Maison d'Artiste de la Grande Vigne à Dinan




Yvonne Jean-Haffen (1895-1993)






Son rapport la Grande Vigne

• Le lieu et la demeure

Pendant des siècles des vignes furent cultivées en bordure de Rance. Une parcelle de vignes l'angle des vallées de la Fontaine-des-Eaux et de la Rance est attestée dès l'origine de Dinan au 11e siècle. Elle appartenait alors aux moines de Saint-Florent-de-Saumeur.
Au 18e siècle ces vignes furent remplacées par un verger et en 1830, Louis Bonnier (exploitant de fours chaux) fit construire la Grande Vigne avec la cour intérieure, les terrasses du jardin, le four chaux et la Vignette en contrebas de la propriété.

La Grande Vigne fut vendue en 1837, et occupée partir de 1864 par des Britanniques, dont une des dernières propriétaires, l'Ecossaise Miss Mac Callum, personnalité influente, en fit un haut lieu de la culture britannique. Elle transforma la Grande Vigne en maison d'éducation pour les jeunes Britanniques, et remania le jardin selon le got anglais de l'époque. Après le décès de Miss Mac Callum la maison resta l'abandon.

 

• La maison de la Grande Vigne du vivant de l'artiste

A partir de 1926, Yvonne Jean-Haffen multiplia les allers et retours entre Paris et la Bretagne. Elle souhaitait s'ancrer dans la vie bretonne, et ce désir se concrétisa en 1936 avec l'acquisition de la maison qui était alors presqu'en ruines.

"Je n'oublierai jamais, cette veille de Pentecôte 1936, la promenade dans les petits chemins la sortie de Dinan avec un employé de l'agence : l'escalade du mur de clôture parce que la clef de la porte avait été égarée et notre atterrissage dans le plus touffu, le plus imprévu des domaines pour atteindre enfin une grande maison construite sur un rocher d'o l'on domine la vallée de la Rance. Son aspect était lamentable avec son crépi lépreux. Des vieux meubles anglais occupaient encore le rede-chaussée, o flottait une odeur de moisi et de poussière. A l'étage, de vastes greniers d'o l'on voyait le ciel travers les déchirures de la toiture..."

Yvonne Jean-Haffen et son époux entreprirent rapidement de gros travaux. Ils commencèrent par la toiture et ajoutèrent une verrière au toit de l'atelier. Ils ôtèrent le crépi des murs et découvrirent de magnifiques pierres en granit, puis ils restaurèrent l'impressionnant jardin comme il était du temps de Miss Mac Callum.

L'artiste, intéressée dès ses débuts par la richesse décorative des plantes, trouva dans ce jardin matière affiner ses recherches dans le domaine de la botanique
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