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La numérisation des documents photographiques

  Caractéristiques générales des documents photographiques
  Le choix de résolution
  Les plaques de verre
  Les négatifs souples
   
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Caractéristiques générales des documents photographiques

Parmi les documents susceptibles d’être numérisés, les photographies présentent certaines spécificités liées aux supports et aux procédés photographiques. De ces caractéristiques dépendent les choix techniques de numérisation.

Les documents photographiques sont très divers par leurs supports et leurs couleurs, ce qui n’est pas sans incidence sur leur acquisition numérique. On distingue deux principaux types de supports, les supports opaques et les supports transparents qui peuvent être des positifs (ex : ektachrome) ou des négatifs sur lesquels les couleurs sont inversées. Si les scanners traitent facilement les supports opaques, en revanche les contrastes lumineux présents sur les négatifs transparents rendent leur numérisation plus difficile (perte d’information et des nuances). Ainsi, le M.C.C. (mission recherche et technologie) déconseille de numériser des négatifs couleurs.

Les choix qui seront pris lors de la numérisation varieront en fonction de la couleur du document original, de son format, du rendu que l’on souhaite obtenir, et de l’usage ultérieur du fichier image (faire lien vers la diffusion sur l’internet).


Les couleurs

Il est important que le fichier numérique puisse restituer le plus fidèlement possible les nuances de couleurs des documents photographiques. La profondeur du pixel retenue est donc essentielle pour préserver au mieux les coloris de chaque document.

Pour les photographies prises en noir et blanc, qu’il s’agisse de négatifs sur film ou sur verre, ou de tirages papiers, le mode bitonal est à exclure car il perd la plupart des nuances. On lui préférera les niveaux de gris sur une profondeur de 8 bits. Ainsi avec 256 niveaux de gris, on obtient de bons résultats, néanmoins des pertes d’information peuvent se produire pour quelques négatifs et transparents.

La numérisation des photographies monochromes implique de s’interroger préalablement sur la nécessité de conserver la couleur à la numérisation : s’agit-il de photographies en noir et blanc qui ont mal vieilli ou bien la couleur nous renseigne-t-elle sur les procédés de création comme c’est le cas des cyanotypes bleutés ou des photographies brunies du début du XXe siècle. Les plaques de verre au colodion, par exemple, présentent une émulsion marron, pourtant elles seront numérisées en niveaux de gris car la coloration du négatif n'a pas de répercussion sur celle du positif. Dans certains cas, la couleur permet de différencier les originaux des tirages ultérieurs, elle peut aussi renseigner sur les dégradations subies. En fonction des réponses apportées à ces questions, on choisira une numérisation en niveaux de gris ou en couleurs.

Enfin, pour les photographies prises en couleurs (négatifs couleurs, diapositives, photographies opaques), on peut recommander de coder le pixel sur 24 bits.


Les formats

Les supports transparents se présentent sous plusieurs formats allant du 35 mm au 24 x 30 cm. Les plus fréquents sont le 35 mm pour les photographies couleurs et le 6 x 9 pour le noir et blanc. Parfois il est nécessaire de faire une copie de l’original pour pouvoir numériser. Ainsi, la technologie du Photo CD Kodak ne permet la numérisation que des formats 35 mm, 120 mm et 4 x 5 inchs ; dans les autres cas et pour les supports opaques, il faudra réaliser une copie sur un film photo traditionnel en 35 mm.

Dans la mesure du possible, il est préférable de numériser à partir de l’original car dès lors que le film servant pour la copie est d’un format inférieur à l’original, des informations sont perdues.


La qualité des images

On peut mesurer la qualité d’une image en fonction de critères visibles à l’oeil nu comme le contraste ou la balance des blancs. D’autres aspects ne sont perceptibles qu’avec un zoom. C’est le cas pour les détails, la netteté et le grain.

Pour chaque document à numériser, il faut se demander si un zoom est nécessaire à la visualisation. Un portrait par exemple ne le justifiera pas. En revanche, une photographie de groupe exigera que l’on puisse identifier tous les personnages ; si une rue est représentée, il faudra que les affiches et enseignes restent lisibles. Plus les détails importants sont petits, plus la résolution devra être grande. Cependant si l’on souhaite numériser avec une haute résolution un grand format, on risque de générer un fichier numérique trop lourd pour une bonne diffusion. Plutôt que de rechercher la plus haute résolution susceptible de restituer un maximum de détails, mieux vaut s’interroger sur la résolution minimale permettant de reproduire l’image avec une qualité suffisante. Dans le cas où le fichier resterait trop lourd, on peut le compresser avec JPEG. Cet algorithme est avec pertes, aussi est-il souhaitable de faire auparavant un test pour évaluer le niveau de compression adapté.

Un autre facteur de qualité de l’image réside dans le respect des contrastes. Il est difficile de restituer exactement la luminosité de l’original et bien souvent il faut se contenter d’une approximation. Des retouches de l’image sont rendues possibles grâce à des logiciels spécialisés. Ils peuvent par exemple améliorer la netteté de l’image. Une plus grande netteté n’augmente pas la quantité d’informations mais en améliore la visibilité.

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Le choix de résolution

Avant de se déterminer pour une résolution, il faut toujours faire des essais. En effet selon le support et le format de l’original, on obtient des résultats très différents pour une même résolution.


Les images noir et blanc

La BNF a choisi une résolution de 2 000 x 3 000 pixels et un codage sur 8 bits pour 256 niveaux de gris.

Au Fort de Saint-Cyr, les archives photographiques, sur support souple et support de verre, ont été numérisées de manière à obtenir des images de 2000 x 1500 pixels. Les négatifs 9 x 12, 13 x 18, 18 x 24, 24 x 30 ont été numérisés selon des résolutions allant de 125 à 418 dpi. Pour les négatifs 30 x 40 le format du fichier retenu a été de 3 000 x 2 000 pixels afin de préserver la richesse des détails.

Le Centre de Recherche sur les Monuments Historiques a lui aussi numérisé des fonds photographiques. La numérisation a été réalisée à partir d’un tirage original ou d’un tirage retravaillé, dont le format moyen était de 12 x 12 cm à 12 x 16 cm. La taille moyenne de l’image numérique était de 2100 x 1600 pixels, dans quelques cas elle a été montée à 4200 x 3200 pixels dans un souci de conservation des détails.


Les images couleurs

La BNF les numérise en 2 000 x 3 000 pixels, avec un codage de 24 bits.

Au Fort de Saint-Cyr, la numérisation s’est faite comme pour les noir et blanc, en 2 000 x 1 500 pixels, avec des couleurs codées sur 16 bits.

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Les plaques de verre

L'émulsion des plaques de verre peut être de deux natures, soit au colodion, soit au gélatino-bromure. Dans les deux cas leur conservation pose des difficultés liées aux exigence de conditionnement (chambre froide à 12° pour les plaque au colodion, 18° à 20° pour celle au gélatino-bromure, ...). Ces documents fragiles sont actuellement sous exploités et la numérisation constitue un bon moyen pour faire connaître les collections sans les soumettre à une communication directe.

Les plaques de verre présentent des formats variables allant de 4 x 10 cm à 50 x 60 cm. Les plaques sont numérisées directement, sans passer par un contretypage. Toutefois lorsque les plaques sont trop denses, il n'y a d'autre recours que le contretype argentique. Jusqu'au format 30 x 40 cm, il est possible d'utiliser un scanner à plat, au-delà un appareil photo à dos numérique est recommandé. En effet plus le format de l'original est grand, plus importante est la quantité de détails à restituer, la résolution croît dans les mêmes proportions. Quel que soit le matériel retenu, la bibliothèque devra vérifier que l'équipement ne dégage pas une chaleur susceptible d'accentuer le décollement de la couche de gélatino bromure.

Avant la numérisation, il convient de dépoussiérer les plaques à l'aide d'un pinceau spécial. Il ne faut en aucun cas les gratter, utiliser de l'eau ou des produits chimiques qui endommageraient l'émulsion. Par ailleurs, le maniement de ces documents exige l'usage de gants. Outre ces précautions, il faut prêter attention au sens dans lequel est placée la plaque : si l'on utilise un scanner à plat, l'émulsion doit être placée contre la vitre, mais si l'on numérise avec un appareil photo, l'émulsion doit être sur le dessus.

Lors de l'acquisition en niveaux de gris, le négatif est numérisé. Dans un second temps le logiciel de traitement d'image permet d'obtenir le positif que l'on peut retravailler. C'est ce positif qui sera stocké et mis en consultation. Même si l'émulsion de la plaque de verre est craquelée, la numérisation reste possible ; en effet, à l'aide du logiciel de retouche d'image, le photographe effacera les craquelures sur l'image en positif.

Le traitement des autochromes sur plaques de verre suit les mêmes recommandations, à la seule différence que la numérisation se fait en couleurs sur 24 bits.

Les vues stéréoscopiques offrent un cas particulier puisqu'une même plaque de verre comporte deux vues. La résolution adoptée est plus élevée que pour une seule image, les archives photographiques du Fort de Saint-Cyr ont ainsi retenu une résolution de 1500 x 5000 pixels. La numérisation des deux vues laisse la possibilité de restituer ultérieurement la vision stéréoscopique par tout procédé adapté.

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Les négatifs souples

La numérisation offre un substitut intéressant pour les négatifs qui se dégradent comme les supports au nitrate de cellulose.

Le recours à un scanner à plat reste envisageable pour les négatifs les plus grands, mais en dessous du format 9 x 12 la finesse des détails nécessite un niveau de résolution plus élevé que seuls des scanners plus puissants peuvent offrir.

Les documents seront préalablement dépoussiérés au pinceau. Certains négatifs ont tendance à se gondoler, une plaque de verre les maintiendra aplatis le temps de l'acquisition numérique afin d'éviter la déformation des images. Les "anneaux de Newton" présents sur les films représentent un autre obstacle à la numérisation. Ces sortes de circonvolution irisées apparaissent selon les conditions d'humidité et de température. Il existe des produits pour les faire disparaître, mais ils rendent le film plus mat et sont donc à utiliser avec parcimonie.

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Conclusion

La numérisation des documents photographiques a pour objectif de restituer le maximum de détails tout en respectant les couleurs des originaux. L'utilisation d'un logiciel de retouche d'image rend indispensable la participation d'un photographe professionnel. Si la numérisation est confiée à un prestataire extérieur, il est préférable de demander si la société emploie un photographe.