musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg




Sculpture romane en Alsace





Eglise de Mutzig

Eglise Saint-Maurice
Les restes de l'église Saint-Maurice de Mutzig (20 km à l'ouest de Strasbourg), démolie en 1879, sont des témoins de l'architecture de la fin du 11e siècle et du milieu du 12e siècle. D'après les relevés et les dessins conservés, l'édifice était une basilique à trois vaisseaux de cinq travées, d'un chœur de plan carré, jouxté de chapelles latérales. Les vaisseaux étaient séparés par deux files de puissantes colonnes datant du milieu du 12e siècle, qui ont été conservées.
Malgré leur grande similitude (base attique massive, fût tronconique d'une pièce, chapiteau cubique sans sculpture), chaque colonne présente de légères différences. Les bases sont de deux types. Les chapiteaux appartiennent au type "cube rhénan", mais se différencient : deux sont à double lobe, six à lobe unique. Sur ces derniers, les motifs géométriques placés aux angles varient.
Le rejet de la sculpture monumentale ainsi que le goût pour la mouluration et les chapiteaux cubiques lisses, ciselés, se retrouvent dans la crypte de la cathédrale de Strasbourg (vers 1150) et à l'abbatiale de Niedermunster.


   

notices

Linteaux de porte
Le l'église de Mutzig proviennent également trois linteaux de porte, témoins de l'évolution de la sculpture romane du méplat de faible relief au moyen relief :
- un linteau orné d'une croix ancrée, flanquée de lis. La croix symbolise le Christ et les lis les arbres du Paradis où le Christ accueille les bienheureux. Thème que l'on retrouve sur le linteau de BergholtZell.
- le linteau en bâtière du portail occidental est orné d'un Agnus Dei en taille d'épargne. Pour une part incomplète, l'inscription qui court sur la bordure semble devoir se transcrire comme suit : (+IIT /// AD)ELBERTUS PRESPITER + CO(N)S(TR)VIT et rappelle la construction par le prêtre Adalbert.
- un bas-relief trapézoïdal figurant le Christ en majesté, assis sur un trône. La dalle était encastrée dans le mur extérieur de l'abside de l'église. Datant du milieu du XIIe siècle, elle marque un progrès dans le rendu du volume et semble appartenir à l'atelier de l'église Sainte-Richarde d'Andlau.