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Les
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Historique
Diffusion
Conclusion
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HISTORIQUE
ET COMMANDE DES ALBUMS
Avant même que la photographie ne s'impose,
l'Etat état soucieux de garder trace des Salons. Ainsi, en 1857,
il a passé commande de " soixante-quinze exemplaires, à
quarante francs l'un d'une collection de vingt planches gravées
et lithographiées, formant l'Album du Salon [
], publiées
par M. Laroche, éditeur " .
En ce qui concerne les albums photographiques,
ceux de Michelez ne sont pas les premiers à être réalisés
et achetés par l'Etat. Dès 1851 les salles d'exposition
des Salons sont photographiées par Le Gray, Bingham, Richebourg
et Michelez
. Cependant, on ne trouve trace, aux Archives nationales, que d'un dossier
d'achat à Richebourg
pour un album représentant " les principaux tableaux exposés
au Salon " de 1861. Les uvres y sont reproduites " groupé[e]s
selon les panneaux où [elles] se trouvaient placé[e]s ".
Le photographe propose son album au service des Beaux-Arts dans un courrier
du 27 juin 1862. Il présente l'intérêt que pourrait
avoir l'Etat à conserver le " souvenir de l'exposition de
peinture ". Le chef de la division des Beaux-Arts, H. Courmont propose
alors au ministre l'achat de cet album " fort intéressant
[
] de nature à pouvoir être consulté par l'Administration
et [qui] lui serait très utile dans beaucoup de circonstances ".
Il a un argument supplémentaire, particulièrement convainquant,
il précise : " la liquidation de l'exposition de 1861 a produit
un disponible de 10039 francs 12. On propose à son excellence d'affecter
partie de ce disponible soit une somme de 1800 francs à l'achat
de 10 exemplaires [
] ". L'achat est approuvé et l'Etat
prend livraison en mars 1863 de dix exemplaires de l'album, composé
de quarante-deux épreuves au prix de 180 francs l'un .
Les commandes à l'époque du Secrétariat
des Beaux-Arts, de 1864 à 1880.
Le premier achat d'un " Album des Salons "
date de 1864.
Les sources aux Archives nationales relatives à ces albums, pour
la période de 1864 à 1880, sont essentiellement issues de
la sous-série F/21 Beaux-Arts. On les trouve dans les dossiers
relatifs à l'organisation des Salons
et dans les dossiers de " commandes et achats d'uvres d'art
"
et de " travaux et fournitures diverses " .
Ces dossiers contiennent les mémoires du photographe chargé
du travail, ses échanges avec Frédéric Buon - inspecteur
adjoint puis inspecteur des Beaux-Arts chargé de l'organisation
des Salons - et les échanges de Buon avec son administration. Seuls
les albums des années 1873, 1875 et 1876 ne sont pas renseignés.
Le premier achat d'un album de photographies est donc fait au photographe
Michelez pour le Salon de 1864. Le dossier relatif à l'organisation
de ce Salon contient
une note de Buon - 27 juillet 1864 - proposant l'achat de l'album au directeur
des Beaux-Arts et lui demandant ses intentions afin de pouvoir donner
des instructions à Michelez. Dans une autre note, Buon indique
le prix de réalisation de l'album. Il précise que Michelez
fait un effort - et le signale - en pratiquant des prix peu élevés
par rapport à ses tarifs habituels (30 à 35 francs pour
des clichés plus petits et 4 francs par épreuve).
Le dossier d'achat de
l'album vient compléter ces premières informations. Y figure
la minute de l'arrêté d'acquisition de l'album du 24 décembre
1864 ainsi que le mémoire de Michelez du 30 décembre 1864
d'un montant de 2016 francs, pour 28 clichés et 14 collections
de 28 épreuves, la minute d'un certificat de livraison du travail
du photographe du 30 décembre 1864 et la minute d'une lettre de
l'administration à Michelez lui annonçant la décision
d'achat, le travail restant à livrer.
Dès 1864, nous avons donc des informations très précises
sur les commandes des albums. Le prix des travaux est de 30 francs le
cliché et 3 francs l'épreuve. On remarquera que l'Etat s'assure,
dès la première commande, l'exclusivité de la diffusion
de ces photographies en achetant les clichés en plus des épreuves.
La réalisation des reliures est parfois assurée par Michelez
(1865, 1866, 1872, 1874
). Mais il arrive aussi que l'administration
confie directement le travail à un relieur, par exemple, en 1867
et 1869, à la maison Kaufmann .
Quant aux travaux d'impression, c'est l'imprimerie Vinchon qui réalise
les légendes des planches photographiques pour
un montant de 91 francs en 1867. La page de titre était, elle,
réalisée par l'Imprimerie nationale.
Les mémoires de Michelez mentionnent aussi parfois le prix de la
caisse pour les albums et de la boîte pour conserver les clichés .
Les prix pratiqués par Michelez, en particulier en ce qui concerne
les clichés et les tirages, ne changeront pas jusqu'en 1879. L'élément
variable dans le montant de la commande est donc lié au nombre
de collections commandées. On passe en effet de quatorze collections
en 1864 à dix en 1880, dernière commande renseignée,
et, entre ces deux dates, le nombre d'albums commandés varie de
cinq à douze .
A la différence de l'album de Richebourg
qui était considéré comme un souvenir du Salon de
1861, montrant l'ensemble des uvres telles qu'elles étaient
présentées, les prises de vues de Michelez, elles, concernent
exclusivement les uvres d'art acquises par l'Etat et surtout, elles
sont réalisées sous la direction et selon l'organisation
de Buon. De plus, dans ses albums, les planches photographiques sont classées
: les peintures d'abord, puis les vues du jardin, qui présentent
globalement les sculptures, plus tard ces dernières seront photographiées
par groupe de cinq ou six uvres. Les années suivantes, les
uvres récompensées seront présentées
en premières pages. Parfois on trouve aussi des " sous-parties
" présentant les uvres destinées au Musée
du Luxembourg, ou bien les uvres achetées par l'Empereur
.
Richebourg lui-même suggérait, dès 1862, de réaliser
les prises de vues selon une classification à déterminer
par l'administration .
Et c'est ce qu'a fait Buon avec Michelez, transformant ainsi l'album "
souvenir " en un outil de travail. L'administration avec, d'une part,
les dossiers des commandes et achat d'uvres d'art et, d'autre part,
ces albums photographiques, s'est donc constitué une sorte de base
de données illustrée avant l'heure, un outil particulièrement
efficace, dont les fonctionnaires du service des Beaux-Arts font régulièrement
usage, lorsqu'à l'occasion d'une proposition d'achat ou de la sollicitation
d'un artiste, ils annotent le document concerné, indiquant les
uvres précédemment achetées à cet artiste,
la date, le prix.
Les sources relatives aux Salons après 1880.
L'année 1880 marque un changement considérable
dans les sources. En effet, après 1879 on ne trouve pratiquement
plus de documents relatifs à l'organisation matérielle des
Salons et aux achats des albums
Plusieurs raisons à cela : tout d'abord, à partir de cette
date, les Salons ne sont plus organisés par l'administration des
Beaux-Arts, mais par la Société des Artistes Français.
De plus, Frédéric Buon, l'inspecteur des Beaux-Arts chargé
de l'organisation des Salons depuis 1864, est remplacé par Lafenestre,
inspecteur des Beaux-Arts, commissaire général des Expositions.
Et enfin, l'organisation du service des Beaux-Arts connaît des modifications
importantes dans les années 80, il est rattaché dans sa
totalité au ministère de l'Instruction publique.
Le dépouillement des archives de la Société des Artistes
Français n'a
permis de trouver trace ni de la commande, ni de la réalisation
d'aucun des albums. La photographie des uvres acquises par l'Etat
semble être devenue systématique, à tel point qu'il
ne paraît pas utile aux responsables des Expositions d'en garder
trace. En effet, aucune mention ne figure dans les dossiers de commande
et achat d'uvres d'art. Seule subsiste, dans les rares documents
comptables de la série F/21, la mention d'un paiement de 724 francs
pour la fourniture d'un album de photographies à Mercier en 1901 et
dans les dossiers d'organisation des Salons ,
quatre documents qu'il est important de citer :
- une liste des destinataires des albums datée de 1880 ,
- une note du commissariat général des Expositions du 21
juillet 1882 indiquant " on est en train de photographier nos acquisitions
" ,
- un dossier d'achat de photographies à Louis Mercier pour l'année
1903 ,
- et enfin, pour 1912, une demande d'autorisation de reproduction des
uvres " commandées ou acquises par l'Etat aux différents
Salons " émanant de la maison Fiorillo, éditeur-photographe .
Ces deux derniers dossiers sont intéressants
à deux titres : tout d'abord en ce qui concerne les auteurs des
photographies. Les albums étaient signés du nom d'un unique
photographe, et plus tardivement, on a vu apparaître, sur les photographies
uniquement, la signature d'autres photographes tels que Hôpital,
Sylvestre, Fiorillo,
Dans ce dossier, l'administration reconnaît
l'intervention d'un photographe autre que Mercier, rédacteur de
la facture. En effet, l'inspecteur des Beaux-Arts chargé des Expositions
fait parvenir la facture de Mercier à la Direction des Beaux-Arts
accompagnée d'une note qui mentionne des photographies faites par
Mercié [Mercier] mais aussi " 41 clichés à 7
francs par cliché avec livraison de 2 épreuves pour des
ouvrages non photographiés par Mercié ". De plus, on
voit le deuxième photographe qui prend lui-même contact avec
l'administration des Beaux-Arts, lui demandant l'autorisation de "
photographier les uvres acquises par l'Etat aux Salons ".
Enfin, l'autre aspect intéressant de ces dossiers concerne le devenir
de ces commandes. Le dernier album connu, réalisé par Mercier,
date de 1901. On voit donc qu'en 1903 et encore en 1912 l'administration
des Beaux-Arts commande et achète les épreuves et les clichés
des uvres acquises par l'Etat aux diverses expositions. Ces photographies
ne sont pas actuellement localisées avec certitude. La documentation
du musée d'Orsay conserve des reproductions de photographies identifiées
comme étant des photographies des uvres exposées aux
Salons et acquises par l'Etat pour les années 1902 à 1912.
Les épreuves originales n'ont pour l'instant pas été
localisées, mais la bibliothèque de l'Ecole nationale supérieure
des Beaux-arts conserve des photographies, non classées et non
identifiées, qui pourraient bien être ces originaux.
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