Les politiques de numérisation du patrimoine culturel des pays d'Europe
Lors de la réunion du Groupe des Représentants Nationaux qui s'est tenue les 16 et 17 mai 2002 à Alicante en Espagne, chaque Etat participant a fourni un descriptif de la politique menée en matière de numérisation du patrimoine scientifique et culturel.
http://www.minervaeurope.org/publications/globalreport.htm
Les éléments ci-dessous sont tirés de ces rapports. Ils montrent qu'il existe presque partout un comité transversal sur la numérisation du patrimoine culturel, formel ou informel. Ces comités rassemblent les grandes institutions gestionnaires du patrimoine, les directions ministérielles, parfois d'autres secteurs comme les universités et des autorités régionales. Ces comités transversaux ont souvent été créés à la suite de la conférence de Lund, fondatrice du Groupe des Représentants Nationaux sur la numérisation du patrimoine culturel et scientifique.
Certains pays ont publié un descriptif de leurs structures et programmes nationaux de numérisation dans une partie Europe de leur site Internet. Ces sites, lorsqu'ils existent, sont indiqués.
Un rapport publié en 2003 par le consortium Minerva fait état des politiques de numérisation entreprises par les Etats membres, des actions menées par chaque pays dans le cadre des programmes européens et des recherches en cours.
Allemagne
Autriche
Belgique
Danemark
Espagne
Finlande
France
Grèce
Irlande
Italie
Pays-Bas
Portugal
Royaume-Uni
Suède
- Il y a peu d'activités de numérisation en Allemagne. Les fonds sont ceux du DFG (Société de recherche allemande), le ministère fédéral de l'éducation et de la recherche et différentes fondations au niveau des Etats.
- Un comité culturel (EUBAM) a été mis en place en septembre 2001 pour suivre les projets européens, rassemblant des représentants des musées, archives, bibliothèques, monuments et archéologie, au niveau fédéral et au niveau des Etats. Un groupe de travail a été formé en avril 2002 pour travailler sur la numérisation.
- L'Allemagne a une structure totalement décentralisée où aucun circuit d'information ne fournit d'indicateurs pertinents. EUBAM et les programmes européens doivent permettre de constituer des réseaux d'acteurs culturels sur des thèmes comme celui de la numérisation.
- Le programme " eFit " de soutien à l'utilisation des TIC dans l'éducation, la culture et les sciences financé par le ministère de la culture, de l'éducation et des sciences va permettre la réalisation d'un portail culturel. Un circuit d'information est mis en place depuis le niveau fédéral jusqu'aux régions, notamment dans le cadre de l'évaluation comparative.
- L'Autriche n'a pas de structure de coordination officielle. Une réflexion est en cours sur la création d'une entité administrative au niveau national.
- La Communauté française de Belgique s'appuie sur les initiatives européennes pour développer un cadre de qualité des sites Internet culturels et l'utiliser au niveau national pour susciter de nouvelles initiatives. L'activité de diffusion vers les autres communautés (flamande et germanique) est importante.
- La Communauté flamande va ouvrir un portail culturel en 2003.
- La problématique belge semble davantage la diffusion sur Internet des catalogues que celle des collections.
- Les représentants ont insisté sur la prise en compte de la différence d'avancement des travaux de numérisation avec d'autres pays européens.
- Mise en place d'un comité sur la numérisation du patrimoine rassemblant 20 institutions. Deux groupes de travail vont produire des recommandations sur la préservation physique et numérique du patrimoine en 2002. Le comité comprend le ministère, des institutions : musées et bibliothèques, une chaîne de télévision publique et l'institut du cinéma.
- Le site Web du ministère, "Danish Culture Net" présente et donne accès à la description de 50 initiatives de numérisation.
- Un forum est en cours de mise en place autour des principes de Lund et des questions de numérisation du patrimoine.Une Commission Nationale pour la Numérisation a été créée le 30 novembre 2001 pour identifier les institutions avec un projet de numérisation potentiel, assurer la nomination des experts pour les groupes de travail européens et la réalisation du profil national de politique de numérisation. La Commission rassemble de grandes institutions et de grandes directions ministérielles. Mais toutes appartiennent à l'administration centrale, or les compétences en matière de numérisation sont plutôt régionales. Il est difficile d'établir des contacts avec les régions autonomes.
- Un groupe de coordination national a été mis en place pour soutenir et suivre les initiatives de numérisation. Il s'est réuni pour la première fois le 18 mars 2002. Vingt structures en font partie : musées, bibliothèques, archives, nouveaux médias et bibliothèques. Le représentant finlandais au Comité d'Action Culturelle siège dans le groupe de coordination national.
- Une plate-forme technique va permettre l'échange d'informations sur la thématique de la numérisation.
Profil national
http://www.minedu.fi/minedu/fidigi/nationalpages-1-fin.html
Depuis 1996, la coordination du plan national de numérisation des fonds culturels publics est assurée par le comité scientifique pour la documentation informatisée et le multimédia, piloté par la mission de la recherche et de la technologie du Ministère de la culture et de la communication. Ce comité est également chargé de coordonner les programmes de recherche associés et les stages de formation des personnels. Via le lancement d'appels à projets auprès de services partenaires ou sous tutelle du ministère, a été financée la numérisation de 2 millions de documents provenant de fonds de bibliothèques, d'archives, de musées, de centres de documentation sur les monuments historiques, l'archéologie ou l'architecture.
Ce plan concerne aussi, depuis l'année 2000, les fonds des collectivités territoriales et des associations conservant des fonds culturels d'intérêt national.
Par ailleurs, les grands établissements publics sous tutelle du ministère de la culture, Bibliothèque nationale de France (BnF), Institut national de l'audiovisuel (INA), Musée du Louvre, Réunion des musées nationaux... conduisent des plans de numérisation de leurs propres collections. Les projets et les réalisations en matière de numérisation sont recensées dans un catalogue collectif. - En octobre 2001, le programme national de numérisation a été lancé, illustré par un site Internet (http://www.hdpweb.org). Il est piloté par un comité inspiré du modèle français -selon les termes du directeur-, rassemblant des universitaires, des responsables culturels et un juriste. Des laboratoires expérimentant des technologies de numérisation sont associés au comité.
- Un réseau d'institutions sur la numérisation rassemblant des organismes des secteurs privé et public est en cours de développement.
- Un travail d'évaluation comparative a été réalisé en février-mars 2002 et a permis l'analyse de 34 projets de numérisation du patrimoine grec.
- Les actions nationales et européennes doivent permettre de déterminer les opportunités de financement à long terme des projets de numérisation.
- Un plan d'action pour la Présidence de l'Union Européenne en 2003 est en préparation. Il permettra de poursuivre l'initiative du Groupe des Représentants nationaux.Profil national
http://www.hdpweb.org/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=51
Etude d'évalutation de 34 projets de numérisation (format PDF)
Etude d'évalutation de 34 projets de numérisation (format RTF)
- Un comité est spécialement chargé de la diffusion de l'information sur les programmes européens, basé sur le projet CULTIVATE,réseau européen sur le patrimoine culturel. Des ateliers de normalisation apparaissent nécessaires au niveau européen.
- L'Irlande est en train de mettre en place un comité multi-sectoriel sur la numérisation du patrimoine culturel.
- Un site Internet sera disponible en septembre 2002 et publiera un répertoire des fonds numérisés et des programmes qui renverra aux collections en ligne.
- Un comité national pour la numérisation du patrimoine culturel édicte des recommandations. Au départ orienté sur le secteur des bibliothèques, il a dorénavant une vocation transversale au sein du ministère de la culture.
- Un comité national a été créé autour du projet Minerva sur les activités de numérisation. Il rassemble les directions des monuments historiques, de l'archéologie, de l'architecture, du cinéma, des archives, des arts du spectacle, de la restauration, et des représentants des régions. La première réunion a eu lieu le 6 mars 2002. Des groupes de travail sur la qualité, l'évaluation comparative, les métadonnées et la préservation sont déjà opérationnels. Sont impliqués les Ministères de la Culture et de l'Education, des universités, des organismes de recherche, des grandes institutions nationales.
- La problématique italienne est de collecter des informations sur les projets de numérisation, au niveau national et régional, auprès des musées, archives et bibliothèques. Une étude de faisabilité a été réalisée pour la création d'un catalogue de fonds numérisés.
- Un comité numérisation musées, bibliothèques, archives a été mis en place par le ministère de la culture.
- Les ministères de la culture et des affaires économiques vont réaliser une étude sur les musées et les nouvelles technologies entre juillet et septembre 2002.
- Le ministère a ouvert un site sur la numérisation et travaille sur un outil Internet d'évaluation comparative. L'une des principales structures de financement de la numérisation va adopter le modèle d'évaluation comparative comme critère obligatoire de l'évaluation des projets.
- Le Portugal élabore un mécanisme de coordination inter-ministérielle sur la numérisation du patrimoine sur la base des activités européennes. Cette coordination n'est pas encore officielle mais elle doit mener des activités d'évaluation comparative, de publication Internet, d'identification des projets à financer.
- Des difficultés apparaissent sur la coordination et la circulation de l'information entre Etats et régions.
L'activité européenne est coodonnée avec les différents acteurs britanniques : ministère de la culture, des médias et du sport et surtout les organismes qui gèrent les financements des grands programmes de numérisation, pour un total de 100 millions d'euros (DCMS Culture Online initiative, New Opportunities Fund, Resource IT Challenge Fund, JISC / DNER and Heritage Lottery Fund).
- Un comité de coordination informel a été mis en place.
- En mars 2001, un projet de normes et plate-forme communes pour les fonds numérisés (projet ALM, grande base de données nationale multi-secteurs) a été lancé avec de grandes institutions.
- Un inventaire des projets de numérisation a été réalisé en 1999 dans les bibliothèques, archives et musées. Il doit constituer la base d'un catalogue national des projets de numérisation en cours. Un rapport, demandé par le Parlement sur ALM a permis de déterminer les actions de coordination des politiques de numérisation, notamment, l'implémentation d'un plan de numérisation national.
- Coopération avec "Culture Net" (site web du ministère) pour l'hébergement du futur site sur la numérisation.
- L'initiative d'évaluation comparative est encore perçue comme outil de centralisation de données et le bénéfice n'est pas bien mesuré par tous les acteurs.