Développement culturel




Depuis sa création, l'une des missions essentielles du ministère de la Culture est de rendre accessibles au plus grand nombre le patrimoine architectural et artistique ainsi que les œuvres de création contemporaine.

Cet objectif a entraîné la mise en œuvre de politiques spécifiques, se rajoutant aux missions régaliennes de préservation du patrimoine et de soutien à la création, qui ont connu plusieurs dénominations.

Dans les années 60 et 70, la notion d'action culturelle est liée à la fois à une politique et aux établissements en charge de la mettre en œuvre : les maisons de la culture et les centres d'action culturelle.

Dès le début des années 70, apparaît la notion de développement culturel pour nommer une politique destinée à mettre la culture au cœur de la vie des gens, répondant aussi à l'obligation de l'État d'assurer à chacun l'exercice de son droit à la culture.

Cette approche a pour corollaire de lier étroitement la culture aux autres domaines d'intervention de l'État, ce qu'illustre la création du Fonds d'intervention culturelle qui, jusqu'en 1985, recueille les crédits de différents ministères pour le soutien à des actions innovantes.

A partir des années 80, le développement culturel devient un fondement de la politique globale du ministère de la Culture. Il pose des principes toujours à l'œuvre : prise en compte de toute les disciplines artistiques et culturelles ; inscription de la culture dans tous les secteurs de l'action de l'État, en lien avec les autres départements ministériels ; ancrage des actions dans les territoires, en partenariat avec les collectivités territoriales.

Les premiers protocoles d'accord interministériels sont signés à partir de ce moment-là, notamment avec les ministères chargés de l'agriculture, de la défense, de l'éducation, de la jeunesse et des sports, de la famille, de la justice, du handicap, de la santé, et du tourisme. Une grande partie seront réactualisés par la suite. Ils sont toujours en application et trouvent une traduction concrète dans les actions menées en région et soutenues par les direction régionales des affaires culturelles, dans le cadre de protocoles d'accord régionaux, déclinaisons locales des protocoles d'accord nationaux.

La même décennie voit également la signature des premières conventions de développement culturel conclues avec les collectivités territoriales dans le double objectif de veiller à une répartition équilibrée de l'offre culturelle sur les territoires et de faciliter l'accès des publics à la culture.

Ces conventions restent un outil important de contractualisation entre l'État et les collectivités territoriales comme le sont les contrats de plan, qui intègrent un volet culture depuis la génération 1994-1999, les contrats de ville, d'agglomération et de pays qui, bien que ce ne soit pas systématique, sont nombreux à intégrer une dimension culturelle.

Ce dossier thématique consacré au développement culturel propose une information synthétique sur l'historique des différentes composantes de cette politique à laquelle se rajoutent, au jour le jour, les éléments d'actualité les plus importants.

Il a pour objectifs de donner un aperçu, secteur par secteur :
de la façon dont cette politique s'est construite et a évolué, à travers quelques grands événements ;
des approches culturelles successives des pouvoirs publics face à telle ou telle question de société ;
de la façon dont se sont engagés et se sont développés les partenariats.

Son ambition est aussi d'être un outil utile aux professionnels et aux futurs professionnels pour alimenter leur réflexion et les aider à monter leurs projets.