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La lecture est la pratique culturelle la plus ancienne et la plus représentée dans les établissements de santé. La convention de partenariat « Culture à l'hôpital », signée en 1999 par les ministres en charge de la Culture et de la Santé, a fixé pour la première fois des orientations nationales en énonçant des recommandations spécifiques pour les bibliothèques hospitalières (voir ci-dessous : "le développement de la lecture dans les établissements de santé").
Pourtant le secteur du livre paraît encore en retrait à l'hôpital par rapport à d'autres secteurs culturels.C'est pourquoi en 2007 les partenaires ont souhaité réaliser un état des lieux permettant d'identifier les axes de développement d'une offre de lecture de qualité.
janvier 2007
Résultats de l'étude menée par
la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins
(ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports) en
partenariat avec la direction du livre et de la lecture (ministère de la
Culture et de la Communication), sur les activités des
bibliothèques et les animations culturelles autour de la lecture dans
les établissements de santé. Létude s'est
appuyée d'une part sur une enquête renseignée par 568
établissements et d'autre part sur des entretiens menés
auprès des professionnels et bénévoles concernés
par les activités autour de la lecture ou de lécriture, et
auprès de 120 patients ou résidents.
Le rapport
détude est accompagné dun livret de recommandations
élaboré par les deux ministères, intitulé
"Faire vivre la lecture à l'hôpital". Ce document
a pour objet de proposer aux professionnels des établissements
hospitaliers des recommandations pour une offre de lecture de qualité.
Celles-ci ont vocation à favoriser la mise en uvre à
lhôpital dactions concrètes autour de la lecture, qui
répondent davantage et sans nécessairement beaucoup de moyens aux
besoins et attentes des usagers.
Le rapport d'étude
Le livret de
recommandations
Lettre aux
DRAC et ARH
Le texte suivant, extrait de la convention du 4 mai 1999, a pour objet le fonctionnement des bibliothèques dans les établissements de santé ; il se propose de définir un cadre favorable au développement des bibliothèques et de la lecture, et de répondre aux besoins culturels en milieu hospitalier.
Le développement de la lecture dans les établissements de santé
Etat des lieux
Une étude,
réalisée en 1992 par les ministères chargés de la
santé et de la culture, avec l'aide de la Fondation de France, fait
apparaître que, sur les 862 hôpitaux qui ont répondu
à l'enquête, 711 déclarent comporter une
bibliothèque. On dénombre 82 points-lecture dans des centres
hospitaliers universitaires, 297 dans des centres hospitaliers, 130 dans des
hôpitaux locaux, 1165 dans des centres spécialisés en
psychiatrie, 157 dans des unités de soins de suite ou de
réadaptation et de longue durée.
L'étude fait également état de problèmes et de disparités selon les endroits : l'offre de lecture peut se présenter, par exemple, sous la forme d'une bibliothèque structurée, ou d'un dépôt de livres assuré par une bibliothèque publique (desservi par un bibliobus) :
- le volume des fonds va de 1 045 à 7 360 ouvrages, anciens et mal renouvelés, et d'origine variable ;
- certaines des bibliothèques sont ouvertes à la fois aux malades et au personnel hospitalier ;
- elles occupent des locaux allant de la simple armoire (le plus souvent) à la véritable médiathèque, et ne sont pas toutes accessibles du fait de leur exiguïté ;
- l'accès direct aux documents est loin d'être la règle ;
- le partenariat avec des structures extérieures reste rare, en particulier avec le réseau de lecture publique, à l'exception de quelques cas de partenariat avec la bibliothèque municipale ;
- le personnel est presque toujours bénévole et souvent insuffisamment formé ;
- le projet d'une bibliothèque est rarement prévu lors des travaux de réaménagement, et guère plus lors de la construction d'un établissement.
Publics concernés
Une bibliothèque
d'hôpital peut servir tous les types de publics. Elle peut notamment
offrir aux non-lecteurs l'opportunité d'un premier contact avec le livre
ou l'occasion d'un retour à la lecture.
A titre d'exemples, dans les services de maternité, les nouveaux parents découvrent les livres pour les tout-petits et l'importance de l'accès au livre dès le plus jeune âge ; ils trouvent également des ouvrages sur la pédagogie, l'éducation et la santé.
En pédiatrie, les enfants et leurs parents peuvent explorer toute la richesse de l'édition pour la jeunesse.
En gériatrie, le livre constitue un lien avec la vie sociale et l'extérieur. Il est facteur de mémorisation et d'intérêts renouvelés.
En psychiatrie, le livre est l'occasion d'ouverture et d'échanges.
En tout état de cause, l'offre de lecture doit tenir compte d'éléments particuliers comme la fatigue, l'immobilisation, la malvoyance, ou encore les langues étrangères.
La bibliothèque d'hôpital peut également être accessible au personnel de l'hôpital : l'étude de 1992 fait apparaître que la moitié des bibliothèques d'hôpitaux sont fréquentées conjointement par les malades et le personnel qui y trouvent l'occasion d'échanges et de rencontres fructueux.
Modalités de création et de fonctionnement d'une bibliothèque
a) Principes généraux. Il est souhaitable qu'un projet de bibliothèque à l'hôpital fasse l'objet d'une convention entre l'établissement de santé, la commune ou le département, la direction régionale des affaires culturelles (Drac) et une association (lorsqu'il en existe), afin de fixer les objectifs et les moyens respectifs de chaque partenaire.
C'est cette convention qui définira notamment les relations entre la bibliothèque de l'hôpital et la bibliothèque publique (municipale ou départementale) : aide logistique lors de la création, formation initiale et continue du personnel, dépôt de livres, organisation commune d'animations,
Le partenaire naturel de la bibliothèque de l'hôpital est la bibliothèque municipale ou, à défaut, la bibliothèque départementale de prêt lorsque l'hôpital est situé en zone rurale ou dans une commune dépourvue de bibliothèque municipale.
La création et le fonctionnement d'une bibliothèque à l'hôpital relèvent de la compétence des établissements de santé. Les collectivités territoriales peuvent y contribuer. Le ministère de la Culture (Drac) est en mesure d'intervenir dans les domaines de la formation du personnel et de la réalisation d'animations ; une aide aux acquisitions d'ouvrages peut être accordée par le Centre national du livre. La création d'une bibliothèque à l'hôpital peut être l'une des dispositions prévues dans un contrat " ville-lecture ".
Le libre accès aux collections doit être la règle, le choix des ouvrages sur liste ne devant constituer qu'une exception justifiée par une contrainte spécifique.
b) Les locaux. Emplacement : la bibliothèque doit disposer de locaux spécifiques, repérables et aisément accessibles aux malades, en tenant compte des divers degrés de mobilité.
Si l'architecture est pavillonnaire, il convient de rechercher autant que possible une situation centrale. De petits dépôts régulièrement renouvelés peuvent être placés dans les pavillons les plus éloignés.
On prévoira aussi un chariot d'ouvrages, indispensable complément à la bibliothèque en libre accès, permettant au malade immobilisé de choisir lui aussi les ouvrages.
Superficie : à titre indicatif, les recommandations de l'International Federation of Library Association (IFLA) sont une superficie minimale de 28 m² pour 100 lits (soit 140 m² pour un hôpital de 500 lits, par exemple).
Aménagement : il doit garantir la réalité du libre accès des lecteurs aux collections, et répondre à des besoins précis par un mobilier normalisé pour le prêt, la présentation des livres, revues, B.D., albums, cassettes, disques , et par un matériel spécifique : chariots, panneau d'affichage et d'exposition, matériel audiovisuel ). Une attention particulière doit être portée à la lumière (naturelle et artificielle) et à la charge au sol (la norme est 600 kg par m²).
c) Les collections. Il convient de veiller à la qualité et à la variété des fonds d'ouvrages qui comprendront divers types de supports. Les demandes particulières pourront être satisfaites par la bibliothèque municipale ou départementale.
Aucun domaine ne doit être exclu a priori. S'il le souhaite, le bibliothécaire pourra prendre l'avis de l'équipe médicale sur certains ouvrages, mais il demeure le responsable intellectuel de la politique d'acquisition. Il est souhaitable qu'aux livres s'ajoutent des revues, des cassettes (documents parlés, livres sonores, musique) et d'autres types de documents.
Tout fonds de bibliothèque doit être régulièrement renouvelé (environ 10% du fonds chaque année) sous peine d'obsolescence. Un minimum de 3 000 livres est indispensable. Les acquisitions se font essentiellement par une politique d'achats réguliers, identifiée par une ligne budgétaire de l'établissement complétée par des dépôts effectués par une bibliothèque municipale ou une bibliothèque départementale de prêt.