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Table ronde n° 2 : La diffusion de l'information

Animateur : Michel Melot, sous-directeur des études, de la documentation et de l'inventaire à la direction de l'architecture et du patrimoine
Intervenants : Joël Surcouf, directeur des Archives départementales de Mayenne, Michel Richard, Réunion des musées nationaux, Daniel Pariset, médiathèque du patrimoine, George Coste, service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes


L'impact des nouvelles technologies sur la diffusion de l'information produite par les services et les établissements du ministère a été souligné par tous les intervenants.

En tout premier lieu, les nouveaux outils raccourcissent les délais entre la production et la diffusion des documents. En effet, le schéma classique de l'édition d'ouvrage sur papier qui inclut la nécessité d'avoir un texte complet avant d'envoyer le document à l'éditeur, la fourniture à part des phototypes ou des dessins, des allers et retours jusqu'au bon à tirer, conduit à des temps importants de réalisation. Avec l'électronique une grande partie de ces difficultés disparaît, le document peut être révisé facilement, les maquettes peuvent être élaborées directement par les producteurs de l'information, etc.

En second lieu, la documentation électronique permet une meilleure réutilisation des documents. Avec les méthodes traditionnelles d'édition, le document imprimé est figé et difficilement réexploitable, alors qu'avec les technologies numériques, il est à tout instant disponible pour un nouvel usage. De plus, cette documentation autorise une très grande variété des produits dérivés : livres, cédéroms, produits en ligne...

En troisième lieu, ces techniques permettent de nouvelles formes de consultation et de recherche : par l'image (recherche automatique de ressemblance), par la localisation (au travers de systèmes d'information géographique), à l'aide de terminologies multilingues. Ces techniques entraînent des approches transversales des données. Par exemple, la bibliographie est un point central et commun à tous les services patrimoniaux du ministère, de même que la cartographie.

En quatrième lieu, ces nouveaux modes d'accès imposent une "interopérabilité" entre les systèmes. Un système d'information ne doit plus être isolé, il doit participer à des réseaux de connaissances. Cela conduit à instaurer des normes communes : structures des dossiers, vocabulaires descriptifs, identification unique des objets ou des monuments, etc.

Enfin, cette nouvelle forme de documentation ouvre des possibilités renouvelées en matière de valorisation. Ces ressources peuvent servir à réaliser, par des éditeurs (publics ou privés) des services à valeur ajoutée, notamment dans l'enseignement et le tourisme.

Si on prend l'exemple de la photothèque de la RMN, la mise en place d'une base de données et d'images a profondément modifié les relations entre cette photothèque et ses clients. Avec 110 000 images accessibles, c'est une nouvelle forme d'exploitation des fonds qui est proposée ; l'utilisateur peut aisément obtenir l'image "juste", c'est-à-dire celle dont il a besoin. Avec l'ouverture d'un serveur sur Internet, un nouveau pas va être franchi. Si, à l'heure actuelle, 40% des ressources de la photothèque de la RMN proviennent de l'étranger, avec Internet ce chiffre va s'accroître.

Les questions relatives aux droits constituent des sujets importants de préoccupation pour tous les participants. D'une part, on doit s'interroger sur la situation juridique des documents : droit des auteurs des œuvres, droit des photographes, droit au respect de la vie privée ; d'autre part sur la protection des documents, en particulier lorsqu'ils sont diffusés sur Internet.

De nombreuses questions sont restées posées : Quels sont les moyens techniques de protection? Le marquage est-il efficace? Quelles garanties juridiques prendre lors de la vente d'une photographie?

L'ensemble des membres de la table ronde a considéré que l'organisation de journées d'étude sur ces thèmes était nécessaire afin de fournir aux services qui s'engagent dans des opérations de numérisation tous les éléments juridiques et techniques pour ne pas commettre d'erreurs.

Un autre problème a émergé, celui de la cohérence de l'indexation pratiquée par les différents services producteurs. En effet, pour que les outils de consultation fonctionnent efficacement, il est nécessaire que les documents provenant de tous les services contiennent des références normées et communes. Tout comme un livre est repéré par son ISBN, son numéro unique d'immatriculation, il faut qu'un même document puisse être repéré de la même façon par deux services distincts.

Enfin, deux voies nouvelles ont été explorées.

D'une part, grâce à l'électronique, il devient possible de communiquer ce qui est aujourd'hui incommunicable. Par exemple les registres d'incorporation militaire ne sont pas donnés en lecture du fait de la partie médicale qu'ils contiennent. Avec l'électronique, il est possible d'occulter cette partie et de rendre le document communicable au public.

D'autre part, l'électronique permet de créer des fonds virtuels, par exemple en rassemblant plusieurs fonds d'archives, de bibliothèques et de musées sur une thématique précise. Il y a là, pour la recherche future, une approche riche de promesses.

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