L'origine juive

La tradition chrétienne répond aux élans fondamentaux de l'imagination et de la mémoire humaine et trouve sa source dans la foi et la tradition juives. Pour les chrétiens, Noël est d'abord et avant tout la célébration de la naissance du «Messie», mot hébreu qui signifie «oint». Dans la bible hébraïque, ce mot désigne le roi d'Israël. Dans les Livres de Samuel (1 S 12, 3-5; 24, 7-11; 2 S 19, 21-22), les Chroniques (2 Ch 6, 42) et les Psaumes (2, 2; 18, 50; 20, 6; 28, 8) le titre de «Messie» est attribué aux anciens rois Saül, David, Salomon et à la royauté en général.

Dans la littérature prophétique de l'ancienne foi juive, la notion du futur roi idéal est profondément inscrite dans l'espérance du peuple en la venue d'un sauveur. L'image du sauveur est au cœur de la notion de royauté partout dans l'ancien Orient. Que ce soit en Égypte ou en Syrie, en Mésopotamie ou dans l'ancien Israël, chaque nouveau roi endossait le rôle de sauveur. L'avènement de son règne était fondé sur l'espoir qu'il serait enfin celui qui ramènerait la fertilité, la richesse, la liberté, la paix et le bonheur pour tous les habitants du pays.

Durant la période précédant la naissance de Jésus, il existait, dans l'ancien Israël, deux perceptions bien distinctes du messie à venir. Un premier courant de pensée avançait l'idée de l'arrivée d'un sauveur «national», un descendant du roi David, qui libérerait le peuple juif de l'oppression de l'envahisseur et ramènerait la paix dans le royaume. L'autre courant de pensée défendait l'idée de la venue d'un prêtre-messie. Ce dernier apporterait la paix à son peuple et au monde entier par la diffusion de la connaissance de Dieu. La communauté de Qumran, d'où proviennent les Manuscrits de la Mer morte, nourrissait cet espoir.

Cette double notion de messie faisait partie de la foi religieuse au moment de la naissance de Jésus. L'attente d'un messie qui apporterait la connaissance de Dieu et la paix dans le monde était le fondement de la foi des premières communautés chrétiennes.