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JOCONDE


DORIS, DORIS...

La construction du doris, pendant la seconde guerre


J. Clément construisant un doris

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"... Lorsque je suis entré aux chantiers Argentin en février 1943, je fus affecté au canotage comme mousse. On construisit alors une série de doris, une quinzaine, pour des armateurs et des artisans qui faute de mieux, armaient des doris à l’aviron pour pêcher des moules, des bulots et quelques poissons et crustacés.
La réquisition des bateaux, le manque de carburant et la réglementation des sorties, imposées par l’occupant, les réduisaient à reprendre ce petit métier, il fallait bien vivre !
La pénurie de sapin du Nord nous obligea à construire ces doris en peuplier ce qui en augmentait le poids d’autant plus que le bois n’était pas très sec.
Le rendement aussi avait changé, on ne sortait plus qu’un doris par jour par l’équipe composée d’un ouvrier, d’un jeune de 18 ans et d’un mousse débutant.
Les clients demandaient aussi des aménagements supplémentaires, un coffre à l’arrière pour ramasser le matériel qu’on appelait “culton”, parfois aussi un coffre à l’avant, des tringles d’échouage sur la sole, des dessus de toletière pour protéger le plat-bord de l’usure au portage des avirons, d’un gouvernail qu’ils mettaient en place lorsqu’ils établissaient la voile, et parfois aussi, on posait des bourrelets de stabilité. C’était de gros boudins en toile à voile de 15 cm de diamètre emplis de granulés de liège que l’on fixait avec des pattes de toile sous le liston..."

Jean Clément, ancien charpentier de marine