Maison d'Artiste de la Grande Vigne à Dinan




Yvonne Jean-Haffen (1895-1993)






Ses techniques : peinture

La peinture, quelle qu'en soit la technique, a toujours occupé la plus grande place dans les rêves de la jeune Yvonne Haffen.
Reproduire le spectacle de la vie avec la multiplicité des couleurs, le jeu infini des lumières la tenta très vite.
Gouaches ou peintures à l'huile ornèrent, dès ses débuts, les murs de la famille. Le fonds de la Grande Vigne possède quelques témoins des premières réalisations de la jeune artiste : gouache de sages bouquets de fleurs ou paysages alsaciens à l'huile (probablement peints en atelier). Le portrait la tenta aussi, même si ce ne fut pas son genre de prédilection.

Ses premières vacances avec son mari en Bretagne, lui permirent de se confronter aux difficultés de la peinture sur le motif.
Elle utilisa fréquemment la gouache sur ses premiers dessins de paysages bretons, laissant ainsi augurer d'un goût pour des taches de couleurs bien nettes.

Quelques essais, sans doute restés sans suite, sont à signaler : gouache sur panneaux de bois recouvert d'un enduit donnant l'apparence de la fresque. Elle utilisa la technique de peinture et fresque associées pour décorer sa salle à manger à la Grande Vigne, le mortier de fresque étant directement appliqué sur le mur de la pièce.

A dater de 1925 et de son entrée dans le mouvement des Artistes Décorateurs, elle peignit à la peinture à la caséine, aussi bien sur toile que sur carton. Ce matériau offre moins de brillances que l'huile mais pose des problèmes de préparation et de conservation. Elle se servit de cette technique pendant de longues années, sans abandonner pour autant la gouache pour le recueil de documents et les œuvres de moindres dimensions.

A ces techniques classiques, il faut ajouter une technique qui lui fut imposée pour la décoration du paquebot "Maréchal Joffre" en 1950 : le procédé dilophane. Elle exécutait ses œuvres sur un papier spécial très cassant qui, une fois chauffé, donnait un revêtement entièrement lavable à fixer aux murs, ayant un peu l'aspect du formica mis au point par la suite. La Grande Vigne possède quelques œuvres réalisées à titre d'essai (un bouquet de pivoines, des sirènes, quelques animaux de cirque).

Avec le temps sa palette s'affina : elle trouva toute une richesse de nuances dans ses couleurs pour exprimer la profondeur d'un paysage, d'une scène de foule, la vie de personnages ou d'animaux en premier plan, autant que les couleurs variées, offertes par le ciel ou la mer.
La peinture à l'huile employée pour un certain nombre de toiles, laissa place à l'acrylique. Dans les dernières années de sa vie, victime de la cataracte et percevant moins les couleurs, sa palette s'aviva sans qu'elle puisse le percevoir elle-même.