Paquebots







Panoramas transatlantiques

Lors de l'exposition universelle de 1889, la Compagnie générale transatlantique fait édifier un panorama. Le guide officiel de l'exposition décrit ainsi l'édifice : "Plus haut, à la hauteur de l'avenue de La Bourdonnais, nous rencontrons le Panorama de la Compagnie Transatlantique. C'est une construction polygonale, élevée sur pilotis et dont l'extérieur est décoré d'immenses cartes géographiques représentant tous les pays du monde reliés aux différents Ports Français par les paquebots de la Compagnie. En entrant, on se trouve dans l'escalier d'un grand steamer dont on visite successivement les deux étages principaux. C'est la reproduction exacte, en naturelle grandeur, du paquebot la "Touraine" que l'on est en train de construire. Onze dioramas, dus à M M. Poilpot, Offbaner [Th. J. H. Hoffbauer ?], Montenard et Motte, nous montrent l'installation luxueuse d'un grand Transatlantique, les salons, le fumoir, les cabines des passagers. A côté sont reproduites plusieurs scènes d'un effet saisissant : l'arrivée d'un steamer à New-York, les vues des principaux ports de la Compagnie Transatlantique, ses immenses chantiers de construction.

On débouche enfin sur le pont du navire, et là, l'illusion est telle que, au mouvement près, on se croit en pleine mer. Au loin on aperçoit le port du Havre et les falaises environnantes battues par les flots. Si on reporte les yeux autour de soi, on voit le gréement complet d'un navire avec son mât et tous ses cordages ; et tout cela se prolonge et se termine si bien sur la toile peinte qu'on ne saurait vraiment dire où s'arrête le véritable navire sur lequel on marche et où commence l'oeuvre de l'artiste. Tout autour on aperçoit rangée la belle Flotte de la Compagnie Transatlantique, formée de steamers de tous tonnages, depuis les énormes vapeurs de la ligne de New-York jusqu'aux plus modestes bâtiments des lignes d'Algérie".

Touraine, évoqué ici, sera lancé en 1891. Ce sera alors le plus grand paquebot français en tonnage et le cinquième au monde. Ce sera aussi le dernier paquebot de la Compagnie à posséder des voiles.

En 1900, les visiteurs de l'exposition universelle de 1900, à Paris, découvriront sur le Champ de Mars un maréorama : "On se souvient du succès merveilleux remporté à la dernière Exposition universelle, par le panorama de la Compagnie Générale Transatlantique, la "Touraine", alors en construction était supposée terminée et le spectateur installé sur son pont, assistait à une revue générale de la flotte de la Compagnie.

C'est un peu la même chose que nous voyons cette fois, mais avec cette différence que les navires de cette Compagnie si élégamment française, ont augmenté le nombre et leur luxe est plus grand, de sorte que cette exhibition a cette fois-ci un attrait plus grand encore, qu'il y a onze ans".

Il s'agit de "l'un des "clous" de l'Exposition de 1900". Cette fois, on est allé plus loin encore dans la recherche de réalisme : "Les journaux du monde entier ont parlé avec admiration de ce projet si original et si grandiose. Le Maréorama donne l'illusion complète d'un voyage maritime. Les spectateurs sont placés sur un pont de steamer, animé de mouvements de roulis et de tangage autour duquel se déroulent d'immenses toiles dont le mouvement combine avec ceux du navire crée l'illusion de la marche. La vue des manoeuvres exécutées par l'équipage, des artifices d'éclairage, une ventilation iniprégnée de senteurs marines, etc., rendent cette illusion parfaite. L'itinéraire choisi est un voyage de Marseille a Constantinople avec escales à Soussc, Naples et Venise. La partie picturale est l'œuvre de M. Hugo d'Alési, le célèbre peintre des Chemins de fer. Il y a mis tout son admirable talent.
Le palais du Maréorama s'élève à l'angle de l'avenue de Sufren et du quai d'Orsay".