musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg




Sculpture romane en Alsace





Abbaye d'Eschau

Eglise Saint-Trophime
Au 8e siècle, les évêques de Strasbourg fondèrent un couvent de femmes sur l'île d'Eschau à 10 km au sud de Strasbourg. L'église fut placée sous le double patronage de saint Trophisme, évêque d'Arles, et de sainte Sophie.
Détruite dans le premier tiers du 10e siècle, elle fut reconstruite au cours du 11e siècle, période faste du couvent. Le cloître fut démoli en 1298, ce qui marqua le début du déclin du couvent.
L'abbaye fut supprimée en 1526 et les bâtiments servirent de restaurant jusqu'en 1822.
L'église est encore en place et se développe sur un plan basilical à trois vaisseaux avec abside centrale et transept très saillant.




notices

Vestiges du cloître
Des vestiges du cloître ont été retrouvés à l'occasion de fouilles menées par la Société des Monuments historiques d'Alsace en 1866 et 1916-1917. Les éléments les plus intéressants sont les tailloirs traités en faible relief et représentant des scènes de la Nativité et de la vie du Christ, ainsi que des figurations symboliques d'animaux et de plantes. Les inscriptions sur les sommiers se rapportent à des tailloirs disparus représentant des scènes de la Multiplication des pains, de la Résurrection de Lazare, de la Descente aux Limbes et de la Visite des trois Marie au tombeau. Ces tailloirs sont exceptionnels car les tailloirs de cloîtres romans conservés sont rarement décorés.
A cela s'ajoute des fragments de colonnes et des chapiteaux cubiques ornés de palmettes, ainsi que quelques éléments d'architecture et un lavabo liturgique.




Cuve baptismale
Le sculpteur du cloître exécuta également le décor de la cuve baptismale, qui a été malheureusement mutilée lors du bombardement de 1870.
Ce décor n'est pas géométrique comme sur les autres cuves conservées au musée, mais figuratif : sont représentés sur deux registres les épisodes de la vie du Christ, de l'Annonciation à la Pentecôte.
L'ensemble de ces sculptures est dû à un atelier actif vers 1130, qui s'inspire à la fois de l'enluminure, de l'orfèvrerie et du travail de l'ivoire.