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Le commanditaire s'est engagé à régler le solde de la somme convenue, lorsque l'uvre est terminée, approuvée, et installée. Le versement fait, l'acte est cancellé : le notaire le barre d'un ou de plusieurs traits de plume et note la date du jour, pour prouver que l'objet du contrat est accompli. Une lecture attentive des documents montre d'une part que la cancellation intervient, assez souvent, plus tard que le terme imposé au peintre, d'autre part que le responsable de ce décalage est le commanditaire, incapable de disposer à temps du montant nécessaire.
De nombreux exemples le prouvent : choisissons celui du retable de saint Joseph, commandé en 1512 par les fustiers de Marseille aux deux peintres Antoine Ronzen et Antoine Bréa. Le contrat conclu le 8 octobre prévoyait, en sus des trois versements habituels, un dernier paiement, représentant la totalité des sommes encore dues, à effectuer dans un délai d'un an après l'achèvement. Les trois premières échéances ont été respectées, le 8 novembre 1512, 14 avril et 15 septembre 1513. Un an plus tard, le 8 septembre 1514, la confrérie ne peut donner aux peintres que 22 florins ; les 17 florins manquants ne seront réglés, et l'acte cancellé, que le 22 décembre 1516.
Dans des cas beaucoup moins nombreux, la défaillance peut être le fait du peintre. C'est alors, la ou les personnes que lui-même avait désignées, lors de la commande, comme caution ou garant, qui doivent intervenir. Les individus acceptant cette responsabilité exercent des métiers très variés ; ce sont souvent des artisans, sans nul doute honorablement connus sur la place ; certains sont des compatriotes du peintre, vraisemblablement installés dans la ville depuis plus longtemps que lui. On remarque que quelques peintres, tel Gilles Garcin à Avignon à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, ont plusieurs fois rendu ce service à un collègue de travail.
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