La villa gallo-romaine de Montcaret

 
Montcaret est une petite commune rurale de la basse vallée de la Dordogne, sise dans le département du même nom (au Sud Ouest), à mi chemin entre Sainte-Foy-la-grande et Castillon-la-bataille. C'est là qu'ont été découverts et mis à jour les vestiges d'une villa gallo-romaine à côté de l'église St-Pierre..
En effet, la position sur une voie antique supposée entre Bordeaux et Périgueux (passage aux lieux-dits Grand Chemin, Tête-noire, l'Hirondelle), mais aussi au débouché d'un axe secondaire Nord-Sud, nommé chemin de l'Espéric (en direction de l'Espagne ?), a sans doute contribué à fixer ici un habitat


Eglise St- Pierre de Montcaret et les ruines gallo-romaines qui l'entourent

 

Historique de la découverte de la villa gallo-romaine

L'abbé Delpeyrat, curé de Montcaret (1867-1876) et archéologue amateur, ambitionna d'écrire une chronique de sa paroisse. Il savait, en effet, qu'en 1827, au moment de construire un lavoir près de l'église St Pierre, les maçons avaient rencontré des substructions et un parquet mosaïqué, reconnus "antiques", qu'ils utilisèrent comme paroi et fonds du lavoir.
Delpeyrat avait également noté diverses trouvailles archéologiques faites fortuitement dans le bourg. Le reste des renseignements lui fut fourni par les innombrables archives (provenant de châteaux et de maisons bourgeoises) qu'il amassait pêle-mêle dans son bureau.
Pierre Martial Tauziac (1866-1941), enfant de chœur et voisin de la cure, devint le "collaborateur" du savant ecclésiastique. Celui-ci lui communiqua sa fièvre archéologique. Mais, Delpeyrat nommé curé de Carsac dut partir, non sans laisser un ouvrage de synthèse très documenté sur la paroisse de Montcaret (déposé plus tard à l'Evêché). Il prit également soin de faire admettre son disciple, alors âgé de treize ans, à la Société archéologique de Périgueux.
Après le départ de l'abbé, Tauziac continua les recherches, accumulant informations et preuves matérielles. Il se fit connaître comme collectionneur, et obtint peu à peu qu'on lui apportât tous les objets trouvés dans un rayon de quatre kilomètres. Il put ainsi commencer à se constituer une collection importante, collection qui lui permit, en outre, d'accumuler des connaissances étoffées sur le passé de Montcaret. Or, en 1884, Tauziac opta pour une carrière militaire, et quitta la région.


Pierre Martial Tauziac (1866 -1941)

 

Il revint s'installer à Montcaret en 1898, après s'être marié et avoir démissionné de l'armée. Il reprit alors activement ses recherches archéologiques. Il entreprit de longues démarches afin d'obtenir la désaffection du cimetière situé en plein bourg qu'il savait receler tant de secrets. Mais ce n'est qu'en 1920, qu'il obtint satisfaction. Des fouilles méthodiques purent alors avoir lieu.


1920 : les premières fouilles méthodiques organisées à Montcaret

La même année, Jules Formigé, inspecteur général des Beaux Arts, venu en visite privée sur le site du Canet près de Sainte-Foy-la-Grande (à 20 km), fut informé de l'activité archéologique de Pierre Martial Tauziac, et amené à le rencontrer. Il fut émerveillé par le travail effectué et par la valeur des indices découverts. Dès lors, il fit prendre en charge par l'Etat les travaux de déblaiement nécessaires, et lui dégagea un crédit de 5000 francs pour procéder à des sondages dans l'ancien cimetière. A cette date, Pierre Martial Tauziac est alors officiellement chargé de l'exécution des fouilles, sous l'autorité de Jules Formigé et de M. Dannery, architecte départemental, puis de son successeur M. Cocula. Les photographies ci-dessous illustrent cette période de l'histoire de Montcaret : on y aperçoit même Pierre Martial Tauziac en blouse blanche.

Par arrêté du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, Direction des Beaux-Arts et Monuments Historiques, "les ruines gallo-romaines et les objets mobiliers découverts sur le sol de la place de l'église de Montcaret (Dordogne) sont classés parmi les Monuments Historiques", le 5 mars 1926. En effet, l'ensemble de ces travaux et les nombreux vestiges recueillis ont permis d'établir l'existence de plusieurs périodes distinctes d'occupation à l'époque gallo-romaine, aux temps mérovingiens et médiévaux. Outre l'altération des ruines, c'est ce qui explique la complexité du site.

 

page suivante