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Le fruit de ce patient travail consistant à expliquer avec des mots ce qu'il faisait naguère de ses mains, est précieusement consigné dans le catalogue. Depuis lors, son témoignage a servi de guide pour des amateurs et autres plaisanciers ayant construit leur propre doris.
Compte tenu de son caractère symbolique du patrimoine maritime, un doris sera suspendu dans le hall d'accueil du futur musée des Pêcheries (ouverture 2011). Convaincu de l'importance de la sauvegarde d'un patrimoine immatériel – en l'occurrence ici les savoir-faire de la construction à clin -, le musée a passé commande de la FABRICATION d'un doris à des jeunes charpentiers qui ont œuvré sous la houlette de Jean Clément à partir des gabarits maintenant conservés au musée, et exceptionnellement utilisés à cette occasion.
Les savoir-faire anciens ont ainsi été mis en œuvre au Chantier du Cap-Fagnet, et acquis par une nouvelle génération de charpentiers : Sandrine, Jean-Jacques et Florian. Le suivi de la réalisation du bateau en bois, que nous considérons maintenant comme le « doris-étalon », a été une riche expérience : sans cesse, les charpentiers ont dû trouver des réponses techniques. Citons par exemple la difficulté à trouver les essences de bois autrefois utilisées, dans les bonnes longueurs, etc. De plus, les outils ont changé, ainsi que la nature de la quincaillerie. Sans cesse, les charpentiers ont dû réfléchir, échanger, s'adapter. Il en ressort que tout au long du siècle qu'a perduré cette industrie à Fécamp, il en a sans doute été de même. Cette aventure a ainsi nuancé l'idée d'une tradition de construction autrefois figée et immuable.
Suivre les modes de transmission des savoir-faire a parfois été une expérience étonnante. Le sens de la transmission a su prendre le chemin inverse. C'est ainsi par exemple que Jean Clément a notamment découvert l'usage de la scie japonaise depuis longtemps adoptée par l'équipe du chantier !
Site du chantier naval ayant réalisé le doris
Florence Levert, Attachée de conservation
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