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Sur l'enduit lisse, le peintre met en place sa composition d'une manière assez poussée. Le dessin (1) ne délimite pas seulement les silhouettes, mais précise les traits des visages, les plis des vêtements, les contours des accessoires comme le pot de Marie-Madeleine et la ceinture de Jean-Baptiste sur le polyptyque de Bouyon. Parfois il sépare les mèches de cheveux et marque les ombres par des hachures.
Les visages inachevés du retable du Parlement d'Aix-en-Provence, au début du XVIe siècle, sont tracés au pinceau fin trempé dans une peinture brune (2) (3). Sur d'autres uvres, on voit transparaître un dessin exécuté à la mine de plomb ou bien de couleur bleu foncé.
Sur le turban du saint Roch du triptyque de Tarascon, se lisent à droite les hachures (4) destinées à suggérer la rotondité de la tête. Assez sommaire, ce procédé diffère de celui qui sera utilisé lors de la mise en couleur : le ton rouge indique la profondeur des plis tandis que le jaune domine dans les parties en pleine lumière.
Lorsque le dessin, de forme géométrique, peut bénéficier de l'aide d'un instrument, il est alors fait à la pointe métallique (5), qui mord légèrement l'enduit. De tels tracés en creux sont visibles sur le triptyque de la cathédrale de Carpentras, pour les médaillons circulaires de la partie haute, incisés par un compas.
La transposition du panneau de l'église de Venasque, daté 1498, a permis d'atteindre le dessin sous-jacent (6) (7) (8) et de révéler des tracés et un réseau serré de hachures, à la couleur brune, poussant loin les détails et les effets d'ombre et de lumière. Trois personnages bien conservés, le Christ, le bon larron et saint Siffrein ont pu être sauvegardés.
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