Maison d'Artiste de la Grande Vigne à Dinan




Yvonne Jean-Haffen (1895-1993)





Son rapport à la Grande Vigne

• La maison du vivant de l'artiste (suite)

Ce fut Yvonne Jean-Haffen qui se chargea, dès 1938, de la décoration intérieure de la Grande Vigne.
Elle peignit la fresque de la salle à manger ainsi que les décors des boiseries, et elle dessina l'ensemble du mobilier. Seul le le salon de compagnie, fut laissé dans le style Louis-Philippe d'origine.

Pendant la période de 1939 à 1945, Yvonne Jean-Haffen s'installa à la Grande Vigne. Les venues de Mathurin Méheut, dans ce lieu qu'il surnommait "Le Paradou", y furent également plus fréquentes. Cette proximité permit ainsi aux deux artistes, à partir de 1942, de travailler sur la décoration de l'Institut Géologique de Rennes.
Cette période fut ponctuée de nombreuses visites d'amis : des personnalités politiques telles que le ministre René Pleven, les Maires de Dinan (Geistdoerfer, Aubert, Blanchot) ou de Rennes (M. Château), des écrivains (Roger Vercel ou Florian Le Roy), des scientifiques (Yves Milon, recteur de l'Institut de géologie de Rennes), mais encore bien d'autres...
Après 1945, Yvonne Jean-Haffen retourna vivre à Paris, et la Grande Vigne redevint une simple maison secondaire. Mais après la mort de Mathurin Méheut en 1958 et celle d'Edouard Jean en 1960, elle se détacha peu à peu de Paris, s'installa définitivement à Dinan en 1977, se consacrant au musée de Lamballe, et à une vie riche en relations amicales et professionnelles.

 

• La Grande Vigne aujourd'hui : propriété de la ville de Dinan

La Grande Vigne reste un témoin privilégié de l'art de vivre au 19e et 20e siècles. Les pièces principales de la maison, avec ses éléments Art Déco, ainsi que l' aménagement du jardin, en terrasses sont caractéristiques de leur époque.
Elle occupe de plus un site d'exception : celui du Val de Rance que dominent Dinan et ses remparts. Le visiteur, une fois dans le musée, y perçoit d'ailleurs fort bien le calme et l'intimité du passé...

Quant au jardin, il fait aujourd'hui l'objet d'un travail de recherche afin de respecter l'esprit de l'artiste.
Un verger conservatoire a permis de retrouver, à l'aide de greffes, de nombreuses variétés disparues de pommiers.
Cette demeure bénéficiant du statut de secteur sauvegardé le long de l'Ille-et-Rance, le service des espaces verts de la Ville a recréé dans le parc une niche écologique, afin de préserver sa biodiversité. Des niches ont été installées pour la nidation des oiseaux. Le jardin n'est pas traité, et des plantes ont été choisies afin d'attirer certaines espèces d'insectes (notamment pour les plantes mellifères). Ce travail se fait en relation directe avec le Muséum National d'Histoire Naturelle, dans le cadre de "l'opération Noé", qui consiste à répertorier toutes les espèces qui se trouvent dans le parc. Le jardin de La Grande Vigne est donc désormais une sorte "d'observatoire" scientifique.
Enfin un travail de sensibilisation à l'écologie auprès des enfants est mené lors de visites scolaires dédiées aux saisons.