Paquebots







Quelques paquebots de la Compagnie générale transatlantique

Ajaccio : deuxième d'une série de huit navires - Afrique (1872), La Corse (1872), Bastia (1872), Immaculée Conception (utilisé comme cargo par la CGT, 1872), Maréchal Canrobert (1873), Mohamed El Sadock (1873), Lou Cettori (1873) - construits pour le compte de la Compagnie Valéry et cédés à la Transat en décembre 1880. Il est mis en service en 1872 sur les lignes d'Afrique du Nord et de Corse. Le 25 janvier 1900, sous affrètement de la Compagnie Fraissinet, par un coup de mistral, il s'échoue à l'entrée du port de Marseille sur les roches du Pharo et chavire sur le côté. Il est alors déclaré perte totale.

France II : construit à Penhoët, il quitte Le Havre pour son voyage inaugural à destination de New York le 20 avril 1912, cinq jours après le naufrage de Titanic. C'est alors le plus grand paquebot français et le seul à quatre cheminées. Il est également le premier navire équipé d'un ascenseur. Le luxe de ses installations l'ont fait surnommer "Versailles de l'Atlantique" ou "Château de l'Atlantique". S'il n'a jamais officiellement concouru pour le record de vitesse sur l'Atlantique nord, la puissance de ses machines en faisaient le troisième paquebot le plus rapide sur l'Atlantique nord, après les "lévriers des mers" de la Cunard : Lusitania et Mauretania. Il effectuera toute sa carrière sur la ligne Le Havre - New York. A partir de 1929, il effectue régulièrement des croisières au départ de New York sur la Méditerranée et les Antilles. Une dernière croisière, en 1932, le conduit au Sptizberg et au Cap Nord. Il est désarmé en 1932 et vendu à la démolition en 1934.

Général Chanzy : construit à Saint-Nazaire, il est mis en service en 1892 sur les lignes d'Afrique du Nord, au départ de Marseille. En 1896, à l'occasion de fêtes du couronnement du tsar Nicolas II, il effectue l'une des toutes premières croisières françaises au départ du Havre sur la Baltique. Le 9 février 1910, par mauvais temps, il quitte Marseille pour Alger avec 160 passagers et membres d'équipage à son bord. Le 10, en pleine tempête, il heurte des rochers au nord-est de l'île de Minorque. Les chaudières explosent et le navire sombre. Un seul survivant parvient à gagner le rivage. C'est la première tragédie de la Transat en Méditerranée.
Alfred Chanzy (1823-1883) : militaire, il s'illustre en Afrique du Nord et en Syrie et devient gouverneur général de l'Algérie en 1873.

Ile-de-France : paquebot postal le plus célèbre de la Transat avec Normandie, il a connu l'une des plus longues et glorieuses carrières (1927 - 1959) de l'histoire des paquebots. A sa mise en service, c'est le plus gros paquebot conçu et construit dans le monde depuis la fin de la Première guerre mondiale. C'est également le plus gros paquebot français, titre qu'il conservera jusqu'à la mise en service de Normandie en 1935. D'aspect extérieur, il se présente comme une version plus longue et à peine modernisée du paquebot Paris. Mais, à l'intérieur, ses somptueux aménagements art déco en font le paquebot le plus moderne du monde. Dès sa mise en service, on le surnomme "La Rue de la Paix de l'Atlantique", allusion à la rue eacute;ponyme parisienne, reacute;puteacute;e pour ses commerces de luxe.
En 1928, une catapulte installée à l'arrière du navire permet de lancer un hydravion à 500 miles des côtes et de faire ainsi gagner une journée aux sacs postaux. L'expérience est arrêtée en 1930 et la catapulte est retirée en 1931.
Durant l'entre-deux-guerres, il est employé sur le service express Le Havre - New York. Il effectue habituellement la traversée de l'Atlantique en 6 jours.
Pendant la guerre, il est utilisé comme transport de troupes par les Britanniques. Rendu à la Transat en 1946, il est modernisé par les Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire, et remis en service en 1949. Les nombreux sauvetages auxquels il participe lui vaudront le surnom de "Saint-Bernard de l'Atlantique". Il est le seul paquebot transatlantique à avoir connu trois arrivées triomphales officielles à New York : à sa mise en service en 1927, à sa remise en service en 1949 et enfin avec les rescapés d'Andrea Doria en 1956.
Il est désarmé en 1958. En 1959, il quitte Le Havre pour Osaka, sous le nom de Furanzu Maru. Il sera utilisé au Japon pour le tournage du film-catastrophe "The Last Voyage", avant d'être partiellement coulé.

Napoléon : premier car-ferry de la Compagnie générale transatlantique et premier navire de ce type en service sur les lignes de Corse. Yvonne Jean-Haffen exécute un décor pour le bar sur le thème de l'apothéose de Napoléon. Mis en service en 1960, Napoléon est l'ancêtre des gros transbordeurs actuels de la Société nationale Corse-Méditerranée. Ce fut également le premier navire de la Compagnie à être équipé de propulseurs d'étrave et de canots de sauvetage à gonflage automatique.
Sa première utilisation fut marquée par un conflit avec les dockers, qui refusaient l'embarquement et le débarquement des voitures particulières par les passagers. En 1962, Napoléon participa au rapatriement des Français d'Algérie.
Il est transféré en 1969 à la Compagnie générale transméditerranéenne, qui regroupe les services méditerranéens de la Transat et de la Compagnie de navigation mixte. Vendu en 1974 à un armement saoudien, il est rebaptisé Al Pasha. Il sera démoli en 1988.

Normandie : construit à Penhoët, Normandie restera le plus grand et le plus luxueux paquebot de la Compagnie générale transatlantique. "Il s'impose à l'attention du monde comme une magnifique synthèse du génie de la France" déclare le ministre William Bertrand à l'occasion de son inauguration. A sa mise en service, en 1935, sur la ligne Le Havre - New York, il est le plus grand navire du monde, et le plus rapide : il peut traverser l'Atlantique nord en un peu moins de 4 jours. Il remporte le Ruban bleu dans les deux sens dès son voyage inaugural, auquel ont été conviés de nombreuses personnalités, dont l'écrivain Colette. Le Ruban bleu est repris par Queen Mary à Normandie en 1936. Normandie reprendra le titre en 1937, avant de le céder définitivement àQueen Mary en 1938.
En 1938 et 1939, Normandie effectue, en plus de ses traversées régulières, deux croisières en Amérique du Sud, au départ de New York. Trois films longs métrages sont également tournés à son bord en 1937, 1938 et 1939.
Le 24 août 1939, Normandie quitte Le Havre pour la dernière fois et accoste au pier 88 de la French Line à New York, le 28, au terme de sa 139e traversée régulière. Il devait repartir pour l'Europe le 30, mais le départ est annulé le matin même et, le 6 septembre, il est désarmé. En 1941, il est confié à l'US Navy et rebaptisé Lafayette. Alors qu'il est transformé en transport de troupes, un incendie se déclare à bord. De crainte de voir le feu se propager aux installations portuaires, les pompiers et les bateaux-pompes déversent des tonnes d'eau sur les superstructures du navire. Déséquilibré, Normandie chavire dans la nuit du 9 au 10 février 1941. Péniblement renfloué, Normandie est vendu à un ferrailleur en 1946. Sa démolition s'achèvera en 1947. En compensation, la Compagnie générale transatlantique se voit attribuer en 1946 le paquebot allemand Europa, rebaptisé Liberté.
Les caractéristiques techniques de Normandie, son style, le luxe de ses aménagements, sans oublier, bien sûr, ses records de vitesse, en ont fait l'archétype du paquebot transatlantique. De sa mise en service, en mai 1935, a son désarmement, en septembre 1939, il transportera 133.170 passagers sur l'Atlantique nord. Son commandant, René Pugnet, avait été précédemment commandant de Paris. Il était le petit neveu du sculpteur Bartholdi, auteur du "Lion de Belfort" et de la "statue de la liberté".

Versailles : construit à Glasgow sous le nom de Hammonia, il est mis en service sur la ligne Hambourg - New York en 1883. De 1891 à 1893, il est est affecté à la ligne Marseille - Colon. En 1893, il est transféré à la ligne Saint-Nazaire - Colon. Acheté par la Transat en 1899, il est rebaptisé Versailles. En 1912, il est affecté à la ligne Bordeaux - Casablanca, qu'il desservira jusqu'en juin 1914. Il est démoli à Gênes en 1914..