musée du Berry à Bourges




Collections ethnologiques et égyptiennes





Collections ethnologiques : coffre plat

Ce coffre est un travail de menuiserie en bois de chêne. Il présente des assemblages à tenons et mortaises chevillés et des embrèvements ordinaires. Une date, sans doute celle de sa fabrication, "1801", est gravée sur le montant senestre de la façade, à l'intérieur. Sa finition actuelle est cirée. Il est proche, dans sa structure et son décor, d'un coffre originaire d'Henrichemont conservé aujourd'hui au Musée National des Arts et Traditions populaires à Paris (42.90.1).

Ce meuble est arrivé jusqu'à nous dans un état lacunaire puisque le fond actuel n'est pas d'origine. Celui-ci a été réalisé au moment de son achat par le musée en même temps qu'un compartiment de rangement intérieur.

Par ailleurs, le dessus présente une restauration importante, plusieurs ouvertures de joints sont visibles et le meuble a subi en plusieurs endroits des attaques d'insectes xylophages.

Dans l'histoire du mobilier, le coffre apparaît au haut Moyen-âge et se diffuse dans toutes les classes sociales. Il connaît une longévité remarquable puisqu'il n'est supplanté par l'armoire qu'à partir de la fin du 18e siècle.

Le coffre présenté ici est originaire de la région de Baugy, dans le Cher. Les enquêtes ethnographiques menées dans le Berry dans les années 1940-1950 montrent d'ailleurs la persistance de ce type de meuble jusqu'à cette date. Cependant, son utilisation a souvent évolué : il ne sert plus, comme à l'origine, de rangement du linge et des vêtements, mais à celui du grain, lorsqu'il n'est pas remisé dans la grange.

L'intérêt de ce coffre ne réside pas dans son mode de construction, simple, mais plutôt dans son décor. Celui-ci présente en effet des motifs qui le rapprochent du style savant mais aussi de l'art populaire. Ainsi, ses trois traverses inférieures chantournées, le léger galbe des pieds antérieurs, les motifs gravés de la façade, tout en courbes et comportant au centre un rameau, le dessus mouluré sur trois côtés et une entrée de serrure ajourée se rapprochent du style Louis XV. Mais, ce décor est simplement gravé et déborde sur les montants. On note également la présence de rouelles, motif récurent sur le mobilier régional : deux exemplaires aux rayons droits sur la traverse inférieure et deux autres, tournoyants, sur la façade.