Quelques paquebots français
"Comme signe distinctif, chaque compagnie adopte pour ses bateaux les mêmes peintures disposées identiquement. Quelques-unes, pour se faire plus remarquer, ornent les cheminées de bandes circulaires bien blanches ou d'un ton très clair sur lesquelles elles font ressortir lettres et emblèmes ou insignes, comme étoile, initiales, croix, croissants, etc. Les Messageries Maritimes ont choisi, pour toute leur flotte, la
couleur noire les cheminées aussi bien que la quille ont cette teinte, cette robe uniforme et sombre est coupée horizontalement par une bande blanche qui suit le bord supérieur de la coque, donnant à tous ses courriers une apparence de grand effilement et de grande rapidité ; ainsi, ils paraissent tous être taillés pour la course" observe Edmond Garnier en 1909.
Les paquebots à destination de l'Extrême-Orient étaient de
couleur blanche.
Avec sa coque noire et rouge, ses deux cheminées et ses hauts mâts, le paquebot peint au Havre par
Maufra, en 1905, est typique des navires affectés au service de l'Atlantique nord au début du vingtième siècle, tel
Savoie.
Les compagnies ne sont pas nécessairement propriétaires de l'ensemble des paquebots naviguant sous leur pavillon : consignation, sous-traitance, affrètement sont souvent de mise.
A une époque où la France dispose du deuxième empire colonial au monde, après la Grande-Bretagne, les paquebots des Messageries maritimes portent souvent le nom de provinces de cet empire (
Congo,
Sénégal) ou de personnalités qui ont contribué à bâtir ce dernier (
Jean Laborde,
Maréchal Foch). Cette tendance est moins marquée pour les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique. Ici, on insiste plutôt sur la grandeur et le prestige national (
Chantilly,
France,
Versailles,
Napoléon). La Compagnie baptise symboliquement
Lorraine, en 1902 (la Lorraine est alors sous occupation allemande), le plus grand paquebot français de l'époque.