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C'est là qu'il passe le plus clair de son temps, parmi les Sugpiat. Il s'intéresse à leur langue, mais aussi à tous les aspects de leur culture. Il les interroge sur leurs mythes, leurs rites. Les relations qu'il noue avec ses hôtes lui permettent d'obtenir des informations sur les festivals d'hiver pour lesquels étaient fabriqués les masques qu'il collecte.
A son retour en France, il reçoit gloire et honneurs. En 1875, il offre au musée de Boulogne-sur-Mer plus de 200 objets collectés durant son voyage. Ses carnets de notes sont conservés à la Bancroft Library de l'université de Berkeley en Californie. Il y a notamment décrit les chants et les cérémonies auxquelles il a pu assister.
Cependant, même si cette importante collection lui permit de gagner la reconnaissance de ses pairs et d'obtenir le financement de missions de collectes pour le compte de l'Etat français sur le continent américain et en Océanie, Alphonse Pinart ne parvint jamais à retourner en Alaska.
Comme bien peu de masques subsistent aujourd'hui en Alaska, ceux de Boulogne sont primordiaux pour la connaissance de la culture sugpiaq passée. Cependant, si les masques sont bien exposés et étudiés en France depuis 1872, ils ne sont connus des Sugpiat que depuis la fin des années 1980.
Aujourd'hui, le partenariat qui lie l'Alutiiq Museum de Kodiak et le Château-Musée de Boulogne-sur-Mer s'impose donc. Il a pour objectif de développer les recherches et les échanges d'objets entre les deux musées par l'organisation d'expositions, d'échanges scientifiques et de voyages d'artistes.
Ce partenariat existe depuis 2006. Il a notamment donné lieu en 2008 à l'exposition Giinaquq : Like a Face, qui a connu un vif succès à l'Alutiiq Museum de Kodiak, puis au Musée d'Anchorage en Alaska. La présentation pour la première fois des masques sur leur terre d'origine semble avoir eu un impact émotionnel et culturel très fort.
Depuis 2010, le Château-musée et la Corporation Koniag de Kodiak ont décidé de débuter ensemble la constitution d'une collection d'art contemporain autochtone afin de montrer que la culture Sugpiaq est toujours vivante.
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