réalisa également quelques œuvres relevant strictement du genre floral. Au cours de sa longue carrière l'artiste ne varia guère de mise en page, ainsi maintint-il une formule classique au temps où d'autres maîtres s'en détournaient pour suivre le courant baroque. Jacob Van Hulsdonck appartient au groupe des pionniers de la nature morte, et il a certainement eu une influence sur les peintres français, comme Louise Moillon, Jacques Linard et Pierre Dupuis, qui ont pratiqué ce genre au dix-septième siècle. Son fils, Gillis (1626-après 1670) fut également peintre de natures mortes dans un style plus proche de celui de Jan Davidsz de Heem.





 

Jan Van Kessel I
(Anvers, 1626 - Anvers, 1679)

Jan Van Kessel, dont l'existence semble s'être déroulée entièrement dans sa ville natale, est le fils de Hieronymus Kessel (1578-vers 1636). En 1634, à peine âgé de huit ans, il commença son apprentissage chez Simon de Vos (1603-1676), et fut maître dans la Corporation des artistes d'Anvers en 1645. Il fut spécialiste de la peinture d'animaux, d'oiseaux, de poissons, et d'insectes dans la tradition de son oncle Jan Brueghel de Velours (1568-1625) et de Georges Hœfnagel (1542-1600). On lui doit notamment les importantes séries des Animaux (Madrid, Musée du Prado), comportant quarante panneaux, et celle des Quatre parties du monde (Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlung), comportant quarante-six panneaux ; on peut supposer que ces tableautins étaient destinés à orner des cabinets de marqueterie dont Anvers était alors un centre de fabrication. Il réalisa également des " tables servies " pour lesquelles il choisit des supports de cuivre et fut un délicat peintre de fleurs (loué par Cornelis de Bie, 1661), influencé par Daniel Seghers, mais à la manière un peu menue. L'artiste est le père de treize enfants dont Ferdinand Van Kessel qui passe pour avoir peint des fleurs. Signalons enfin que les œuvres de Jan Van Kessel étaient appréciées par ses contemporains car nombre d'entre elles figuraient dans les anciens cabinets d'amateurs à Anvers, et de son vivant déjà des copies circulaient sur le marché de l'art et se vendaient à bas prix.







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Erasme II Quellin, ou Erasmus II Quellinus
(Anvers, 1607 - Anvers, 1678)

Erasme II Quellin appartient à une famille d'artistes. Il reçut une brève formation chez son père, le sculpteur Erasme Quellin l'Ancien (1584-1639/40), avant d'être admis à la guilde de Saint Luc en 1633. C'est son amitié avec le maître anversois Rubens qui développa en lui le goût de la peinture. Il travailla dans l'atelier du maître en 1634 et collabora avec lui pour l'organisation des cérémonies de l'entrée du Cardinal Ferdinand de Habsbourg dans la capitale flamande en 1635. Après la mort de Rubens en 1640, Quellin lui succéda dans les fonctions de peintre et décorateur de la ville d'Anvers. Son talent se manifesta dans les compositions religieuses pour diverses églises flamandes. En 1646, il passa quelques semaines à Liège, où il laissa deux grands tableaux. Le 19 novembre 1663, il épousa en seconde noces, une belle-sœur de David Teniers le Jeune. L'artiste était, semble-t-il, réputé, sa clientèle comptait de grands noms, tel. De plus, le peintre travailla pour les municipalités de Gand (1653) et d'Amsterdam (1656). Il collabora fréquemment avec des peintres de paysage et de fleurs, comme Daniel Seghers, Jan Philips van Thielen ou Jan van Kessel, ainsi qu'avec des peintres de natures mortes comme Adriaen van Utrecht, Jan Fyt, Pieter Bœl. Peintre d'histoire, portraitiste et graveur, Erasme II Quellin nous a laissé une production assez abondante. Il eut pour élèves Wallerant Vaillant en 1639 et Jacob Denys.







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Frans Snyders
(Anvers, 1579 - Anvers, 1657)

Frans Snyders fut inscrit comme apprenti chez Pieter Brueghel II en 1593 et fut peut-être l'élève d'Hendrik van Balen (1575-1632). Le peintre fut reçu maître à Anvers en 1602. Il se rendit en Italie à l'automne 1608 et revint de Milan à Anvers l'année suivante. En 1611, il épousa Margaretha de Vos, sœur des peintres Cornelis et Pieter de Vos, et acquit une grande célébrité. En 1619, il devint membre de la confrérie des Romanistes et en fut le doyen en 1628. L'artiste collabora avec Rubens (1577-1640), Jordaens (1593-1678), et se lia avec Brueghel de Velours (1568-1625). Frans Snyders débuta comme peintre de fleurs, de fruits, de scènes de genre ou champêtres. Il peignit aussi des intérieurs : cuisines ou étal de marchands. Ses tableaux de chevalet sont peu nombreux et très appréciés. En dehors de ses peintures, il est ordinairement attribué au peintre seize eaux-fortes représentant des animaux et d'autant plus estimées des amateurs que très rares (la signature est cependant contestée par certains critiques). Dans sa composition, il suivit la largeur de Rubens, il a appliqué à toutes ses toiles l'ampleur de la peinture d'histoire, tant par la proportion des œuvres que par l'exécution : quand il retrace une lutte d'animaux, il semble que ce soient des hommes qui combattent. Il se distingua particulièrement par ses scènes de chasse et ses natures mortes souvent très colorées auxquelles il substitua aux amoncellement gigantesques une organisation à caractère décoratif. L'appréciation de ses contemporains (Van Dyck le considérait comme le meilleur des compagnons de travail de Rubens), les commandes qu'on lui fit, ses testaments et la richesse de ses collections attestent la notoriété et la fortune auxquelles il parvint. Son œuvre, plus de huit cent tableaux, est considérable, mais ne présente peu de repères chronologiques. Le peintre eut sans doute de nombreux collaborateurs, mais seulement trois élèves, dont un seul notable, Nicasius Bernaerts (1620-1678). Snyders influença ses contemporains tels Paul de Vos (1596-1678), Artus Claessens, Adriaen Van Utrecht (1599-1652), Jan Fyt (1611-1661), mais également des peintres français du dix-huitième siècle tels Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) ou Alexandre-François Desportes (1661-1743), ou encore le génois Giovanni Benedetto Castiglione.







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Adriaen Van Utrecht
(Anvers, 1599 - Anvers, 1652)

Adriaen Van Utrecht entra en apprentissage chez un modeste peintre et marchand de tableaux, Herman de Ryt en 1614. Il effectua ensuite un voyage en France, en Italie, en Allemagne et en Espagne, où il travailla à plusieurs reprises pour Philippe IV. De retour à Anvers, il fut inscrit comme maître à la guilde des peintres en 1625 et il épousa en 1628 la femme poète Constantia Van Nieurœlandt. Il fut peintre de sujets religieux, scènes de genre, animaux, natures mortes, fleurs et fruits. Par le choix de plusieurs de ses thèmes, l'artiste se situe dans l'orbite de Frans Snyders, et certaines de ses compositions rappellent celles de Jan Fyt (1611-1661). Les tableaux datés du peintre s'échelonnent de 1629 à 1650. Selon un usage fréquent à cette époque, il a collaboré avec plusieurs peintres flamands, dont Thomas Willeborts Bosschaert (1614-1654), Jacob Jordaens (1593-1678) et peut-être Erasme II Quellin, peignant fleurs et fruits dans leurs œuvres. Il forma plusieurs apprentis entre 1626 et 1646 dont aucun n'atteignit la notoriété : David van Ham, Jan-Baptist de la Failie, Marcus de la Poort, Philips Gheyselers, Cornelis van Engelen, Peeter van Lanckvelt. De son temps, la renommée du maître semble avoir été éclipsée par celle de Frans Snyders et de Jan Fyt.







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