Paquebots







Voyageurs

"Merveilleux ennui des longues traversées !" (Francis de Croisset, "La Féerie cinghalaise", 1926).

Les types de voyageurs varient en fonction des lignes et des périodes. Ainsi, Ernest Michel qui, en 1883, se rend de Bordeaux Rio, observe que "Le plus grand nombre des passagers sont des Portugais, des Brésiliens, des Platéens, des commis voyageurs", alors que, en août 1902, sur un paquebot destination de Shangai, un séminariste constate : "Nous étions 193 passagers bord du bateau. La plus grande partie étaient des employés du gouvernement qui se rendaient en Indo Chine [sic]. Il y avait aussi 16 religieuses de l'ordre des Dames de St Maur, et une religieuse Carmélite. Il y avait en outre 4 pères de la Compagnie de Jésus et deux frères de la même Compagnie."

Les natures de voyageurs, varient en fonction de chacune des trois classes. Selon Edmond Garnier, en 1903, les passagers de première classe "étaient de riches Brésiliens et Argentins, regagnant leurs pays respectifs, et que la réputation de la cuisine française attirait sur nos bateaux. Puis des officiers d'infanterie et d'artillerie de marine, descendant Dakar, ainsi que des fonctionnaires de l'administration coloniale et des agents supérieurs du chemin de fer de Dakar Saint-Louis".

Les voyageurs de seconde classe sont d'origines plus variées : "je me souviens d'un employé des ponts et chaussées, ancien maire de Dakar (M. Jean), d'un photographe (M. Forster) qui avait créé toute une organisation dans la colonie afin de tirer et de répandre des cartes-postales illustrées de toute la côte occidentale d'Afrique ; il communiquait ses clichés la " Dépêche coloniale ", qui les faisait paraître dans ses numéros illustrés, puis des mécaniciens du chemin de fer de Kayes, alors en construction, d'un imprimeur de Saint-Louis, de Basques français et espagnols, déj installés sur les rives de la Plata et qui retournaient leur exploitation [...], d'un bon gros curé qui quittait l'évêché de Lyon pour aller évangéliser au Brésil [...] puis d'un Français et de sa femme rejoignant Buenos-Ayres o ils avaient créé une usine de caisses d'emballage". L'aventurière est également présente dans cet échantillon de personnages entreprenants : "une jolie blonde. Voyageant seule et loin de l'être, car elle était courtisée par de nombreux oisifs, elle allait Buenos-Ayres pour y faire quoi ? mystère".