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Tissus coptes



C'est par le mot copte que les Grecs désignaient les habitants de l'Egypte.
Plus largement, ce mot désigne une culture dont la langue et l'écriture sont attestées dès le 2e siècle av JC. Cette culture est surtout connue comme celle d'une chrétienté séparée de l'église byzantine après le concile de Chalcédoine en 451.
En principe, en histoire de l'art, le terme "copte" s'applique aux productions égyptiennes, de l'époque romaine (30 av JC) jusqu'à l'invasion arabe de 640.

Les tissus coptes : ils sont les vestiges privilégiés d'une production répandue sans doute dans tout le monde romain, au moins méditerranéen et moyen-oriental, durant l'Antiquité tardive et le Haut Moyen Age. Ils ont eu la chance de se conserver grâce à la sécheresse du climat égyptien, parfois à l'état fragmentaire.

Utilisation : les tissus retrouvés appartenaient au mobilier des tombes. Ils proviennent souvent des vêtements que portaient les défunts. Les tuniques en toile écrue étaient décorées d'éléments polychromes tissés ou cousus : bandes latérales verticales (clavi), éléments circulaires, carrés ou rectangulaires placés aux épaules ou aux genoux (orbiculi et tabulae), galons, plastrons...
Des textiles d'ameublement ont également été réutilisés pour servir de suaire, de pièces d'emmaillotement ou encore de coussins funéraires...

Fabrication : les tissus coptes qui subsistent sont majoritairement des tapisseries tissées sur métier vertical (haute-lisse) avec des fils de lin écru ou blanchi et de laine aux vives couleurs. D'autres techniques ont été utilisées : comme le sprang (entrelacement et tressage de fils dont le résultat ressemble au tricot ou à la dentelle). Le décor peut aussi être obtenu par broderie ou teinture de type batik laissant certaines zones en réserve.

Décor : les motifs ornant les tissus coptes sont nombreux : personnages (putti, cavaliers...), animaux, végétaux (feuilles ou bordures fleuries), décors géométriques... Si certaines pièces présentent des thèmes et des symboles chrétiens, les tisserands coptes ont largement puisé leur inspiration dans le répertoire décoratif gréco-romain, mythologique ou profane, commun à d'autres artistes comme les mosaïstes.


Texte validé par Viviane Huchard, directrice du musée national du Moyen Age - Thermes de Cluny
D'après LORQUIN Alexandra, Les tissus coptes au musée national du Moyen Age - Thermes de Cluny : catalogue des étoffes égyptiennes de lin et de laine de l'Antiquité tardive aux premiers siècles de l'Islam. Paris, Réunion des musées nationaux, 1992.

Découvrez les tissus coptes du musée ethnographique de l'université Victor Ségalen Bordeaux 2 et ceux de l'Académie des sciences de Californie.