Paquebots







Chemins de fer et transports maritimes

"L'adieu dans une gare est brutal, comme un soufflet. L'adieu au paquebot est lent ; il a tout le temps de se saturer de désespoir" (Louis Chadourne, "Le Pot au noir").

Le transport maritime est très tôt considéré comme la continuation naturelle du transport terrestre. Ainsi, en 1851, un armateur marseillais, Rostand, propose au directeur d'une compagnie de messageries terrestres, les Messageries nationales, de s'associer à lui pour créer une compagnie maritime de Messageries. Les promoteurs du rail en France, seront les principaux actionnaires de la Compagnie générale maritime.
Les avancées techniques liées au secteur ferroviaire (chaudières, métallurgie) bénéficient à la construction navale. Le redressement des chantiers de La Ciotat, après 1848, est dû à un ancien directeur des Forges de Vierzon, Armand Béhic.

Les frères Péreire affrètent des trains spéciaux qui amènent les émigrants au pied des paquebots. Les voyageurs aisés tirent également profit de cette situation. En 1874, Mallarmé écrit dans "La Dernière Mode" : "Quant aux Nomades véritables, ils choisissent pour leur absence d'une saison entière, des sites qui seraient véritablement lointains si la rapidité du railway n'était continuée par celle des steamers : Alger, Le Caire, et tant de lieux bienfaisants de la Sicile aux Baléares. / Madère, l'île caressée par de tièdes courants, est, en 1874, le point d'émigration très-aristocratique. / La ligne de Paris-Lyon-Méditerranée seule délivre des billets pour tous ces paradis".

Cette association avec le rail sera maintenue au vingtième siècle, comme le montre la vue du port de Dieppe peinte en 1911 par Jacques Auguste Weismann. Le lien rail-bateau concerne également le fret. Encore en 1976, la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) sera actionnaire à hauteur de 25% dans la Société Nationale Maritime Corse-Méditerranée (SNCM).