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LES AUTEURS DES ALBUMS
Le nom des auteurs photographes figurent, selon
les années, soit sur et dans les albums eux-mêmes, soit sur
les documents d'archives relatifs à l'organisation des Salons.
Si l'on se fie à ces informations, on peut dire que Charles Louis
Michelez a réalisé les albums des années 1864 à
1895 et Louis Mercier ceux des années 1896 à 1901.
En fait les choses ne sont pas aussi simples.
Les premiers albums (1864 à 1870) ne portent aucune mention d'auteur,
leur identification ne se fait, avec certitude, qu'à l'aide des
documents d'archives. A deux exceptions près pour les albums des
années 1865 et 1866 dont la couverture, ornée d'un titre
en lettres d'or, porte, entre autre, le nom du photographe : " uvres
d'art exposées au Salon de 1865 [ou 1866], acquises ou commandées
par le ministère de la maison de l'Empereur et des Beaux-Arts,
photographiées par Charles Michelez " .
C'est Michelez lui-même qui s'est chargé de faire réaliser
ces reliures. Les deux années suivantes, l'administration des Beaux-Arts
confie la réalisation de la reliure à la maison Kaufman,
laquelle, peu soucieuse de la renommée du photographe, ne mentionne
même pas le nom de Michelez.
A partir de 1870, Michelez se charge de nouveau de la reliure, son nom
réapparaît, plus discrètement, sur le dos de l'album
: " Photographié par Michelez ". Dès lors, tous
les albums portent cette mention, avec quelques variantes : tout d'abord
" Michelez ", puis " G. Michelez ", " C. Michelez
" et enfin de nouveau " G. Michelez "
. Cette dernière inscription réapparaît en 1901, alors
que le photographe Louis Mercier est chargé de la réalisation
des albums depuis cinq ans !
Ces mentions diverses sont problématiques. Tout d'abord en ce qui
concerne les dates. Charles Louis Michelez est mort en mai 1894. La réalisation
des albums (effectuée, en général, l'été
suivant l'exposition) de 1894, 1895 et plus encore 1901 ne peut donc être
attribuée à Michelez.
Autre source de confusion concernant Michelez : la présence de
l'initiale précédent le nom du photographe, dix-huit albums
sur vingt-six portent l'initiale G. Or, aucune commande n'est faite à
G. Michelez, mais soit à Michelez , soit à C. ou Charles
Michelez. Par exemple, pour l'année 1874, l'initiale portée
sur l'album est G. alors que la commande, conservée dans la série
F/21 est bien adressé à C. Michelez .
On peut difficilement envisager que le fils Michelez, Georges Louis, ait
pris la suite de son père car il n'avait alors que 14 ans. Ces
passages successifs du C. au G. sont assez inexplicables. Une autre source
nous confirme dans ce doute : l'Almanach du Commerce, de 1851 à
1896, présente C ou Ch. Michelez, comme le " photographe de
l'administration des Beaux-Arts, attachés aux expositions annuelles
de peintures " , mais jamais aucun G. Michelez .
Les feuilles des albums eux-mêmes ne nous apportent pas d'informations
supplémentaires. Elles portent parfois la marque du photographe.
L'album de 1865 porte l'estampille marquée avec un cachet : "
C. Michelez, Paris, 45 ave Jacob " sur tous les folios de l'album.
Après 1870 un cartel : " Michelez, photographe " ou "
Michelez, photographe, avenue Vavin ", est collé sur certaines
feuilles de l'album. A partir de 1885, ces marques disparaissent. Il ne
reste plus pour identifier le photographe que son nom sur le dos de l'album.
Sans doute doit-on donc voir plutôt dans ces confusions de dates
et d'initiales, des erreurs du relieur graveur qui réalise les
albums ou du commanditaire.
Le deuxième auteur des albums, successeur
de Michelez, est Louis Mercier. Le dos des albums portent la mention "
Photographies par L. Mercier " dès 1896 .
Seuls deux documents d'archives confirment les commandes de l'Etat à
Mercier pour la réalisation d'albums ou simplement de photographies
en 1901 et 1903 .
Ce photographe n'est pas vraiment mieux connu que son prédécesseur.
Il est l'auteur de la fameuse photographie du déraillement du train
de la gare Montparnasse en 1895. Il figure dans l'Almanach du Commerce
et de l'Industrie dès 1891, il y est présenté en
1895 comme successeur de Dumeteau et en 1898 comme " Photographe
de l'Etat aux Salons annuels ". Il a racheté les fonds de
plusieurs photographes spécialisés dans la reproduction
d'uvres d'art, dont celui de Michelez. Ses papier à en-tête,
facture et courrier confirment et précisent ces quelques informations,
il s'intitule : " photographe de l'Etat aux Salons annuels "
ou " L. Mercier anciennes maisons Moretti - Forterre - Dumeteau -
Michelez réunies " .
Lorsqu'en 1887 la présentation des planches photographiques change,
le nom du photographe apparaît sur les photographies elles-mêmes.
Le texte - nom de l'artiste, titre de son uvre et nom du photographe
- est superposé à l'image. C'est alors que de nouveaux noms
de photographes apparaissent : dès 1887, puis en 1888 et 1895 certaines
photographies sont signées des noms ou initiales suivantes : "
B. K., Edit. Paris " ,
" Hopital pho " ,
" Silvestre & Cie, 97 rue Oberkampf "
ou encore " G.D. " .
Les albums Mercier confirment la présence de deux intervenants
au moins. Dans l'album de 1896 les photographies sont pratiquement toutes
signées, soit " L.M " pour Louis Mercier, soit "
(E.F. ) Phot " pour Fiorillo. Plus anecdotique est l'apparition fortuite,
sur quelques épreuves, du cachet inversé de Fiorillo : "
A l'Arc de Triomphe, 7 avenue Mac Mahon, Phot. E. Fiorillo " soit
par transparence de l'épreuve, soit à la suite de l'empilement
des épreuves après qu'elles ont été tamponnées
.
Les albums des années 1898 et 1899 confirment la collaboration
Mercier / Fiorillo. On constate cependant que les épreuves signées
Mercier sont majoritaires . Quant à Fiorillo, on remarquera qu'il intervient essentiellement sur
les sculptures. Les photographies de l'album de 1897 ne sont signées
que par L. Mercier ou sans signature. Enfin, les photographies des albums
de 1900 et 1901 ne comportent pas de signature. Mais dans certains albums,
sur plusieurs photographies, la mention du nom de l'artiste, le titre
de l'uvre et les initiales du photographe sont coupés partiellement,
il se peut donc qu'il y ait d'autres épreuves où ces informations
soient totalement coupées, ne permettant aucune identification
de leur auteur.
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