Retables de Provence

Initiative de la commande Travail du menuisier Choix du peintre Technique du peintre Mise en place Parti pris


Destiné à servir de support à la dévotion collective, un retable est toujours situé dans un lieu de culte, église ou chapelle. L'origine du mot renvoie à sa fonction liturgique et à son emplacement (retro tabula) : il surmonte l'autel, en arrière de sa table, sur laquelle le prêtre célèbre la messe.
Missel de la Bibliothèque Nationale
Cette table, peut elle aussi, être peinte : le devant d'autel de Saint-Maximin constitue un témoignage de ce type de mobilier liturgique, ailleurs disparu.
Le retable garnit d'abord le maître-autel, dans le chœur, mais aussi les autels secondaires dans les chapelles latérales. Le développement des confréries et des chapellenies contribuant à multiplier les lieux de célébration, des autels munis d'un retable ont pu être ajoutés contre un pilier, contre les piédroits de l'arc triomphal, contre le jubé. La structure du retable peut être plus ou moins monumentale, plus ou moins compartimentée. Les matériaux qui le composent peuvent varier : bois ou pierre pour le support, dorure, plate-peinture ou polychromie de la sculpture.
Table d'autel de la basilique de Saint-Maximin
La Provence constitue un bon terrain d'étude de cette succession d'opérations, grâce à la conservation d'une part d'œuvres ou de morceaux d'œuvres peintes, d'autre part d'un grand nombre de documents d'archives relatifs à la commande. [ Archives ]
La réalisation d'un retable fait l'objet d'un processus bien établi, lié autant à des mentalités et des comportements qu'à des contraintes techniques et matérielles qui scandent les différentes étapes de la fabrication.
Parmi les œuvres subsistantes, il en a été choisi environ trente-cinq, toutes encore situées dans leur cadre naturel : celui d'un édifice du culte - à l'exclusion donc des œuvres de musée. [ Carte ]
Alors que les travaux publiés ont souvent tracé une frontière entre Provence orientale et occidentale, on a ici délibérément pris le parti d'embrasser l'ensemble de la région.[ Carte ]
Les œuvres retenues datent de la période 1440-1530, les historiens considérant désormais que les trois premières décennies du XVIe siècle appartiennent encore au "bas Moyen Age".
La problématique du retable exclut de s'intéresser ici aux œuvres de petit format, portatives, destinées à la dévotion privée et mues par d'autres motivations même si les stades de la réalisation sont similaires.

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