Les Amérindiens

La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens remonte à 1641. Le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf, qui vivait chez les Hurons de la baie Georgienne depuis 1626, a composé, dans leur langue, un cantique de Noël racontant la naissance de l'Enfant Jésus.
Désirant leur faire comprendre le sens réel du grand mystère de la Nativité, le père Brébeuf adapta son récit, écrit en vers, aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l'Enfant Jésus était emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une cabane d'écorce et non dans une mangeoire; des chasseurs remplacèrent les bergers et, enfin, trois chefs indiens furent substitués aux rois Mages qui, à la place de l'or, de l'encens et de la myrrhe, offrirent des pelleteries au divin Enfant.

Le Jesous Ahatonnia (Jésus est né) de Jean de Brébeuf constitue le premier cantique de Noël canadien. Même si le père Brébeuf a péri lors du massacre des Hurons par les Iroquois en 1649, son noël lui a survécu. Les survivants de la Huronie, venus s'installer à Lorette près de Québec, transmirent ce cantique à leurs descendants qui, un siècle plus tard, le chantaient encore. C'est le père Villeneuve, un autre jésuite, qui en a consigné les paroles alors qu'il les entendit chanter cet hymne religieux.

Aujourd'hui encore, les Hurons, comme bien d'autres nations amérindiennes, continuent de célébrer la fête de la Nativité au même titre que celle de sainte Anne (26 juillet), la grand-mère de Jésus, qu'ils vénèrent comme leur patronne.