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Dans la France des années 1960, la recherche de la qualité de vie dans les grands ensembles est au cur des questions durbanisme. Cest dans cet esprit que lagence Chirié, une des rares lignées darchitectes à avoir traversé le XXe siècle, engage létude de La Maurelette. Situé dans des jardins, cet ensemble de 745 logements sinscrit dans un paysage entièrement façonné par des bastides prestigieuses comme Saint-Joseph et La Delorme, entre lesquelles se trouve la bastide de La Maurelette.
La bastide, conservée avec son allée darbres, sa terrasse et son bassin, est intégrée dans un programme de maison de la culture et des loisirs. De part et dautre de la bastide, le plan général prévoit deux groupements : le premier est plutôt résidentiel tandis que le second, au sud, davantage ouvert sur lespace public, reçoit sur une dalle les équipements sanitaires et commerciaux. Lensemble de La Maurelette apparaît ainsi comme une expérience réussie qui alterne logements et équipements, paysage et constructions tout en évitant lécueil de la monotonie que peut provoquer lindustrialisation de lhabitat. Cette résidence constitue un tissu continu, doù émergent des tours qui scandent un espace perçu en fonction du mouvement des habitants. Parallèlement à cette juxtaposition de blocs et de tours, une succession dune dizaine despaces vides, places ou patios, qui font référence à lorganisation urbaine des villes méditerranéennes, ménage des voies de circulation réservées aux piétons et rigoureusement séparées des voitures. Cette place primordiale accordée à lhabitant témoigne de linfluence des architectes de Team X, notamment celle de Candilis, Woods et Josic à la cité de La Viste. Linscription dans le paysage a impliqué la participation du paysagiste Jacques Sgard pour étudier larticulation entre environnement naturel et construction de logements. Le projet est donc le fruit dun travail collectif mené par des équipes pluridisciplinaires, réunissant des architectes, ingénieurs et paysagistes, ouverts à différentes réflexions autres que techniques, notamment à la sociologie qui aide à mieux connaître les attentes des habitants. Le coloriste Bernard Lassus fournit également sa contribution en proposant une architecture polychrome qui intègre de la pâte de verre colorée, aujourdhui disparue, dans les façades préfabriquées.
Le travail commun de cette équipe pluridisciplinaire, les qualités plastiques et environnementales du projet architectural ainsi que sa dimension sociologique et humaine font la spécificité de cette unité de voisinage.
rédacteur : Thierry Durousseau, architecte, 2006
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