Maison d'Artiste de la Grande Vigne à Dinan




Yvonne Jean-Haffen (1895-1993)






Ses techniques : estampe

Après l'apprentissage de la technique de la gravure dans les ateliers parisiens, et suite à sa rencontre avec Mathurin Méheut, Yvonne Jean-Haffen se consacra largement à cette technique, et fut invitée-exposante à la Société de la Gravure sur Bois Originale en 1929.

Elle préféra très vite la gravure sur linoléum, matériau plus souple à travailler, avec lequel elle obtenait des effets semblables.
Elle réalisa plusieurs séries de linogravures pour l'édition. De ses linogravures ressortent de forts aplats de noirs, un graphisme simple et ferme pour des blancs dégagés avec netteté.
En marge de son travail pour la linogravure à imprimer, elle fit quelques essais de panneaux décoratifs, dont la Grande Vigne garde témoignage : trois décors muraux ainsi que le dessus d'une petite table basse de la salle à manger art déco.
En janvier 1925 Mathurin Méheut et Edouard Jean déposèrent conjointement un brevet pour un procédé chimique destiné à économiser du temps et permettre la réalisation de plus grandes surfaces de lino décoré. Le dessin à préserver était couvert de paraffine ou de cire, puis un bain dans un produit caustique rongeait le caoutchouc autour des zones préservées jusqu'à l'apparition du tissu support. Ce procédé pouvait aussi être utilisé pour la préparation de linos destinés à la gravure sur papier. Yvonne Jean-Haffen utilisa donc largement ce nouveau procédé. Le décor qui en résultait pouvait être accroché au mur comme un tableau, ou marouflé sur la surface du mur. Il pouvait aussi, mis à plat, décorer un dessus de meuble.

Pour la lithographie, Yvonne Jean-Haffen semble avoir préféré le noir et blanc et beaucoup plus rarement la couleur. Le fonds de la Grande Vigne conserve plusieurs œuvres tirées en grand format (dont peu d'essais en sanguine). Ce fonds possède, en outre, nombre d'épreuves d'imprimeur se rapportant à l'illustration du livre d'Yves Milon "Fontaines en Bretagne", la plus importante réalisation de l'artiste en matière de lithographie.

Yvonne Jean-Haffen utilisa aussi le monotype pour ses procédés plus directs de coloration.

Enfin, pendant les années Art Déco, elle se servit largement du procédé d'épargne à la glycérine qui lui permettait d'obtenir de beaux effets d'aquatinte en deux ou trois tons.