Paquebots







L'âge d'or

"Notre bateau, long, mince, bas sur l'eau, avec ses deux cheminées fumantes, semble un coureur arrêté malgré lui, encore et toujours en élan, pressé de reprendre sa course, d'arriver là-bas, à la rive lointaine du Japon". (André Chevrillon "Dans l'Inde").

A mesure que l'on avance dans le siècle, des mouvements migratoires partent régulièrement d'Europe. A partir de 1830, la politique militaire et coloniale de la France impose le transport de plus en plus fréquent de troupes et de colons. Une ligne transatlantique à destination des Antilles sera inaugurée en 1862 pour ravitailler les soldats franšais engagés dans la guerre du Mexique.

On diversifie les lignes. Marseille assure des services réguliers vers l'Afrique du Nord, l'est du bassin méditerranéen, l'Egypte, la mer Noire. L'ouverture du canal de Suez, en 1869, facilite les contacts avec l'Inde, l'Indochine, le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Madagascar, la Réunion, les Seychelles et l'île Maurice. Pour l'Amérique du Sud, via Dakar, on part de Bordeaux. Le Havre fait la liaison avec l' Amérique du Nord. Les paquebots sont ensuite relayés par des stationnaires, bateaux de plus petit tonnage affectés aux lignes locales.

On voyage aussi, et de plus en plus, pour le plaisir. Pour attirer les clients, les compagnies mettent en valeur trois éléments : confort, sécurité et rapidité. La collaboration entre ingénieurs, architectes et artistes produit de remarquables résultats. Le ruban bleu récompense la traversée la plus rapide de l'Atlantique nord. En cent quatorze ans, la vitesse des vapeurs traversant l'Atlantique nord passe de 12 à 65 km/h. A la veille de la première guerre mondiale, on rallie New York en moins de six jours. Au début du vingtième siècle, les paquebots sont équipés de TSF. Ceci n'empêche pas les naufrages. Ces derniers, ainsi que d'importantes grèves (notamment entre 1904 et 1909), noircissent le tableau.

Quand éclate la première guerre mondiale, les paquebots sont réquisitionnés par le pays o¨ ils font relâche. Convertis en transports de troupes ou en navires h˘pitaux, ils paient un lourd tribu au conflit. La Compagnie générale transatlantique perd un tiers de sa flotte. Le redressement est difficile. En 1927, on lance le plus grand paquebot franšais de l'époque : Ile-de-France, premier d'une série de nouveaux paquebots illustres, tel Normandie. Mais la crise de 1929 ébranle les compagnies maritimes. Alors qu'elles transportaient annuellement plus d'un million de passagers à travers l'Atlantique, en 1934 elles n'en auront plus que 460 000. La seconde guerre mondiale éprouve à nouveau les flottes. La grande époque des paquebots se termine vers 1960, avec l'apparition des premiers avions longs courriers..