musée Vivant-Denon, Chalon-sur-Saône




Archéologie de la Saône







Les rites funéraires en Chalonnais


On observe un choix délibéré dans l'emplacement des sépultures à proximité des voies de communication à la périphérie des lieux habités. Plusieurs cimetières ont été établis en bordure de la Saône au débouché d'un point de franchissement à gué.

Les différences sociales
On note la rareté des sarcophages en pierre avec inscription monumentale. Le plus spectaculaire, visible dans les collections lapidaires au sous-sol du musée, est celui de Pison Asclepiodote, riche marchand de parfum lyonnais, et de son épouse, découvert en bordure de la voie de Lyon à Saint Loup-de-Varennes. Peu nombreuses à Chalon, plus fréquentes dans la Côte, les stèles présentent souvent des outils témoignant de la profession du défunt. Son identité peut également être mentionnée comme c'est le cas sur la stèle d'Albanus, cavalier d'origine ubienne ayant servi dans l'armée romaine en Espagne. La plupart des sépultures retrouvées, notamment celles des cimetières de la Citadelle et du Petit Creusot, semblent appartenir à des milieux plus modestes.

Les enfants en bas âge
Au 1er siècle à la Citadelle, dans un cimetière où l'incinération est de règle, seuls les nouveaux nés sont inhumés en pleine terre ou placés dans une tuile creuse. Au cours des siècles suivants des enfants ont fréquemment été enterrés à l'intérieur d'amphores. On note la présence dans des tombes d'enfants d'objets tels que jouets, biberons, lampes ou vases miniature. A la fin du 19e siècle, à proximité de l'ancienne église de Saint Cosme-le-Haut, fut recueillie une main d'enfant momifiée par l'oxydation d'une monnaie de bronze attribuée aux 2e ou 3e siècle.

La symbolique de l'ascia
L'ascia n'était à l'origine, qu'une herminette utilisée pour le travail du bois, de la pierre et de la terre. On a même affirmé qu'elle avait pu être utilisée pour le creusement des tombes mais on ignore les raisons qui en Orient d'abord, puis en Gaule et notamment dans les vallées du Rhône et de la Saône, ont incité les vivants à placer les défunts sous la protection de l'ascia. Sur les stèles funéraires ainsi que sur les sarcophages, l'ascia peut être figurée ou le défunt placé sous le signe de l'ascia par la formule :
SVB ASCIA DEDICAVIT

Sur les gués de la Saône, le dépôt volontaire d'ascia relève d'une symbolique proche.

Le groupe du gladiateur et du lion
Cette imposante sculpture en calcaire, montrant un gladiateur barbare terrassé par un lion, n'appartient pas au monument funéraire d'un gladiateur célèbre et enrichi. Dans la mentalité antique en effet, tout comme l'esclave, le gladiateur n'était pas jugé digne de posséder sa propre tombe.

En Gaule comme en Italie, le thème est fréquemment repris en tant que symbole funéraire et utilisé pour la décoration de mausolées. Il illustre la puissance de la mort sur les vivants.

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