Retables de Provence

Initiative de la commande Travail du menuisier Choix du peintre Technique du peintre Mise en place Parti pris

Les commanditaires

Les motivations

Les conditions

Les divers intervenants

La représentation du donateur

Retable
Initiative de la commande
Les conditions



Parce que le commanditaire veut participer à la vie liturgique et dévotionnelle de son église paroissiale, ou de la chapelle de sa confrérie ou de sa famille, il sait dès la conception du retable à quel lieu il le destine. A l'intérieur de cet édifice l'emplacement précis de la structure de bois est lui aussi parfaitement prévu, au point que les dimensions sont tributaires de ce cadre architectural. Dans plusieurs contrats, il est précisé que le retable aura la même largeur que l'autel qu'il doit surmonter. La hauteur d'un autre, à Avignon en 1452, est fixée par rapport à la fenêtre qui le surplombe. [ Archives ]

Pour s'assurer que le peintre a bien compris ce qu'il est attendu de lui, il lui est parfois demandé ou remis un croquis d'ensemble, appelé " portrait " (pertracht ou portracht dans les textes en provençal). Bien que mentionnés dans les contrats, ces dessins sur feuille volante n'ont pas été reliés dans les registres des notaires, et aucun n'est conservé pour la période envisagée ici. Il n'est donc pas possible de savoir le degré de précision de ces croquis.

Les frais de la réalisation d'un retable se répartissent sur un éventail très large, et il est impossible d'avancer un prix moyen. Il est également très difficile de calculer la valeur relative d'un retable, par rapport à d'autres éléments du coût de la vie de l'époque (grains, bétail, loyers...) ou même par rapport à une autre œuvre peinte, car plusieurs monnaies ont cours et l'unité de compte n'est pas souvent la même.

Un simple triptyque est accessible à beaucoup de bourses. La plupart des commanditaires privés, des communautés religieuses, s'en contentent. Mais, en fonction des dimensions et de la cherté de certains matériaux (feuilles d'or, pigments de meilleure qualité...) le coût d'une même forme peut être décuplé.

La dépense d'un grand polyptyque est toujours supportée collectivement. L'exemple des confréries marseillaises le montre de manière éclatante. Elles pratiquent le système de la " boîte " (boysola à Nice) : une tirelire recueille les offrandes des confrères, les plus minimes soient-elles, en fin d'année on compte les piécettes, pour les verser au peintre, et celui-ci se contente de ces paiements échelonnés, disparates et sans garantie, jusqu'à ce que soit atteinte la somme convenue.[ Archives ]

D'autres manières de s'associer, parfois très modestement, à l'initiative collective, sont perceptibles. Ainsi, à Grasse en 1504, un habitant lègue trois setiers de grains pour participer au coût du retable de l'Annonciation de l'église de Châteauneuf-de-Grasse.

Des paiements en nature, en particulier sous forme de vin ou de denrées alimentaires, sont parfois faits directement au peintre, et viennent en déduction de la somme que le peintre était en droit de demander pour son travail.

Les paiements sont échelonnés et dans la grande majorité des cas, les contrats prévoient trois versements. Le premier est délivré dès la signature de l'acte, pour que le peintre puisse acheter les matériaux nécessaires. Le second a lieu en milieu d'ouvrage, ou bien lorsque telle étape de la réalisation (la pose des blancs, la dorure...) est achevée. Le dernier est réglé une fois le retable terminé et livré. Des paiements plus rapprochés, aboutissant à une véritable mensualisation du peintre, ne sont pratiqués qu'à la fin de la période, et restent exceptionnels.

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