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La villa Primavera fut commandée par Alphonse Lenoir au début du siècle, et réalisée par A. de Merlé, qui a inscrit sur la façade sa signature ainsi que la date dachèvement des travaux.
La villa est composée dune juxtaposition de volumes géométriques en décrochés. Elle adopte un plan en croix, complété par des ailes placées en oblique à lest et à louest, ainsi que deux avant-corps, semi-circulaire au sud et rectangulaire au nord. Elle sélève sur quatre niveaux, dont deux étages de soubassement consacrés aux communs et distingués en façade par un placage de moellons, un rez-de-chaussée destiné à laccueil, et des étages comprenant uniquement des chambres. On entre dans la villa par un vestibule cruciforme, traité à la façon dun atrium. Le rez-de-chaussée est destiné aux espaces de réception et dapparat, complétés par des chambres. Pour la conception de ce niveau, le commanditaire a souhaité un intérieur archéologique, cherchant à allier les principes de distribution antiques à une architecture moderne. Pour le décor, Alphonse Lenoir a fait appel au décorateur parisien Wielhorski, qui a réalisé un programme décoratif aux influences multiples, rappelant les scènes figurées sur les vases grecs de la période archaïque. Cette recherche dans les décors a souvent amené une comparaison avec la villa Kérylos, à Beaulieu-sur-Mer, commanditée par lhelléniste Théodore Reinach et réalisée à partir de 1904 par larchitecte parisien Emmanuel Pontremoli. Cependant, contrairement à la Villa Kérylos, la recherche dans la villa Primavera nest pas aussi aboutie, et le commanditaire se permet des libertés, notamment dans le mobilier, de style Empire. De plus, à lextérieur, la villa étonne par la modernité quexpriment la netteté des volumes et la nudité des façades, et seuls quelques rares décors laissent deviner la profusion de décors antiquisants de lintérieur. Les larges baies vitrées, le toit plat, les corniches saillantes et la loggia laissent plutôt imaginer un habitat moderne de villégiature.
En 1952, Gaston Blanc, architecte, divise la Villa Primavera en appartements. Lors de sa division, les cages descalier sont fermées, le jour zénithal du vestibule obturé et les peintures murales recouvertes dun enduit blanc. Au fil des années, de nombreux éléments du mobilier intérieur et des décors de jardin ont disparu. Certaines peintures du rez-de-chaussée ont toutefois été dégagées et restaurées en 2000.
rédacteur : Eve Roy, drac paca crmh, 2006
Source : Laurent Del Rosso, Images du Patrimoine, "Cap dAil", Association pour le Patrimoine de Provence, 2003. |