musée des beaux-arts de Dijon




2000 ans d'art du verre dans les collections




Fabrication et décors

Le verre résulte de la fusion (1440) d'un vitrifiant (silice) d'un fondant (soude) et d'un stabilisant (calcaire). Il a su acquérir par l'adjonction de matières colorantes et par un façonnement recherché, un caractère précieux en diffusant et rétractant la lumière.
L'extrême malléabilité du verre à chaud, les effets de transparence et de couleur n'ont cessé de fasciner les artistes qui sont parvenus à exploiter toutes les fantastiques propriétés de la matière.

Techniques de fabrication
Les dénominations des trois techniques employées dans la fabrication de pièces de verre rappellent les actions à accomplir.

1/ le coulage : cela consiste ainsi simplement à faire couler le verre en fusion dans un moule, puis à démouler l'objet.

2/ le moulage : les flacons de senteurs à décor héraldique, issus de la verrerie royale d'Orléans, constituent la meilleure illustration de la technique du moulage. Les créations de Bernard Perrot (1638-1709) sont ainsi soufflées dans des moules deux pièces.

3/ le soufflage : le soufflage à l'air libre requiert sans aucun doute la plus grande habileté. Le verrier prélève la pâte en fusion (paraison) au bout de sa canne par des mouvements de rotation continus, puis la roule sur le marbre, avant de lui donner une forme de poire en soufflant dans sa canne. Il modèle ensuite l'objet à l'aide d'outils, tout en effectuant des mouvements de moulinets ou balanciers. Le verrier joue sur la transparence (verre translucide ou verre opaque), la coloration naturelle ou bien la teinte née de l'ajout de pigments.


Techniques de décors
La division du répertoire décoratif en deux catégories est suggérée par les possibilités de traitement de la matière en fusion ou à froid. Leur combinaison permet de multiplier indéfiniment les formules.

1/ L'intervention directe sur la matière : les côtes, les spirales et les alvéoles moulées, les craquelures dues à un choc thermique, la taille et la gravure sont obtenues par l'intervention directe sur la matière.

2/ L'apport de matière : les inclusions ("aventurine", filigranes peignés, filigranes simples ou torsinés et "latticinio"), le "millefiori", les applications (pastillage, filets rapportés et éléments décoratifs) et le revêtement (émail, étain et dorure) sont issues d'un apport de matière.